Deux nouveaux décès dus à la rage en Afrique du Sud Médecine des voyages

Publié le 5 oct. 2020 à 16h25

Biographie

- Médecin biologiste à la retraite.
- Auparavant : médecin biologiste dans un hôpital d'Instruction des armées pendant 6 ans, puis détaché pendant 20 ans par le Service de santé des armées comme virologiste d'abord puis comme directeur dans 3 instituts du Réseau international des Instituts Pasteur.

Liens d'intérêt

- Aucune rémunération actuelle ou dans le passé de l'industrie pharmaceutique.
- Aucun investissement financier dans une firme pharmaceutique.
- Aucune participation à des études cliniques de vaccins.

En Afrique du Sud le National Institute for Communicable Diseases (NICD) rapporte deux autres décès dus à la rage chez des enfants du KwaZulu-Natal.

  • Le premier cas concerne un enfant de deux ans d'Umlazi, près de Durban, qui a été admis à l'hôpital pour fatigue musculaire, hyper-salivation et paralyie. Le 31 août 2020, l'enfant a été testé positif pour la rage. Il avait été mordu au visage par un chien deux ou trois mois avant sa maladie, mais n'avait jamais reçu de prophylaxie post-exposition (PPE) contre la rage.
  • Le second cas concerne un enfant de quatre ans qui aurait été attaqué par un chien à Marianhill, dans la municipalité métropolitaine d'eThekwini en avril 2020. L'origine de ce cas de rage et l'administration éventuelle d'une PPE ne sont pas claires. L'enfant est tombé malade en août avec des symptômes tels que vomissements, manque d'appétit, maux de tête et dysphagie. Le décès est survenu le 25 août. L'analyse d'échantillons de cerveau et de peau prélèvements post-mortem a confirmé le diagnostic de rage.

L'Afrique du Sud a connu sept cas de rage humaine en 2020 à ce jour : KwaZulu-Natal (3), Eastern Cape (3) et Limpopo (1).

Rappels sur la rage.

La rage est une maladie mortelle si elle n'est pas traitée à temps. Le traitement préventif de la rage humaine est très efficace s'il est administré rapidement après le contact avec l'animal porteur.

La contamination de l'homme se fait exclusivement par un animal au contact de la salive par morsure, griffure, léchage sur peau excoriée ou sur muqueuse (œil, bouche). L'animal peut devenir contagieux 15 jours avant l'apparition des premiers symptômes de la maladie et il le reste jusqu'à sa mort. Si l'animal est en vie et ne présente pas de symptômes après une période d'observation de 15 jours à partir de la date d'exposition (morsure ou autre exposition), il n'a pas pu transmettre la rage à la personne mordue.

Pour réduire le risque de contracter la rage, il est recommandé d'éviter tout contact avec des animaux domestiques, des chauves-souris ou avec des mammifères sauvages (tous ces hôtes pouvant être infectés par le virus de la rage). En cas de morsure, de griffure ou de léchage sur une plaie :

  • Quelque soit le statut vaccinal pré-exposition contre la rage, lors de toute exposition avérée ou suspectée, il est impératif d'effectuer dans les meilleurs délais un nettoyage de la plaie à l'eau et au savon pendant 15 minutes, suivi d'un rinçage et de l'application d'un antiseptique iodé ou chloré.
  • Il faut ensuite consulter un médecin qui décidera de la nécessité ou non de réaliser un traitement antirabique vaccinal et d'administrer des immunoglobulines spécifiques antirabiques, en l'absence de vaccination pré-exposition .

La vaccination pré-exposition rage (à visée préventive) est  recommandée pour les expatriés et voyageurs à risque (randonneurs, enfants, cyclistes, spéléologues, sujets ayant des contacts avec les animaux). 

La vaccination préventive ne dispense pas d'un traitement curatif, qui doit être mis en œuvre le plus tôt possible en cas d'exposition avérée ou suspectée, mais elle simplifie le traitement et dispense du recours aux immunoglobulines, qui ne sont pas toujours disponibles dans les pays en développement. 

Pour le voyageur, des informations détaillées sont disponibles sur les sites Mesvaccins.net ou Medecinedesvoyages.net.

Source : Outbreak News Today