La maladie

Le méningocoque est une bactérie présente dans la gorge de certaines personnes appelées "porteurs du méningocoque". Le méningocoque se transmet directement par voie aérienne par l'intermédiaire de gouttelettes de salive, d'un porteur à une autre personne. Dans les jours qui suivent son installation dans la gorge, le méningocoque peut traverser la muqueuse et atteindre la circulation sanguine, pouvant alors entraîner une méningite ou une septicémie dont l'évolution peut conduire au décès du malade. Le purpura fulminans est une complication redoutable de l'infection par le méningocoque,  qui se traduit par des plaques hémorragiques cutanées et un choc septique foudroyant mortel une fois sur trois.

Il existe plusieurs sérogroupes, parmi lesquels les cinq suivants ont une importance particulière : A, B, C, W et Y.  Les sérogroupes en cause peuvent être très différents d'une région du monde à l'autre.

Les recommandations générales

Aucune pour le méningocoque B.

Les recommandations particulières

Référence : avis du 25/10/2013, publié le 11/12/2013.

1. Personnes à risque élevé de contracter une infection invasive

La vaccination par le vaccin Bexsero® est recommandée chez :

  • les personnels des laboratoires de recherche travaillant spécifiquement sur le méningocoque ; 
  • les personnes porteuses d’un déficit en fraction terminale du complément ou qui reçoivent un traitement anti-C5A, notamment les personnes qui reçoivent un traitement par eculizumab (Soliris®) ; 
  • les personnes porteuses d’un déficit en properdine ; 
  • les personnes ayant une asplénie anatomique ou fonctionnelle ; 
  • les personnes ayant reçu une greffe de cellules souches hématopoïétiques. 

Chez ces personnes à risque élevé d'infection invasive à méningocoque pour lesquelles une protection durable est nécessaire vis-à-vis contre tous les sérogroupes en cause :

  • la nécessité de rappels itératifs avec le vaccin Bexsero® et le délai entre ces éventuels rappels ne sont pas définis ; 
  • la vaccination méningococcique tétravalente conjuguée ACYW reste recommandée en l’absence de données de protection du vaccin Bexsero® vis-à-vis des sérogroupes non B.  

2. Pour des populations ciblées dans le cadre de situations spécifiques

Les données actuelles disponibles d’immunogénicité et de tolérance du vaccin Bexsero® justifient son utilisation à titre temporaire et sur des populations ciblées dans le cadre de situations spécifiques.

2.1. La vaccination est recommandée dans les deux situations suivantes

1) Grappes de cas définies par la survenue d’au moins 2 cas d'infection invasive à méninogocoque B

  • dans une même collectivité ou un même groupe social; 
  • dans un délai ≤ à 4 semaines (Instruction n°DGS/RI 1/2011/33 du 27 janvier 2011 relative à la prophylaxie des infections invasives à méningocoque) ;
  • et survenus et rattachables à des souches identiques couvertes par le vaccin Bexsero® ou ne pouvant être différenciées.

2) Situations épidémiques

  • définies par les critères d’alerte épidémique (Instruction n°DGS/RI 1/2011/33 du 27 janvier 2011 relative à la prophylaxie des infections invasives à méningocoque);
  • et liées à une souche couverte par le vaccin Bexsero®.

2.2. Deux autres situations doivent faire l’objet d’un avis d’un groupe multidisciplinaire d’experts du niveau national et/ou régional quant à la pertinence et aux modalités éventuelles d’une action locale de vaccination par le vaccin Bexsero®

1) Grappes de cas définies par la survenue d’au moins 2 cas d'infection invasive à méninogocoque B

  • dans une même collectivité ou un même groupe social ; 
  • dans un intervalle de temps > à 4 semaines et ≤ à 3 mois ;
  • survenus et rattachables à des souches identiques couvertes par le vaccin Bexsero® ou ne pouvant être différenciées. 

2) Situations d’hyperendémie, correspondant à l’installation progressive et potentiellement durable d’un clone dans une zone géographique, le plus souvent infra-départementale : des critères d’alerte ont été proposés par Santé publique France et devront faire l’objet d’une validation par la Direction générale de la santé, puis d’une intégration dans une version actualisée de l’instruction de la Direction générale de la santé.

La version actualisée de l’instruction de la DGS devra également préciser la composition et les modalités de fonctionnement de l’expertise multidisciplinaire à mobiliser.

La vaccination pourrait être également proposée dans d’autres situations inhabituelles (par exemple de par la gravité des cas) ne rentrant pas dans les critères ci-dessus, et après analyse par le groupe multidisciplinaire d’experts du niveau national et régional.

La vaccination par le vaccin Bexsero® pour les sujets contacts autour des cas sporadiques d'infection invasive à méninogocoque B n’est pas recommandée en sus de la chimioprophylaxie antibiotique qui représente le moyen le plus efficace de prévention des cas secondaires. En revanche, cette mesure pourrait être justifiée et recommandée dans les zones où la vaccination par le vaccin Bexsero® serait éventuellement recommandée (épidémie et hyperendémie).

Nouveau : En 2014, la mise à disposition de doses de Bexsero® permet d'administrer ce vaccin aux personnes éligibles aux recommandations vaccinales.

NouveauUne nouvelle instruction du 24/10/2014 actualise la conduite à tenir autour d'un cas d’infection invasive à méningocoque.

Les recommandations professionnelles

  • Les personnels des laboratoires de recherche travaillant spécifiquement sur le méningocoque. 

Les recommandations pour les voyageurs

  • Pas d'indication pour les voyageurs. 

Le schéma vaccinal

Nourrissons âgés de 2 à 5 mois : 3 doses de 0.5 ml avec une 1ère dose administrée à l'âge de 2 mois, en respectant un intervalle d'un mois minimum et une dose de rappel entre 12 et 23 mois.

Nourrissons âgés de 6 à 11 mois : 2 doses de 0.5 ml en respectant un intervalle de 2 mois mois minimum et une dose de rappel au cours de la 2 ème année avec un intervalle d'au moins 2 mois entre la primo-vaccination et la dose de rappel.

Enfants âgés de 12 à 23 mois : 2 doses de 0.5 ml en respectant un intervalle de 2 mois minimum et une dose de rappel  avec un intervalle de 12 mois à 23 mois entre la primo-vaccination et la dose de rappel.

Enfants âgés de 2 à 10 ans : 2 doses de 0.5 ml en respectant un intervalle de 2 mois minimum. La nécessite d'une dose de rappel n'est pas établie.

Personnes à partir de 11 ans : 2 doses de 0.5 ml en respectant un intervalle d' un mois minimum. La nécessite d'une dose de rappel n'est pas établie.

Les données épidémiologiques

La situation épidémiologique des infections invasives à méningocoque (qui correspondent aux méningites et aux septicémies) en 2015 a été décrite dans un avis du 29 janvier 2016, mis en ligne sur le site du Haut Conseil de la santé publique le 8 mars 2016.

En 2015, l'incidence des infections invasives à méningocoque, tous sérogroupes confondus, était de 0,69/100 000 (0,76 après correction pour sous-notification), soit légèrement supérieure à celle observée en 2014 (0,71/100 000). Parmi les infections dues à un sérogroupe connu (n = 436), 54 % étaient de sérogroupe B, 27 % de sérogroupe C, 6 % de sérogroupe W, 12 % de sérogroupe Y et 1 % autre. Cette distribution ne diffère pas de celle observée en 2014.

Hyperendémie des infections à méningocoque B.

Depuis 2003, la situation d'hyperendémie (fréquence élevée de la maladie) dans le département de Seine-Maritime, impliquant une souche B particulière (B:14:P1.7,16), a régressé depuis la campagne de vaccination MenBVac démarrée en 2006. En 2009, la campagne de vaccination a été élargie à d'autres zones de la région de Dieppe et dans la Somme compte tenue de la diffusion de cette bactérie dans ces zones.

A l'été 2013, il a été observé une baisse de l'incidence des infections invasives à méningocoques B en Seine Maritime dans les zones des cantons vaccinés depuis 2009.

Par ailleurs, l'augmentation de l'incidence de cas d'infections invasives à méningocoque B liées au clone B:14:P1.7,16 dans les cantons de Lagor et Navarrenx (département des Pyrénées-Atlantiques) a justifié en février 2013, une campagne de vaccination des personnes âgées de 2 mois à 24 ans, contacts des cas.

Initialement débutées avec le vaccin MenBvac, les campagnes de vaccination se sont poursuivies à partir de novembre 2013 avec le nouveau vaccin contre le méningocoque B BEXSERO, compte tenue sa récente disponibilité . La vaccination avec ce vaccin était alors initiée pour les personnes nouvellement éligibles aux recommandations.

En juillet 2014, les campagnes de vaccination dans les départements de Seine Maritime, de la Somme et des Pyrénées Atlantiques ont été arrêtées compte tenue de la diminution de l'incidence des cas dus au clone B:14:P1.7,16 dans ces zones.

Dernières données épidémiologiques.

Les références