L'Etat de Sarawak en Malaisie rapport son premier cas humain de rage en 2020 Médecine des voyages

Publié le 30 mar. 2020 à 13h30

Biographie

- Médecin biologiste à la retraite.
- Auparavant : médecin biologiste dans un hôpital d'Instruction des armées pendant 6 ans, puis détaché pendant 20 ans par le Service de santé des armées comme virologiste d'abord puis comme directeur dans 3 instituts du Réseau international des Instituts Pasteur.

Liens d'intérêt

- Aucune rémunération actuelle ou dans le passé de l'industrie pharmaceutique.
- Aucun investissement financier dans une firme pharmaceutique.
- Aucune participation à des études cliniques de vaccins.

En Malaisie, dans l'État de Sarawak, en Malaisie orientale, situé sur l'île de Bornéo  les autorités sanitaires ont notifié le premier décès dû à la rage en 2020. 

Il s'agit d'une fillette de 5 ans de Bandar Sibu, qui a été attaquée par des chiens et mordue au visage au début du mois de mars. 

La blessure par morsure n'a pas été lavée à l'eau courante et au savon immédiatement après l'incident. 

Elle a été emmenée à l'hôpital le même jour et a reçu des injections d'immunoglobuline antirabique (RIG) et deux (2) doses d'injection de vaccin antirabique tout en étant traitée à l'hôpital de Sibu. 

Elle a rapidement été libérée et a reçu son troisième vaccin contre la rage le 16 mars.

Le 24 mars 2020, elle a été emmenée pour recevoir un traitement dans une clinique communautaire à Bandar Sibu en raison de fièvre et ainsi de suite à l'hôpital Sibu le 25 mars 2020 en raison d'une pharyngite et de difficultés à avaler de l'eau et à avoir des hallucinations. 

Elle est décédée le 25 mars d'une encéphalite rabique. 

Il s'agit du premier cas de rage signalé cette année et du 23e cas d'épidémie de rage au Sarawak depuis le 31 juillet 2017. Le dernier cas de rage signalé au Sarawak est le 8 novembre 2019.

Rappels sur la rage.

La rage est une maladie mortelle si elle n'est pas traitée à temps. Le traitement préventif de la rage humaine est très efficace s'il est administré rapidement après le contact avec l'animal porteur.

La contamination de l'homme se fait exclusivement par un animal au contact de la salive par morsure, griffure, léchage sur peau excoriée ou sur muqueuse (œil, bouche). L'animal peut devenir contagieux 15 jours avant l'apparition des premiers symptômes de la maladie et il le reste jusqu'à sa mort. Si l'animal est en vie et ne présente pas de symptômes après une période d'observation de 15 jours à partir de la date d'exposition (morsure ou autre exposition), il n'a pas pu transmettre la rage à la personne mordue.

Pour réduire le risque de contracter la rage, il est recommandé d'éviter tout contact avec des animaux domestiques, des chauves-souris ou avec des mammifères sauvages (tous ces hôtes pouvant être infectés par le virus de la rage). En cas de morsure, de griffure ou de léchage sur une plaie :

  • Afin de limiter le risque d'infection, il est impératif d'effectuer dans les meilleurs délais un nettoyage de la plaie à l'eau et au savon pendant 15 minutes, suivi d'un rinçage et de l'application d'un antiseptique iodé ou chloré.
  • Il faut ensuite consulter un médecin qui décidera de la nécessité ou non de réaliser un traitement antirabique vaccinal et d'administrer des immunoglobulines spécifiques antirabiques, en l'absence de vaccination préventive.

La vaccination préventive peut être recommandée pour les expatriés et voyageurs à risque (randonneurs, enfants, cyclistes, spéléologues, sujets ayant des contacts avec les animaux). 

La vaccination préventive ne dispense pas d'un traitement curatif, qui doit être mis en œuvre le plus tôt possible en cas d'exposition avérée ou suspectée, mais elle simplifie le traitement et dispense du recours aux immunoglobulines, qui ne sont pas toujours disponibles dans les pays en développement. 

Pour le voyageur, des informations détaillées sont disponibles sur les sites http://www.mesvaccins.net ou Medecinedesvoyages.net.

Source : Outbreak News Today.