Chez l’adulte, la vaccination contre la varicelle éviterait au moins un cas sur quatre

Publié le 27 déc. 2014 à 10h02

Biographie

MD, PhD, ancien directeur scientifique de l’Institut de recherche biomédicale des armées (IRBA), Brétigny sur Orge, France.

Enseignant à l’Ecole du Val-de-Grâce, à l’université d’Aix-Marseille, à l’Institut de formation en soins infirmiers Saint Joseph, Marseille.

Expert auprès de l’Institut de veille sanitaire (InVS) et de la Haute autorité de santé (HAS).

Liens d'intérêt

Absence de lien avec l’industrie pharmaceutique.

Aucune participation à des études cliniques de médicaments ou vaccins.

Déclaration établie le 2 janvier 2012, mise à jour le 11 décembre 2014.

La varicelle est une maladie d'origine virale généralement bénigne et qui touche essentiellement les enfants. La plupart des adultes (95 %) sont naturellement immunisés et protégés contre l'infection ; celle-ci peut toutefois se produire chez les personnes qui ne sont pas entrés en contact avec des malades durant les premières années de leur vie. Les adultes atteints de varicelle peuvent alors présenter des formes graves, plus fréquentes que chez l'enfant (il s'agit surtout de complications pulmonaires ou neurologiques) ; ils peuvent à leur tour être en mesure de transmettre le virus, avec des conséquences parfois graves s'il s'agit de femmes enceintes ou de personnes en contact avec des nouveau-nés.

La vaccination est ainsi recommandée, en France, pour les adultes qui n'ont pas d'antécédent de varicelle, s'ils sont en contact avec des personnes immunodéprimées, s'il s'agit de femmes en âge de procréer ou venant d'accoucher ou s'ils ont été exposés à la varicelle depuis moins de 3 jours.

Cette recommandation est peu suivie. Cependant, une étude menée par l'Inserm montre que son bénéfice ne serait pas négligeable. Partant des données de surveillance épidémiologique, les auteurs de cette étude ont établi un modèle mathématique qui prédit que plus d'un quart des cas de varicelle se produisant chez l'adulte (on en compte 32 000 en France chaque année) pourraient être évités grâce à la vaccination post-exposition pratiquée dans les 3 jours suivant un contact contaminant. Les auteurs précisent qu'ils se sont basés sur des données pessimistes concernant la proportion d'adultes immunisés dans l'enfance ou l'efficacité du vaccin, et que le bénéfice de la vaccination post-exposition pourrait donc être supérieur à leur estimation.

Référence