Actualités sur l'épidémie d'Ebola due au virus Bundibugyo : plus de 10000 cas signalés en RDC ; inquiétudes du CDC Afrique sur l'origine de la contamination du cas signalé au Nigeria ; lancement de l'essai vaccinal Tumaini

medecinedesvoyages

République démocratique du Congo

En République démocratique du Congo, au 25 octobre, le pays cumule 10 060cas confirmés de maladie d’Ebola due au virus Bundibugyo, dont 4887 décès (taux de létalité de 48,6%). La province d'Ituri concentre toujours la majorité des cas. A cette date, 66 zones de santé sur 178 (37,1%) ont été touchées ; elles sont réparties sur huit province : Ituri (7211 cas), Nord-Kivu (2309 cas), Haut-Uélé (436 cas), Tshopo (83 cas), Bas-Uélé (13 cas), Sud-Kivu (3 cas), Nord Ubangi (3 cas),  Sud Ubangi (2 cas).

Le CDC Afrique se préoccupe des nombreuses inconnues qui concernant l’origine de la contamination du cas d’Ebola signalé au Nigeria.

Les documents de voyage de cette malade indiquent qu’elle ne s’est pas rendue dans l’épicentre de l’épidémie, en République démocratique du Congo, a précisé M. Kaseya, directeur général du CDC Afrique. Déterminer l’origine de son infection est crucial pour s’assurer que cette épidémie … ne se propage pas silencieusement dans des zones encore inconnues, et pour permettre de retracer et d’isoler toutes les personnes ayant été en contact avec elle. laisser guider par la science. » L’une des pistes que les scientifiques vont explorer concerne un lien éventuel entre la patiente au Nigeria et le premier cas détecté au Kenya, signalé plus tôt ce mois-ci chez un homme en provenance du Congo. Le séquençage génomique a révélé que les virus ayant infecté ces deux personnes étaient étroitement apparentés.

Le patient identifié au Nigeria avait séjourné en Ouganda et était passé par l'aéroport d'Entebbe le 3 octobre. Le patient au Kenya — décédé depuis — se trouvait probablement dans cet aéroport au même moment, leurs vols ayant eu lieu à environ 40 minutes d'intervalle ; toutefois, ils n'ont pas embarqué depuis la même porte et rien ne permet d'affirmer qu'ils ont eu un quelconque contact, a précisé le M. Kaseya. La patiente hospitalisée à Abuja, dont l'état s'améliore, a déclaré ne pas se souvenir avoir rencontré le patient kényan.
M. Kaseya a affirmé que tous les pays concernés sont désormais disposés à collaborer à l'enquête. Cette coopération fait suite à une période de tension, la semaine dernière, durant laquelle le gouvernement ougandais a soutenu que la patiente hospitalisée à Abuja s'était rendue au Congo, tandis que les autorités nigérianes ont affirmé le contraire, suggérant qu'elle avait été infectée en Ouganda — pays pourtant exempt d'Ebola depuis le mois d'août.

Le Kenya signale un deuxième décès du au virus Bundibugyo

Ce décès concerne une femme de 65 ans, proche parente du premier cas identifié, qui avait commencé à présenter des symptômes de l'infection il y a 10 jours. Elle se trouvait en quarantaine au moment de son décès. Les autorités kényanes ont précisé qu'aucun nouveau cas n'a été enregistré ; sept personnes testées positives étant actuellement prises en charge. Tous les patients au Kenya ont été exposés au virus par l'intermédiaire du premier cas identifié, arrivé au Kenya le 3 octobre en provenance de l'Ouganda et de la République démocratique du Congo (RDC).

Lancement de l’essai vaccinal TUMAINI

Le 23 octobre, l’essai vaccinal TUMAINI (qui signifie « espoir » en swahili) a été lancé, avec l’inclusion des premiers participants à Bunia. TUMAINI est un essai clinique pivot de phase 2/3 portant sur des candidats vaccins contre le virus Bundibugyo (BDBV). Cet essai évalue la sécurité, l’immunogénicité et l’efficacité de candidats-vaccins, notamment ERVEBO, qui est déjà homologué pour la prévention du virus Ebola (EBOV).

TUMAINI est un essai clinique adaptatif ; ce modèle permet d’évaluer plusieurs candidats vaccins en parallèle au sein d’un cadre unique, ce qui permet de gagner un temps précieux en période d’épidémie. Les candidats seront évalués selon une stratégie de « vaccination en anneau » (ou vaccination autour des cas), qui cible les personnes ayant été en contact avec des individus infectés et présentant un risque élevé de contamination. Les personnes éligibles sont randomisées individuellement pour recevoir soit un vaccin candidat, soit un comparateur actif au jour 1. Au jour 29, tous les participants reçoivent l'intervention alternative, de sorte que chaque participant se voit proposer un vaccin candidat tout en maintenant l'insu entre les groupes.

Des préparatifs sont en cours pour inclure prochainement dans l’essai deux autres candidats vaccins spécifiques au BDBV, un vaccin à vecteur adénoviral ChAdOx1 en cours de développement à l'université d'Oxford, , en collaboration avec le Serum Institute of India, et un vaccin qui utilise la technologie de l'ARN messager développé par Moderna.

Source : Rapport de Situation de la 17e Epidémie de la maladie à Virus EBILA/RDC. SitRem N° 164/MVE-BDBV/25/10/2026 publié le 26 octobre 2026 ; Agence Reuters ; CIDRAP ; CEPI. First participant vaccinated in pivotal Phase 2/3 Bundibugyo vaccine trial in DRC. 23rd octobre 2026 ; Study of Vaccines Against Bundibugyo Virus Disease in Contacts of Cases in the Democratic Republic of the Congo (TUMAINI)

Zones Associées: République du Congo, Kenya, Nigeria, Ouganda