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Situation épidémiologique de la dengue à la Réunion au 20 juillet 2018 Médecine des voyages

Publié le 26 juil. 2018 à 08h57

Biographie

Médecin retraité, spécialisé en médecine des voyages. Membre de la Société de médecine des voyages (depuis 2000) Formateur en vaccinologie et médecine des voyages (depuis 2000)

Liens d'intérêt

Absence de lien d’intérêt avec les firmes pharmaceutiques

Depuis le début de l'année 2018, l'île de la Réunion, a connu une augmentation significative des cas de dengue. Entre le 2 et le 8 juillet 2018, les autorités sanitaires ont notifié 119 cas de dengue.

Depuis le début de l'année, les autorités de santé publique ont notifié 6 149 cas autochtones :

  • la zone principale affectée est ouest de l'île ;
  • le sérotype circulant est DENV-2 ;
  • le principal vecteur d'infection impliqué dans l'éclosion est Aedes albopictus ;
  • le 10 juillet, les autorités ont décidé d'élever le niveau du plan ORSEC, plan d'urgence, au niveau 4 ;
  • les activités de contrôle sont actuellement en place et comprennent la lutte antivectorielle active renforcée, la surveillance renforcée, les mesures de sécurité transfusionnelle et la mobilisation sociale.

L'éclosion actuelle est un événement important parce que le nombre de cas a déjà dépassé le nombre de cas annuels rapporté depuis 2010. Avec l'arrivée de l'hiver dans l'hémisphère sud en juillet et sur la base de la tendance observée des flambées épidémiques sur l'île, cette flambée devrait s'atténuer en intensité. Les conditions climatiques deviennent moins favorables l'activité des moustiques. 

Cependant, aucun déclin marqué n'a encore été observé.

La probabilité d'une transmission ultérieure de la dengue en Europe est associée à l'importation de virus par les voyageurs virémiques dans des zones réceptives, définies comme un emplacement avec des vecteurs compétents établis et actifs.

Aedes albopictus est établi dans la partie sud de l'Union européenne et les conditions environnementales sont actuellement favorables à l'activité vectorielle.

L'abondance du vecteur est actuellement suffisant pour permettre la transmission autochtone du virus et potentiellement générer des foyers locaux.

Conduite à tenir

Devant tout syndrome dengue-like comportant fièvre ≥ 38,5°C ; associée à un ou plusieurs symptômes non spécifiques (douleurs musculo-articulaires, manifestations hémorragiques, céphalées frontales, asthénie, signes digestifs, douleurs rétro-orbitaires, éruption maculo-papuleuse) ET en l'absence de tout autre point d'appel infectieux.

Il est important de continuer de prescrire une confirmation biologique chikungunya et dengue :

  • dans les 5 premiers jours après le début des signes cliniques : RT-PCR ou NS1 ;
  • entre 5 et 7 jours après le début des signes cliniques : RT-PCR et sérologie (IgM et IgG) ;
  • plus de 7 jours après le début des signes cliniques : sérologie uniquement (IgM et IgG), à renouveler à 15 jours d'intervalle minimum dans le même laboratoire si le premier résultat est positif.
  • Traiter les douleurs et la fièvre par du paracétamol (l'aspirine, l'ibuprofène et autres AINS ne doivent en aucun cas être utilisés).
  • Signaler les cas confirmés, les suspicions de cas groupés, les cas cliniquement très évocateurs à la Plateforme de veille et d'urgences sanitaires de l'ARS.

Rappels sur la dengue

La dengue, maladie virale due au virus de la Dengue (4 sérotypes) de la famille des Flaviviridae, transmise par une piqûre de moustique, se manifeste le plus souvent par un syndrome grippal (fièvre, douleurs musculaires, parfois éruption cutanée).  La dengue peut évoluer en forme grave hémorragique. La prise d'aspirine est formellement déconseillée. Il n'existe pas de traitement médicamenteux préventif disponible contre la dengue.

Il n'existe pas de traitement spécifique contre le virus. Pour les touristes européens, la prévention de la dengue passe donc par la lutte contre son vecteur Aedes albopictus. Le moyen le plus efficace pour combattre ce moustique est d'éliminer ses lieux de ponte (soucoupes, petits récipients, déchets, réservoirs, vases, pneus, etc.).

Il est conseillé aux voyageurs de se protéger des piqûres de moustique. Il convient de respecter les mesures habituelles de lutte anti-vectorielle :

  • port de vêtements couvrants ;
  • répulsifs anti-moustiques, contenant du DEET, sur la peau découverte ; 
  • vêtements et moustiquaire imprégnés d'insecticide pour la sieste et la nuit ; 
  • les personnes qui utilisent un écran solaire doivent appliquer le répulsif 20 minutes après l'écran solaire.

Afin d'éviter au maximum la dissémination du virus de la dengue, devant une fièvre d'apparition brutale et des douleurs articulaires ou musculaires dans les 15 jours qui suivent le retour de voyage en zone inter tropicale, il faut consulter son médecin au plus vite en signalant son voyage.

Sources : Agence de Santé Océan Indien (ARS) ; European Centre for Disease Prevention and Control.


Maladie : Dengue

Vaccin : DENGVAXIA

Référence principale :