De nouveaux cas d'encéphalite japonaise sont notifiés à Taïwan Médecine des voyages

Publié le 20 juil. 2020 à 10h08

Biographie

- Médecin biologiste à la retraite.
- Auparavant : médecin biologiste dans un hôpital d'Instruction des armées pendant 6 ans, puis détaché pendant 20 ans par le Service de santé des armées comme virologiste d'abord puis comme directeur dans 3 instituts du Réseau international des Instituts Pasteur.

Liens d'intérêt

- Aucune rémunération actuelle ou dans le passé de l'industrie pharmaceutique.
- Aucun investissement financier dans une firme pharmaceutique.
- Aucune participation à des études cliniques de vaccins.

A Taïwan, le 14 juillet 2020 les Taiwan Centers for Disease Control (CDC) ont signalé 4 nouveaux cas d'encéphalite japonaise confirmés la semaine précédente, dont un bébé de 3 mois, le plus jeune cas jamais signalé à Taïwan. 

Les cas provenaient de la ville de New Taipei, de la subdivision de Bade dans la municipalité spéciale de Taoyuan, du district de Tanzih dans la municipalité spéciale de Taichung et du comté de Changhua dans la commune de Datsun. 

Ils vivaient ou travaillaient tous à proximité de rizières, d'étangs, de porcheries ou d'élevages de pigeons, qui sont des sites de reproduction idéaux pour les moustiques. Trois des patients étaient des hommes âgés de 40 à 60 ans, et l'autre est un garçon de 3 mois à Changhua Comté. 

Le nombre total de cas à Taïwan depuis le début de l'année s'élève à 13. 

C'est actuellement la saison de transmission de l'encéphalite japonaise à Taïwan et d'autres cas sont attendus. Les espèces de moustiques Culex tritaeniorhynchus et d'autres espèces de Culex connus pour être des vecteurs efficaces du virus JE se reproduisent dans les zones humides telles que les rizières. 

Rappels sur l'encéphalite japonaise

L'encéphalite japonaise  est due à un virus (JEV, Japanese encephalitis virus) de la famille des Flaviviridae. Il est transmis par des moustiques du genre Culex qui se reproduisent plus particulièrement dans les rizières inondées. Le virus circule chez les oiseaux et les porcs. Le moustique vecteur a son pic d'activité au crépuscule et à l'aube et reste actif toute la nuit.

La plupart des infections par le virus de l'encéphalite japonaise sont bénignes (fièvre et céphalées) ou sans symptômes apparents, mais environ une infection sur 250 entraîne une maladie grave caractérisée par l'apparition brusque d'une forte fièvre, de maux de tête, une raideur de la nuque, une désorientation, un coma, des crises convulsives, une paralysie pouvant entraîner le décès.

La maladie est peu fréquente chez le voyageur. Il est recommandé aux voyageurs d'utiliser une protection personnelle (vêtements couvrants imprégnés d'insecticides, utilisation de produits répulsifs anti-moustiques et de moustiquaires imprégnées).

Les recommandations vaccinales contre l'encéphalite japonaise ont été précisées dans un avis du Haut Conseil de la santé publique du 20 décembre 2013 et concernent :

  • les voyageurs amenés à séjourner en zone endémique (quelle qu'en soit la durée), avec exposition en milieu extérieur (cyclisme, camping, randonnée, travail à l'extérieur), plus particulièrement dans les zones rurales : zones où l'irrigation par inondation est pratiquée (rizières), à proximité d'élevages de porcs, en période d'épidémie (ou de circulation accrue du virus chez l'animal dans les pays à couverture vaccinale élevée chez l'homme) ;
  • les personnes expatriées dans un pays situé dans la zone de circulation du virus ;
  • toute personne dont la situation est jugée à risque par le médecin vaccinateur.

De plus, il est important de respecter les mesures individuelles de protection contre les piqûres de moustiques (répulsifs cutanés, moustiquaires et vêtements imprégnés d'insecticide).

Le schéma vaccinal consiste à administrer deux doses vaccinales de 0,5 ml à 28 jours d'intervalle chez les adultes, les adolescents et les enfants à partir de l'âge de 3 ans. Pour les enfants âgés de 2 mois à moins de 3 ans, on administre deux demi-doses (0,25 ml) à 28 jours d'intervalle.

Il est maintenant possible, chez l'adulte âgé de 18 à 65 ans, d'effectuer un schéma accéléré en deux doses administrées à 7 jours d'intervalle.

Source : Promed.