Épidémie de maladie à virus Ebola causée par le virus Bundibugyo en République démocratique du Congo : l'ECDC fait le point

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L’ECDC a publié un long résumé faisant le point sur l’épidémie d’Ebola à virus Bundibugyo (BDV) qui touche la République démocratique du Congo (RDC).

Les faits d’actualité

  • Au 7 octobre l’épidémie de BDV a été responsable de 8 728 cas confirmés dont  4 205 décès (voir la nouvelle du …).
  • Le 6 octobre, les autorités de santé du Kenya ont signalé avoir identifié un cas d’infection par le BDV importé de RDC.
  • Le 29 septembre, un professionnel de santé basé en RDC, testé positif au BDV a été évacué vers les Pays-Bas, et admis dans l'unité d'isolement de haut niveau du Centre médical universitaire de Leiden le 1er octobre.

Les cas évacués médicalement et les cas importés en Europe avant le 29 septembre

  • Le 21 juillet, un résident britannique qui soignait des patients atteints d'Ebola en RDC a été évacué et placé en isolement dans un hôpital londonien. La personne ne présentait aucun symptôme et cette mesure a été considérée comme préventive.
  • Le 10 juillet 2026, un citoyen américain travaillant pour une organisation humanitaire en RDC testé positif au BDV a été évacué vers l'Allemagne le 13 juillet 2026 et est actuellement sous traitement.
  • Le 24 juin, le ministère français de la Santé a signalé un premier cas positif de maladie à virus Ebola, identifié chez un médecin revenant d'une mission humanitaire dans une zone touchée par l'épidémie en cours en RDC. 
  • Le 18 mai 2026, un citoyen américain travaillant dans le secteur de la santé dans les zones touchées a été testé positif au BDV et transféré en Allemagne, avec six personnes ayant eu des contacts à haut risque avec lui. Une autre personne « contact » de nationalité américaine, a été transférée en République tchèque.

A ce jour, aucun décès parmi ces cas n’a été signalé.

Les grandes étapes de l’épidémie

Le 15 mai 2026, le CDC Afrique a signalé une épidémie de maladie à virus Ebola dans la province d'Ituri, en RDC. Des cas groupés de décès au sein de la communauté ont été signalés, notamment parmi le personnel soignant en RDC. Les analyses ont identifié le BVD.

Le ministère de la Santé de la RDC a indiqué que le cas index était une infirmière décédée dans un établissement de santé à Bunia (chef-lieu de la province d'Ituri) où elle avait été hospitalisée pour de la fièvre, des vomissements sanglants et une grande fatigue. Cependant, compte tenu du nombre de cas et de son étendue géographique, l'épidémie a probablement débuté plusieurs semaines auparavant.

Le 15 mai 2026, le ministère de la Santé de l'Ouganda a confirmé une épidémie de BVD suite à l'identification d'un cas importé de la RDC. Le 1er juin 2026, l'Ouganda a signalé un cas chez une personne qui avait voyagé aux Émirats arabes unis (EAU), où elle était arrivée le 24 mai. Selon l'OMS, au 8 juin, aucun cas de maladie à virus Ebola n'avait été signalé aux EAU. Des mesures de santé publique, notamment l'évaluation des risques, la recherche et le suivi des contacts, ainsi que le renforcement de la préparation aux points d'entrée, ont été mises en œuvre en coordination avec l'OMS, les EAU et les partenaires internationaux. Au 28 juillet 2026, le ministère de la Santé ougandais avait recensé un total de 20 cas confirmés, dont deux décès. Le dernier cas confirmé remonte au 21 juin et aucun nouveau cas n'a été signalé depuis. Le 27 août, l'OMS a déclaré la fin de l'épidémie d'Ebola en Ouganda, après 42 jours sans nouveau cas confirmé.

Les génomes de la RDC et de l'Ouganda ont été publiés et une analyse préliminaire a révèlé des séquences distinctes de celles des épidémies précédentes.

Les informations concernant les chaînes de transmission et les groupes de population touchés sont actuellement limitées, notamment en raison du contexte complexe d'insécurité et de crise humanitaire dans les zones affectées. Selon l'OMS, les pays voisins partageant des frontières terrestres avec la RDC sont considérés comme présentant un risque élevé de propagation, en raison de la mobilité des populations, des échanges commerciaux et des voyages, ainsi que des incertitudes concernant les chaînes de transmission. L'épidémie pourrait également être plus importante que ce qui est actuellement détecté. Cette épidémie suscite également des inquiétudes car elle est causée par le BDV, et non par l'Orthoebolavirus zairense, plus fréquemment détecté. Contrairement à ce dernier, il n'existe actuellement aucun vaccin homologué ni traitement spécifique contre la maladie à BDV.

Le 17 mai 2026, compte tenu des informations disponibles, du contexte complexe et des incertitudes liées aux données épidémiologiques, l'OMS a déclaré une urgence de santé publique de portée internationale. 
Le 18 mai 2026, le CDC Afrique a déclaré l'épidémie une urgence de santé publique de sécurité continentale. 
Le 5 juin, l'OMS et le CDC Afrique ont lancé un plan continental conjoint de préparation et de riposte afin d'aider les pays africains à faire face à l'épidémie en cours.

Rappel sur les épidémies antérieures

Il s'agit de la 17e épidémie de maladie à virus Ebola signalée en RDC. La plus récente a eu lieu en 2025 dans la province du Kasaï et était due au virus Ebola Orthoebolavirus zairense. Dans la province d'Ituri, épicentre de l’épidémie actuelle, les derniers cas de maladie à virus Ebola dus à ce même virus remontent à l'épidémie de 2018-2020. Cette épidémie déclarée le 1er août 2018 dans la province du Nord-Kivu a touché également . l’Ituri et le Sud-Kivu. Entre le 1er août 2018 et le 25 juin 2020, date à laquelle l'épidémie a été déclarée terminée, 3 470 cas ont été signalés. À l'époque, l'OMS a déclaré l'épidémie comme une urgence de santé publique de portée internationale.

Le virus Bundibugyo a été signalé pour la première fois en 2007 dans le district de Bundibugyo, en Ouganda, lors d'une épidémie. La dernière épidémie due à ce virus remonte à 2012 en République démocratique du Congo (RDC).

Restrictions de voyage

Les autorités de plusieurs pays ont activé des protocoles de contrôle et de dépistage renforcés afin de limiter les risques de propagation du virus.

En RDC, des points d'entrée (PoE) et des points de contrôle (PoC) ont été activés à des endroits stratégiques, notamment les aéroports, les points de contrôle routiers et les villes ou points de transit locaux, tels que Nizi et Irumu (Ituri), Mudzibala (Bunia), Dele et Chai (Rwampara). L'aéroport de Bunia, dans la province d'Ituri, a été temporairement fermé le 23 mai et rouvert le 2 juin avec la mise en œuvre de mesures de contrôle sanitaire. Les vols commerciaux à destination et en provenance de l'aéroport de Bunia ont de nouveau été suspendus à partir du 6 juin dans le cadre des mesures de sécurité sanitaire prises en réponse à l'épidémie de maladie à virus Ebola, selon les médias.

Le 24 juin, dans le cadre de la riposte à l'épidémie en cours, le ministère de la Santé de la RDC a publié un décret imposant les mesures suivantes : les personnes ayant été en contact avec des cas confirmés ou probables sont soumises à une autosurveillance active de 21 jours et à des restrictions de déplacement, tant nationales qu'internationales. Les personnels de santé et d'intervention revenant des zones touchées sont soumis à des règles similaires, bien que la surveillance active ne soit pas explicitement mentionnée et que les déplacements intérieurs restent autorisés. Toute personne ayant séjourné dans une province touchée ne peut voyager à l'étranger pendant 21 jours (le décret ne traite pas des obligations relatives aux cas avérés). De plus, les voyageurs internationaux au départ doivent remplir une déclaration de santé obligatoire délivrée par les autorités sanitaires frontalières.

L'Ouganda a mis en palce des mesures renforcées de dépistage et de préparation pendant la riposte à l'épidémie. Une fois celle-ci terminée, le ministère ougandais de la Santé a maintenu des mesures de dépistage actives aux points d'entrée et des interdictions temporaires de voyager à destination et en provenance de la RDC.

Au Rwanda, le ministère de la Santé a renforcé le dépistage et la vigilance aux points d'entrée terrestres le long de la frontière avec la RDC. Des mesures renforcées de contrôle aux frontières ont été mises en place à l'aéroport international de Kigali pour les voyageurs arrivant au Rwanda.

Le Soudan du Sud maintient des contrôles de température ciblés et la collecte de formulaires de déclaration de santé à l'aéroport international de Juba et aux principaux points d'entrée.

Plusieurs pays ont également instauré des restrictions d'entrée et des contrôles sanitaires pour les personnes en provenance de pays à haut risque, notamment les États-Unis, le Canada, la Tunisie, la Thaïlande, Maurice, les Bahamas, Bahreïn, le Botswana, Taïwan, le Salvador, Hong Kong, l'Inde, Israël, l'Italie, la Jordanie, le Kenya, le Koweït, le Liban, le Malawi, Maurice, le Mexique, le Nigéria, Oman, le Pakistan, les Philippines, le Qatar, l'Arabie saoudite, Saint-Martin, Saint-Vincent-et-les-Grenadines, Trinité-et-Tobago et les Émirats arabes unis (Mise à jour sur Ebola - Mesures de voyage et surveillance continue).

L'Organisation mondiale de la Santé déconseille formellement les interdictions de voyages ou d'échanges commerciaux internationaux et recommande plutôt des contrôles sanitaires ciblés aux points d'entrée.

Traitements et vaccins

Aucun vaccin homologué ni traitement spécifique n'est actuellement disponible contre la maladie à virus Ebola causée par le BDV. Des initiatives de recherche en cours font progresser le développement de vaccins utilisant différentes plateformes technologiques.

Parmi les candidats vaccins actuellement à l'étude figurent le candidat ChAdOx1-BDBV (développé par l'Université d'Oxford), un candidat à ARNm (développé par Moderna), deux candidats à base de rVSV (développés par IAVI et PHV) et le plus récent candidat vaccin MVA-CR19 (développé par Minapharm). Ces vaccins candidats sont actuellement en développement préclinique ou en essais cliniques de phase précoce.
Les récentes recommandations d'urgence de l'OMS et du SAGE proposent l'utilisation du vaccin homologué rVSV-ZEBOV (Ervebo) lors des épidémies de maladie à BDV, principalement dans le cadre d'un protocole de recherche, afin d'établir une protection croisée potentielle et une efficacité clinique. Le 27 août, le ministre de la Santé publique de la RDC a lancé à Kisangani une campagne de vaccination contre la maladie à virus Ebola destinée aux personnels de première ligne, utilisant le vaccin Ervebo. Cette campagne est principalement mise en œuvre dans les provinces touchées de Tshopo, Bas-Uele et Haut-Uele.

Évaluation du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) :
Compte tenu des lacunes dans les informations épidémiologiques et du suivi limité des contacts, il est probable que l’épidémie soit plus étendue que ce qui est actuellement rapporté en termes de nombre de cas/zones touchées.

Au vu des informations disponibles et des incertitudes entourant cette épidémie, la probabilité d’infection pour les personnes de l’UE/EEE résidant dans les zones touchées ou s’y rendant est estimée faible. 
Compte tenu de la très faible probabilité d’importation et de transmission secondaire, la probabilité d’infection est estimée très faible pour les personnes résidant dans l’UE/EEE.

Le risque global de transmission du virus Bundibugyo par des substances d'origine humaine (SOHO) dans l'UE/EEE est actuellement évalué comme très faible.

Le contrôle au départ dans les pays touchés, incluant la vérification des symptômes et l'évaluation de l'exposition, est important car il contribue à la réduction des risques en identifiant les voyageurs symptomatiques avant leur embarquement, afin de les empêcher de voyager pendant leur maladie. Ce contrôle permet également de dissuader les personnes présentant des symptômes de voyager et renforce la confiance du public et des parties prenantes. Cependant, il ne peut empêcher totalement l'exportation de cas, car l'absence de symptômes au départ n'exclut pas l'apparition ultérieure de la maladie.

L'ECDC estime que le dépistage des voyageurs de retour des zones touchées ne serait pas efficace pour empêcher l'introduction du virus en Europe. Il convient plutôt de donner la priorité à la diffusion d'informations claires aux voyageurs concernant les symptômes, les modes de transmission et la conduite à tenir en cas d'apparition de symptômes après leur arrivée dans l'UE/EEE.

Source : ECDC. Communicable disease threats report, 3 - 9 October, week 41.

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