L’ECDC vient de publier les résultats d’une enquête relative à la vaccination contre la grippe zoonotique A(H5) chez l’homme dans l’UE/EEE
Le virus de la grippe aviaire hautement pathogène A(H5N1) continue de circuler largement parmi les oiseaux sauvages et de provoquer des foyers d'infection chez la volaille et d'autres animaux à travers l'Europe. Malgré cette circulation importante, les infections humaines restent rares et aucun cas humain n'a été confirmé à ce jour dans l'UE/EEE. Compte tenu de ces éléments, l'ECDC évalue le risque lié aux virus A(H5N1) circulant en Europe comme étant faible pour la population générale, et faible à modéré pour les personnes exposées, dans le cadre de leur activité professionnelle ou autre, à des animaux infectés ou à des environnements contaminés.
Un vaccin zoonotique contre la grippe A(H5) destiné aux personnes exposées à la grippe aviaire est autorisé dans l'UE et peut être envisagé conformément aux recommandations nationales. La vaccination constitue une mesure de préparation importante et s'inscrit dans un ensemble plus large de mesures de préparation et de réponse face à la grippe zoonotique, aux côtés des mesures établies de prévention, de surveillance et de réponse aux flambées. L'OMS a également publié des orientations concernant l'utilisation de vaccins autorisés contre la grippe humaine A(H5) pour les périodes interpandémiques et d'émergence.
Afin d'obtenir une vue d'ensemble des politiques et pratiques relatives à la vaccination contre la grippe A(H5) dans l'UE/EEE, l'ECDC a diffusé une enquête en mai 2026 auprès de 30 pays de l'UE/EEE. Les résultats sont présentés dans ce rapport et serviront de base aux futures recommandations et orientations que l'ECDC élaborera sur ce sujet.
La Bulgarie, la Grèce et la Hongrie n’ont pas répondu à l’enquête.
Sur les 27 pays ayant répondu, 16 ont mis en place des recommandations :
- huit (30 %) ont indiqué que des recommandations et des directives nationales de vaccination étaient en place (l'Autriche, la Finlande, la France, la Lituanie et le Portugal ont fourni des liens vers des directives publié),
- huit (30 %) ont signalé que des recommandations étaient en cours d'élaboration.
Sur les 16 pays disposant de recommandations nationales ou en cours d'élaboration :
- 15 ont précisé les objectifs du programme, soit, le contrôle des flambées (38 %), la prévention des formes graves de la maladie (23 %), les deux objectifs (31 %), et la réduction du risque d'infection chez les personnes présentant un risque élevé d'exposition (8%) ;
- 14 ont précisé les groupes prioritaires pour la vaccination, qui, par ordre de fréquence, étaient, les vétérinaires ou autres personnels de santé animale(13/14), les équipes chargées de l'abattage sanitaire (12/14), le personnel de laboratoire manipulant les virus de la grippe aviaire (11/14), les travailleurs agricoles et les employés des élevages avicoles ou de la filière avicole (11/14), les professionnels travaillant au contact de la faune sauvage (8/14), les bagueurs d'oiseaux (5/14), et les professionnels de santé exposés dans le cadre de leur activité (5/14). Dans tous les pays, à l'exception de l'Espagne, les recommandations s'appliquaient à l'ensemble des personnes appartenant aux groupes professionnels éligibles, plutôt que de se limiter aux individus présentant des affections préexistantes associées à un risque accru de forme grave de la maladie.
Sur les 27 pays répondant à l’enquête, l’Autriche, la Finlande, la Lituanie, les Pays-Bas et le Portugal ont signalé que la vaccination avait débuté au cours des deux années précédentes, les Pays-Bas ne l’ayant proposée qu’aux personnels de laboratoire. La Norvège, l’Espagne et la Croatie ont fait part de projets de mise en œuvre de campagnes de vaccination contre le virus A(H5) dans un délai d’un an.
Pour les pays ayant mis en œuvre la vaccination la collection des données de couverture vaccinale relève de méthodes hétérogènes, quand elle est suivie. Des données disponibles, on retient, qu’à l’exception des personnels de laboratoire manipulant le virus de la grippe aviaire chez qui la CV était élevée (100% aux Pays Bas), la CV était considérée comme « moyenne, voire faible » au sein des autres populations ciblées. Une exception, le Portugal qui rapporte une CV globale de 70%. Plusieurs de ces pays ont signalé que, malgré les efforts de communication, l’adhésion a été faible.