Succès de la vaccination dans la lutte contre les infections graves à Haemophilus influenzae de type b (Hib)

Publié le 27 sept. 2013 à 15h03

Biographie

- Médecin biologiste à la retraite.
- Auparavant : médecin biologiste dans un hôpital d'Instruction des armées pendant 6 ans, puis détaché pendant 20 ans par le Service de santé des armées comme virologiste d'abord puis comme directeur dans 3 instituts du Réseau international des Instituts Pasteur.

Liens d'intérêt

- Aucune rémunération actuelle ou dans le passé de l'industrie pharmaceutique.
- Aucun investissement financier dans une firme pharmaceutique.
- Aucune participation à des études cliniques de vaccins.

Haemophilus influenzae de type b (en abrégé Hib) est une bactérie responsable d'infections graves chez les jeunes enfants. L'infection et la maladie à Hib débutent avec la colonisation du nasopharynx. À la suite de cette colonisation, cette bactérie peut provoquer une maladie par invasion de la circulation sanguine avec propagation secondaire à d'autres sites, débouchant sur une méningite, une pneumonie ou d'autres maladies graves comme l'arthrite septique, l'ostéomyélite, la péricardite, la cellulite et l'épiglottite (désignées collectivement comme des maladies à Hib invasives). Hib peut aussi se propager localement et conduire à une sinusite ou à une otite.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) vient de publier dans le Relevé épidémiologique hebdomadaire une note de synthèse sur la vaccination anti-Hib. Dans cette note, au vu de l'innocuité et de l'efficacité démontrées des vaccins anti-Hib, l'OMS recommande leur introduction dans tous les programmes de vaccination infantile. La vaccination reste le seul moyen efficace pour prévenir les maladies à Hib et prend une importance croissante avec le développement de la résistance de cette bactérie aux antibiotiques.

L'introduction du vaccin anti-Hib a fait régresser considérablement le nombre de maladies à Hib notifiées dans les pays concernés, indépendamment de leur niveau de développement et de leur situation économique.

Il a également été observé des baisses de grande ampleur de la colonisation nasopharyngée par Hib suite à l'introduction des vaccins anti-Hib conjugués. Il en a résulté une diminution de l'incidence des maladies à Hib substantiellement plus importante que celle imputable directement au vaccin, ce qui amène à penser que l'utilisation à grande échelle de celui-ci a induit une immunité collective.

L'utilisation des vaccins anti-Hib doit s'intégrer dans une stratégie complète pour lutter contre les pneumonies, incluant l'allaitement au sein exclusif jusqu'à 6 mois, le lavage des mains au savon, l'amélioration de l'approvisionnement en eau et de l'assainissement, la réduction de la pollution de l'air dans les foyers et une meilleure prise en charge des cas au niveau des collectivités et des établissements de soins. L'OMS recommande d'appliquer l'un des calendriers de vaccination anti-Hib suivants : 3 doses primaires sans dose de rappel (3p + 0) ; 2 doses primaires plus une dose de rappel (2p + 1) ou 3 doses primaires plus une dose de rappel (3p + 1).

Source : Organisation mondiale de la santé (OMS), Relevé épidémiologique hebdomadaire du 27 septembre 2013.