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Fin de la campagne de vaccination contre une souche particulière de méningocoque B en Seine-Maritime, dans la Somme et les Pyrénées-Atlantiques

Publié le 22 août 2014 à 20h12

Biographie

- Professeur agrégé enseignant à l'École du Val-de-Grâce et à l'Université de Bordeaux.

Liens d'intérêt

- Aucune perception de rémunération ou de tout autre avantage de l'industrie pharmaceutique.
- Aucun investissement financier dans une firme pharmaceutique.
- Aucune participation à des études cliniques de vaccins.
- Aucune rémunération ou avantages reçus de l'industrie pharmaceutique.
- Déclaration mise à jour le 18 novembre 2019.

Le Haut Conseil de la santé publique vient de publier sur son site Internet un avis daté du 10 juillet 2014. Cet avis recommande l'arrêt de la campagne de vaccination contre une souche particulière de méningocoque B en Seine-Maritime, dans la Somme et les Pyrénées-Atlantiques.

Historique de la campagne de vaccination

Depuis 2003, le département de Seine-Maritime a connu une augmentation de l'incidence (appelée hyperendémie) des infections invasives à méningocoques de sérogroupe B dues à une souche clonale hypervirulente de phénotype « B:14:P1.7,16 ». Ces infections invasives sont des infections graves, méningites ou septicémies. Ce nom complexe résume la nature de certaines protéines caractérisant cette souche, car il existe en effet de nombreuses souches de méningocoques, dont la capacité à diffuser ou à entrainer des infections sévères peut différer entre elles. 

Le vaccin MenBvac® est un vaccin de type « OMV » (en anglais outer membrane vesicles, ou vésicules de membrane externe, protéines spécifiques produites par la bactérie) développé par l'Institut norvégien de santé publique et capable d'entrainer une réponse immunitaire protectrice contre la souche B:14:P1.7,16.

Une campagne de vaccination des personnes âgées de 1 à 19 ans a été mise en place en juin 2006 avec ce vaccin, le seul disponible à ce moment-là, dans une zone géographique de la Seine-Maritime autour de Dieppe, appelée zone 1. 

En 2008, la campagne a été étendue à une tranche d'âge plus large (de 2 mois à 24 ans) et à un second foyer d'hyperendémie identifié à l'Est de la zone de Dieppe (définissant la zone 2). 

En 2009, la campagne a visé un troisième foyer identifié dans la Somme, limitrophe avec la Seine-Maritime (zone 3). 

Au total, la campagne de vaccination a couvert une population d'environ 230.000 habitants, dont 68.000 personnes âgées de moins de 25 ans. Une diminution de la fréquence des infections graves à méningocoque causées par le clone hypervirulent a été observée après la mise en oeuvre de la vaccination. Une étude réalisée en 2013 a montré que le foyer d'hyperendémie de la zone de Dieppe (zone 1) semblait contrôlé depuis fin 2010. Mais il persistait une zone résiduelle d'hyperendémie composée de trois cantons de la zone 2 et de 3 cantons de la zone 3. En conséquence, le Haut Conseil de la santé publique a recommandé en juillet 2013 de poursuivre la campagne de vaccination dans cette zone résiduelle jusqu'au 31 mars 2014, et de suspendre la campagne de vaccination dans la zone 1 et dans les cantons situés en dehors de la zone résiduelle (avis du 11 juillet 2013).

En 2014, le vaccin MenBvac® a été remplacé par un nouveau vaccin disposant d'une autorisation de mise sur le marché dans les pays de l'Union européenne, le vaccin Bexsero®. Ce vaccin présente une efficacité contre le clone responsable de l'hyperendémie mais aussi contre de nombreuses autres souches de méningocoque B (environ 80 % des souches circulant en France).

Par ailleurs, la mise en évidence d'une hyperendémie dans certains cantons des Pyrénées-Atlantiques (cantons de Lagor et de Navarrenx) a entrainé en février 2013 la décision de protéger les personnes âgées de 2 mois à 24 ans résidant dans ces cantons.

Evolution récente de l'hyperendémie en Seine-Maritime, dans la Somme et dans les Pyrénées-Atlantiques

Pendant les 12 derniers mois, l'incidence observée des infections graves dues au clone hypervirulent de méningocoque B a été nulle dans les zones de Seine-Maritime et de la Somme, où la campagne de vaccination a été suspendue en 2013. Dans la zone résiduelle, le nombre de cas a chuté : le seul cas identifié pendant cette période concernait une personne âgée de 50 ans. 

La souche continue à circuler dans les Pyrénées-Atlantiques, mais avec une fréquence faible, ne faisant pas craindre la résurgence d'un foyer d'hyperendémie.

Essoufflement de la campagne de vaccination

L'étude des couvertures vaccinales contre le méningocoque B dans les zones concernées montrent une stagnation de l'adhésion à la campagne entre 2013 et 2014, avec des couvertures vaccinales à 4 doses (schéma vaccinal complet) d'environ 45 % en Seine-Maritime et dans la Somme. L'adhésion est encore plus faible dans les Pyrénées-Atlantiques, où la couverture vaccinale pour la première dose n'était que de 23 %, selon une étude réalisée le 30 avril 2014.

Dernières recommandations du Haut Conseil de la santé publique

Prenant en compte les dernières données épidémiologiques concernant les infections graves à méningocoque B, le Haut Conseil de la santé publique recommande l'arrêt de la campagne de vaccination par MenBvac® et Bexsero® dans les zones ciblées des départements de la Seine-Maritime, de la Somme et des Pyrénées-Atlantiques.

Les personnes ayant initié une vaccination avec MenBvac® complèteront leur vaccination en conformité avec les recommandations de l'avis du 22 janvier 2014. Toutefois, du fait de la décision d'arrêt de la campagne de vaccination, les personnes qui auraient initié leur vaccination avec MenBvac® mais n'auraient pas reçu leur troisième dose en mai 2014 ne ré-initieront pas un nouveau schéma vaccinal avec le vaccin Bexsero®.

Par contre, compte tenu du bénéfice attendu du vaccin Bexsero® sur les infections  B au-delà de la souche hypervirulente B:14:P1.7,16, les personnes ayant initié une vaccination avec Bexsero® en mai 2014, en conformité avec l'avis de janvier 2014, complèteront leur vaccination selon les schémas recommandés.

Enfin, le Haut Conseil de la santé publique rappelle l'importance de la surveillance épidémiologique, sérotypique et génotypique des IIM B en France, dans l'ensemble des départements.

Cette nouvelle recommandation sera prochainement prise en compte par le système expert de MesVaccins.net.

Référence

Haut Conseil de la santé publique.


Maladie : Méningocoque B

Vaccins : BEXSERO MenBvac

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