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Ebola : alors que l’épidémie se poursuit, des vaccins et des traitements pourraient bientôt être disponibles

Publié le 7 août 2014 à 10h51

Biographie

MD, PhD, ancien directeur scientifique de l’Institut de recherche biomédicale des armées (IRBA), Brétigny sur Orge, France.

Enseignant à l’Ecole du Val-de-Grâce, à l’université d’Aix-Marseille, à l’Institut de formation en soins infirmiers Saint Joseph, Marseille.

Expert auprès de l’Institut de veille sanitaire (InVS) et de la Haute autorité de santé (HAS).

Liens d'intérêt

Absence de lien avec l’industrie pharmaceutique.

Aucune participation à des études cliniques de médicaments ou vaccins.

Déclaration établie le 2 janvier 2012, mise à jour le 11 décembre 2014.

Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), l'épidémie de fièvre hémorragique à virus Ebola qui frappe la Guinée, le Liberia, la Sierra Leone et le Nigéria aurait atteint à ce jour 1.603 personnes et fait 887 morts. Les mesures mises en œuvre dans les 4 pays touchés ne sont pas parvenues à empêcher la propagation du virus, et il est maintenant fait appel aux forces armées pour garantir la sécurité des lieux de soin et interdire les déplacements des sujets infectés ou de leurs dépouilles.

Alors que les Etats-Unis et maintenant l'Espagne ont ramené des malades sur leur territoire afin de leur garantir une prise en charge optimale et que tous les pays se préparent à faire face à l'importation de cas, diagnostiqués ou non, la page publiée le 1er août par le NIH américain (National institute of health) apporte quelques lueurs d'espoir. Elle nous apprend que plusieurs candidats vaccins sont en développement dans les équipes du NIAID (National institute of allergy and infectious diseases) ou dans d'autres équipes soutenues par le NIH. Deux vaccins utilisant un vecteur adénovirus pourraient entrer en essai clinique de phase 1 fin 2014 (vaccin du Vaccine Research Center) ou fin 2015 (laboratoire Crucell). Deux autres vaccins au moins sont en cours de développement, l'un utilisant comme vecteur le virus de la stomatite vésiculaire (Profectus Biosciences), auquel nous avons déjà consacré une nouvelle en avril dernier, l'autre basé sur un vaccin antirabique existant (NIH).

Des traitements qui pourraient permettre de venir rapidement en aide aux personnes déjà infectées sont également annoncés. Parmi ceux-ci, un cocktail d'anticorps monoclonaux dirigés contre le virus Ebola, mis au point par Mapp Biopharmaceutical, aurait une efficacité remarquable. Selon certaines informations (mais elles sont discordantes), cette préparation est celle qui aurait été administrée au médecin américain qui s'est contaminé au Liberia et aurait rapidement amélioré son état. Une molécule baptisée BCX4430, produite par BioCryst Pharmaceuticals, présente une activité antivirale à large spectre. Elle a permis de guérir des animaux infectés par les virus Ebola et Marburg et pourrait entrer en phase d'essai clinique fin 2014.

Une amélioration des outils de diagnostic est également annoncée. Elle passe par l'utilisation de tests rapides de détection d'antigène ou un multiplexage permettant de rechercher plusieurs agents en parallèle, grâce notamment à la microfluidique. Elle devrait permettre d'améliorer sensiblement la prise en charge des sujets suspects et le suivi des épidémies.

D'autres initiatives, nombreuses mais moins abouties, apparaissent dans le compte-rendu d'un meeting qui s'est tenu aux Etats-Unis en août 2013. De façon prémonitoire, il était consacré aux contre-mesures médicales contre les filovirus, Ebola et Marburg (R Hirschberg et coll.).

Références


Référence principale :