Epidémies de choléra en Afrique centrale

Publié le 17 oct. 2010 à 12h15

Biographie

- Professeur agrégé enseignant à l'École du Val-de-Grâce et à l'Université de Bordeaux.

Liens d'intérêt

- Aucune perception de rémunération ou de tout autre avantage de l'industrie pharmaceutique.
- Aucun investissement financier dans une firme pharmaceutique.
- Aucune participation à des études cliniques de vaccins.
- Aucune rémunération ou avantages reçus de l'industrie pharmaceutique.
- Déclaration mise à jour le 26 août 2020.

Une vague de choléra sévit en Afrique centrale depuis quelques mois. A la date du 3 octobre 2010, quatre pays (Cameroun, Niger, Nigéria et Tchad) avaient notifié 40 468 cas et 1879 décès. Certains facteurs saisonniers, comme la saison des pluies avec des inondations, ainsi que de mauvaises conditions d’hygiène et les déplacements de populations dans la région, contribuent à cette incidence inhabituellement élevée. Le choléra est endémo-épidémique dans cette région. Les ministères de la santé des quatre pays affectés prévoient de se rencontrer dans le cadre d’une réunion à Abuja pour renforcer la surveillance et revoir les plans de préparation et d’action contre les épidémies de choléra dans les localités autour du lac Tchad. Voici un point détaillé dans chacun de ces pays.

Cameroun. Dans six régions (Centre, Extrême Nord, Littoral, Nord, Ouest, Sud Ouest), 7 869 cas ont été notifiés (dont 515 mortels, soit une létalité de 6,5 %) entre le 6 mai et le 3 octobre 2010. La région de l’Extrême Nord a signalé la majorité des cas (97 %). Des mesures de prévention et de lutte sont en cours d’application. Le Ministère de la Santé a mis en place un centre de commande et de lutte contre le choléra à Maroua, dans la région de l’Extrême Nord. Ce centre a pour rôle d’assurer la coordination technique entre les partenaires dans les domaines de l’épidémiologie, de la surveillance par les laboratoires, de la prise en charge des cas, de la mobilisation sociale, de la logistique et, dans les centres de traitement, de la lutte contre les infections, de l’eau et de l’assainissement. Le système devrait également émettre des alertes immédiates en cas de nouvelles flambées.

Tchad. Du 13 juillet au 3 octobre 2010, 2508 cas, dont 111 mortels (soit une létalité de 4,4 %), ont été notifiés dans 12 districts sanitaires de 6 régions. Avec l’appui de plusieurs partenaires (Médecins Sans Frontières (MSF), la Croix-Rouge nationale, Oxfam, le Comité international de secours (IRC), l’International Medical Corps (IMC), l’UNICEF et l’OMS), les autorités nationales mettent en place des mesures de prévention et de lutte.

Niger. Les régions de Diffa, Maradi, Tahoua et Zinder ont notifié 976 cas, dont 62 mortels (soit une létalité de 6,4 %), entre le 3 juillet et le 1er octobre 2010. Des mesures de prévention et de lutte sont en cours.

Nigéria. Du 4 janvier au 3 octobre 2010, 29 115 cas, dont 1191 mortels (soit une létalité de 4,1 %), ont été notifiés dans 144 zones d’administration locale de 15 États, dont le Territoire de la capitale fédérale. L’épidémie se poursuit et se propage à de nouvelles zones géographiques. Le Nigéria a connu des inondations sévères et de nombreux déplacements de populations ont aggravé la situation.

Source : Organisation mondiale de la santé.