Le Japon notifie son premier cas humain de rage depuis 2006 Médecine des voyages

Publié le 25 mai 2020 à 13h24

Biographie

- Médecin biologiste à la retraite.
- Auparavant : médecin biologiste dans un hôpital d'Instruction des armées pendant 6 ans, puis détaché pendant 20 ans par le Service de santé des armées comme virologiste d'abord puis comme directeur dans 3 instituts du Réseau international des Instituts Pasteur.

Liens d'intérêt

- Aucune rémunération actuelle ou dans le passé de l'industrie pharmaceutique.
- Aucun investissement financier dans une firme pharmaceutique.
- Aucune participation à des études cliniques de vaccins.

Au Japon, le gouvernement de la ville de Toyohashi, dans la préfecture d'Aichi, a signalé un cas humain importé de rage

Il s'agit du premier cas au Japon depuis 2006. 

Depuis 1957, il n'y a pas eu d'infection humaine par la rage au Japon; cependant, en 2006, deux hommes ont contracté la rage aux Philippines et sont morts à leur retour au Japon.

Selon les autorités le patient aurait contracté l'infection aux Philippines où il a été mordu par un chien à la cheville gauche en septembre 2019. 

Il est arrivé au Japon en provenance des Philippines à la mi-février 2020 et s'est présenté avec une douleur à la cheville le 11 mai. 

Au fil des jours, des symptômes supplémentaires comme des vomissements et de l'hydrophobie ont été décrits. 

Le 18 mai, le patient a été transporté à l'hôpital de Toyohashi et a été admis aux soins intensifs. Un échantillon a été prélevé et envoyé à l'Institut national des maladies infectieuses où le virus de la rage a été détecté par test PCR. De plus, la séquence nucléotidique a été déterminée et l'homologie avec la séquence virale répandue aux Philippines est très élevée.

Selon des entretiens avec des personnes autour du patient, il n'y a aucun antécédent de contact avec des animaux après son entrée au Japon. Le patient est dans un état grave.

Rappels sur la rage

La  rage est une maladie mortelle si elle n'est pas traitée à temps. Le traitement préventif de la rage humaine est très efficace s'il est administré rapidement après le contact avec l'animal porteur.

La contamination de l'homme se fait exclusivement par un animal au contact de la salive par morsure, griffure, léchage sur peau excoriée ou sur muqueuse (œil, bouche). L'animal peut devenir contagieux 15 jours avant l'apparition des premiers symptômes de la maladie et il le reste jusqu'à sa mort. Si l'animal est en vie et ne présente pas de symptômes après une période d'observation de 15 jours à partir de la date d'exposition (morsure ou autre exposition), il n'a pas pu transmettre la rage à la personne mordue.

Pour réduire le risque de contracter la rage, il est recommandé d'éviter tout contact avec des animaux domestiques, des chauves-souris ou avec des mammifères sauvages. En cas de morsure, de griffure ou de léchage sur une plaie :

  • Il est impératif d'effectuer un nettoyage de la plaie à l'eau et au savon pendant 15 minutes, rinçage, application d'un antiseptique iodé ou chloré, sont indispensables pour limiter le risque infectieux.
  • Il faut ensuite consulter un médecin qui décidera de la nécessité d'un traitement antirabique vaccinal et de l'administration d'immunoglobulines spécifiques antirabiques, en l'absence de vaccination préventive.

La vaccination préventive peut être recommandée pour les expatriés et voyageurs à risque (randonneurs, enfants, cyclistes, spéléologues, sujets ayant des contacts avec les animaux). 

La vaccination préventive ne dispense pas d'un traitement curatif, qui doit être mis en œuvre le plus tôt possible en cas d'exposition avérée ou suspectée, mais elle simplifie le traitement et dispense du recours aux immunoglobulines, qui ne sont pas toujours disponibles dans les pays en développement. 

Pour le voyageur, des informations détaillées sont disponibles sur les sites http://www.mesvaccins.net ou Medecinedesvoyages.net.

Source : Outbreak News Today