Concevoir un vaccin contre le virus grippal A(H7N9) pourrait s’avérer difficile

Publié le 16 avr. 2013 à 13h15

Biographie

MD, PhD, ancien directeur scientifique de l’Institut de recherche biomédicale des armées (IRBA), Brétigny sur Orge, France.

Habilitation à diriger les recherches.

Enseignant à l’Ecole du Val-de-Grâce, à l’université d’Aix-Marseille, à l’Institut de formation en soins infirmiers Saint Joseph, Marseille.

Expert auprès de Santé publique France, de la Haute autorité de santé (HAS) et du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (European Centre for Disease Prevention and Control (ECDC).

Membre du Comité de protection des personnes (CPP) Sud-Ouest et Outre-mer II.

Liens d'intérêt

Absence de lien avec l’industrie pharmaceutique.

Aucune participation à des études cliniques de médicaments ou vaccins.

Déclaration établie le 2 janvier 2012, mise à jour le 21 septembre 2021.

Des immunologistes et des spécialistes des vaccins ont analysé les données disponibles sur le virus grippal A/Shanghai/1/2013 (H7N9) désormais responsable de plus de 60 cas et de 14 décès en Chine, afin de savoir s'il serait possible de mettre au point rapidement un vaccin. Leurs conclusions ne sont pas très optimistes. Ils ont découvert que, comme la plupart des virus du groupe H7 (portant une hémagglutinine de surface de type 7), le virus récemment identifié présente la particularité d'être difficilement identifiable par notre système immunitaire. Les chercheurs ont parlé de « virus furtif », en référence aux avions qui échappent aux systèmes de surveillance, car il présente peu de motifs moléculaires susceptibles de stimuler l'immunité (les épitopes T). Or, un vaccin doit comporter les mêmes motifs, qui sont la signature immunitaire du virus.

Ces observations ont été réalisées par les scientifiques de EpiVax, une compagnie américaine spécialisée dans le design de vaccins, dont les analyses se sont déjà révélées exactes dans le cas des virus H1N1 et H3N2 en circulation de puis 2009 et 2010, respectivement. Elles ne signifient pas que la mise au point d'un vaccin contre A(H7N9) sera impossible, mais qu'il sera plus difficile de lui donner l'efficacité des vaccins obtenus contre les autres virus. On devra probablement faire appel à des modifications du virus ou à des adjuvants. Des difficultés sont également à prévoir pour la mise au point de système rapides de diagnostic, qui font appel à la reconnaissance des antigènes du virus.

Ceci nous rappelle que contre des adversaires très nombreux et variables comme le sont les virus, qui semblent émerger sur un rythme soutenu, les vaccins ne peuvent pas être la seule réponse. Il est important de disposer de mesures de protection à large spectre d'action, comme peuvent l'être des antiviraux. A ce jour, l'oseltamivir (Tamiflu), mis au point bien avant l'émergence de A/Shanghai/1/2013 (H7N9), est toujours efficace.

Source : ProMed 174, 15 avril 2013.