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Les futurs professionnels de santé sont-ils bien vaccinés contre l’hépatite B ? Une enquête au Laos

Publié le 22 oct. 2014 à 22h10

Biographie

- Professeur agrégé de l'Ecole du Val-de-Grâce.
- Ancien directeur de l'Institut de médecine tropicale du service de santé des armées et de l'Institut de la francophonie pour la médecine tropicale.
- Membre de l'Académie nationale de médecine.

Liens d'intérêt

- Coauteur d'un article scientifique dont d'autres co-auteurs sont des collaborateurs de GSK.
- Aucun investissement financier personnel ou familial dans une firme pharmaceutique.
- Aucune participation à des études cliniques de vaccins.
- Déclaration mise à jour le 17 novembre 2019.

Les recommandations pour la vaccination des voyageurs contre l’hépatite B doivent être régulièrement rappelées. Elles sont particulièrement justifiées pour ceux qui se rendent dans des pays endémiques, comme le Laos, dont la population compte plus de 8 % de porteurs chroniques du virus de l’hépatite B (VHB). En cas d’hospitalisation, les risques de transmission accidentelle du VHB sont très élevés, d’autant plus que le personnel soignant est lui-même mal protégé. En effet, bien que des vaccins efficaces et peu onéreux soient disponibles depuis plus de 10 ans, l’immunisation des jeunes laotiens qui s’orientent vers les professions de la santé relève d’une démarche individuelle faute de programme de vaccination systématique dans les facultés préparant aux métiers de la santé.

Une enquête transversale utilisant des questionnaires auto-administrés a été conduite en 2013 à l'Université de sciences de la santé du Laos (USSL) par deux étudiants de 6ème année de médecine avec l’Institut de la Francophonie pour la Médecine Tropicale (IFMT) afin d’évaluer la couverture vaccinale des étudiants contre l'hépatite B, tester leurs connaissances et leur perception du risque et rechercher les causes de non-vaccination. Un sondage aléatoire stratifié, représentatif de chaque année scolaire des sept facultés de l’USSL, a permis de recueillir 961 questionnaires : 143 en faculté de sciences fondamentales, 167 en faculté de médecine, 148 en faculté de pharmacie, 139 en faculté dentaire, 159 en faculté des sciences infirmières, 99 en faculté de technologie médicale et 106 en faculté de troisième cycle.

Les répondants, âgés en moyenne de 25 ± 7 ans, étaient surtout de sexe féminin (59,1 %) et célibataires (76,3 %). Au total, 21 % étaient complètement vaccinés contre l'hépatite B et 9,5 % partiellement. La couverture vaccinale était significativement plus élevée chez les étudiants de sexe féminin, âgés de plus de 25 ans, ou mariés. Le meilleur taux de couverture était observé chez les étudiants de troisième cycle (64,2 %), suivis par les étudiants en soins infirmiers (25,8 %), les étudiants en médecine (22,2 %), les étudiants en sciences de base (12,6 %), les étudiants en technologie médicale (11,1 %), les étudiants en pharmacie (9,5 %) et les étudiants en chirurgie dentaire (9,4 %). Parmi les étudiants non vaccinés, 78,6 % déclaraient avoir l'intention de se faire vacciner. La raison la plus souvent alléguée (38,6 %) pour justifier la non-vaccination était de ne pas savoir où se faire vacciner. Le niveau de connaissances sur l'hépatite B, coté de 0 à 5, était très faible (≤ 1) pour 86,5 % des étudiants, mais 77,5 % savaient qu’il existe un vaccin contre l'hépatite B. Les scores de connaissance étaient significativement plus élevés chez les étudiants âgés de plus de 25 ans, mariés ou inscrits en faculté de troisième cycle. Seulement 37 % des étudiants se considéraient à risque de contracter une hépatite B, cette prise de conscience étant significativement liée au nombre d’années d’études, à l’âge > 25 ans et à la faculté d’appartenance (troisième cycle, médecine et soins infirmiers).

En comparaison avec les étudiants en stage dans les hôpitaux de l'Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (enquête STUDYVAX 2009, BEH 35-36/27 septembre 2011), la couverture vaccinale contre l'hépatite B est extrêmement faible chez les étudiants des professions de santé au Laos. Cela relève en grande partie de leur manque de connaissances et de sensibilisation aux risques de contamination. Dès leur admission à l'université, tous ces étudiants devraient recevoir une information sur la prévention des accidents d’exposition au sang et être systématiquement vaccinés contre l'hépatite B.

Référence