Cas de rage importé du Maroc en Espagne Médecine des voyages

Publié le 11 déc. 2019 à 15h35

Biographie

Médecin retraité, spécialisé en médecine des voyages. Membre de la Société de médecine des voyages (depuis 2000) Formateur en vaccinologie et médecine des voyages (depuis 2000)

Liens d'intérêt

Absence de lien d’intérêt avec les firmes pharmaceutiques

En Espagne, le 11 décembre 2019, les autorités sanitaires du Pays basque ont confirmé le diagnostic de l'importation d'un cas de rage avec antécédents de voyage au Maroc. 

Selon les mêmes sources, le cas est hospitalisé dans un état critique et les autorités compétentes ont pris toutes les mesures de précaution.

Il s'agit du quatrième cas de rage importé signalé dans l'UE / EEE cette année.

Auparavant cette année :

  • un cas confirmé avait été notifié en Norvège importé des Philippines ; 
  • un deuxième cas confirmé a été notifié en Lettonie importé d'Inde ;
  • un troisième cas a été détecté en Italie importé de Zanzibar en Tanzanie. 

Selon les données de TESSy, en 2018, un cas a été signalé au Royaume-Uni importé du Maroc.

Entre 2015 et 2018, 0 à 1 cas humain de rage a été signalé chaque année. Tous les cas étaient parmi les voyageurs qui ont été exposés au virus lors de voyages dans les zones d'endémie de la rage. 

L'occurrence des quatre cas importés cette année souligne le risque lié à la rage humaine chez les voyageurs visitant les zones d'endémie

Ainsi que la nécessité de conseils de voyage, de vaccination préventive éventuelle et d'une prophylaxie post-exposition rapide après la morsure d'un animal enragé potentiel.

Rappels sur la rage

La  rage est une maladie mortelle si elle n'est pas traitée à temps. Le traitement préventif de la rage humaine est très efficace s'il est administré rapidement après le contact avec l'animal porteur.

La contamination de l'homme se fait exclusivement par un animal au contact de la salive par morsure, griffure, léchage sur peau excoriée ou sur muqueuse (œil, bouche). L'animal peut devenir contagieux 15 jours avant l'apparition des premiers symptômes de la maladie et il le reste jusqu'à sa mort. Si l'animal est en vie et ne présente pas de symptômes après une période d'observation de 15 jours à partir de la date d'exposition (morsure ou autre exposition), il n'a pas pu transmettre la rage à la personne mordue.

Pour réduire le risque de contracter la rage, il est recommandé d'éviter tout contact avec des animaux domestiques, des chauves-souris ou avec des mammifères sauvages. En cas de morsure, de griffure ou de léchage sur une plaie :

  • Il est impératif d'effectuer un nettoyage de la plaie à l'eau et au savon pendant 15 minutes, rinçage, application d'un antiseptique iodé ou chloré, sont indispensables pour limiter le risque infectieux.
  • Il faut ensuite consulter un médecin qui décidera de la nécessité d'un traitement antirabique vaccinal et de l'administration d'immunoglobulines spécifiques antirabiques, en l'absence de vaccination préventive.

La vaccination préventive peut être recommandée pour les expatriés et voyageurs à risque (randonneurs, enfants, cyclistes, spéléologues, sujets ayant des contacts avec les animaux). 

La vaccination préventive ne dispense pas d'un traitement curatif, qui doit être mis en œuvre le plus tôt possible en cas d'exposition avérée ou suspectée, mais elle simplifie le traitement et dispense du recours aux immunoglobulines, qui ne sont pas toujours disponibles dans les pays en développement. 

Pour le voyageur, des informations détaillées sont disponibles sur les sites http://www.mesvaccins.net ou Medecinedesvoyages.net.

Source : European Centre for Disease Prevention and Control.