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Pour être mieux vacciné, sans défaut ni excès

La lutte contre l’antibiorésistance passe aussi par la vaccination

Publié le 16 nov. 2019 à 15h02

Biographie

- Professeur agrégé de l'Ecole du Val-de-Grâce.
- Ancien directeur de l'Institut de médecine tropicale du service de santé des armées et de l'Institut de la francophonie pour la médecine tropicale.
- Membre de l'Académie nationale de médecine.

Liens d'intérêt

- Coauteur d'un article scientifique dont d'autres co-auteurs sont des collaborateurs de GSK.
- Aucun investissement financier personnel ou familial dans une firme pharmaceutique.
- Aucune participation à des études cliniques de vaccins.
- Déclaration mise à jour le 17 novembre 2019.

La résistance aux antimicrobiens est aujourd'hui un problème mondial de santé publique. La propagation d'infections bactériennes multirésistantes compromet l'efficacité des protocoles thérapeutiques, augmente les durées d'hospitalisation, les coûts de la santé et la mortalité. Ce phénomène est le résultat d'une consommation d'antibiotiques excessive, tant dans la pratique médicale que dans les secteurs vétérinaires et agricoles, qui sélectionne les bactéries porteuses de gènes de résistance. Chez l'homme, les traitements antibiotiques, curatifs ou prophylactiques, sont souvent trop longs, mal dosés, inadaptés, voire inappropriés comme en cas d'infection virale où ils sont totalement inefficaces. Les infections à bactéries multirésistantes, voire totorésistantes, conduisent de plus en plus fréquemment à de véritables impasses thérapeutiques alors que le développement de nouveaux antibiotiques se raréfie.

La vaccination doit être intégrée parmi les stratégies de lutte contre l'antibiorésistance : elle peut réduire l'utilisation des antibiotiques, donc la pression de sélection, par trois mécanismes : en diminuant l'incidence de certaines maladies bactériennes, en empêchant le portage et la propagation de bactéries résistantes et en évitant l'usage inapproprié des antibiotiques dans les infections virales comme la grippe. Cet effet a été constaté au début des années 1990 avec l'introduction du vaccin conjugué contre l'Haemophilus influenzae de type b qui a entraîné la quasi-disparition des méningites, des pneumonies et des épiglottites chez le jeune enfant alors que cette bactérie devenait résistante à l'ampicilline. C'est ensuite l'introduction du vaccin antipneumococcique conjugué heptavalent en 2003, puis 13-valent à partir de 2010, qui a fait décroître l'incidence des méningites et des bactériémies à pneumocoque en pédiatrie tout en diminuant la prévalence des pneumocoques de sensibilité diminuée à la pénicilline parmi les souches invasives et parmi les souches de portage rhino-pharyngé. S'il est vrai que cette immunité de groupe peut favoriser le remplacement des sérotypes vaccinaux par des sérotypes potentiellement résistants aux antibiotiques, les vaccins risquent moins d'induire une résistance que les antibiotiques.

La vaccination contre la grippe, en diminuant la fréquence des prescriptions d'antibiotiques dans les infections respiratoires aiguës et les surinfections bactériennes, peut aussi contribuer à réduire la résistance aux antibiotiques.

Contrairement aux antibiotiques, la technologie des vaccins se développe. Un nouveau champ de recherche s'ouvre en vaccinologie pour prévenir les infections à bactéries multirésistantes contre lesquelles l'antibiothérapie devient impuissante, avec des candidats vaccins contre Clostridium difficile, Pseudomonas aeruginosa, Acinetobacter baumannii, les Staphylococcus aureus résistants à la méthicilline, les entérobactéries productrices de carbapénémase, etc.

Référence

Buchy P et al. Impact of vaccines on antimicrobial resistance. Int J Infect Dis. 2019 Oct 14.


Maladies : Grippe saisonnière Haemophilus influenzae b Pneumocoque

Référence principale :