La Martinique signale la plus grande épidémie de dengue de la décennie Médecine des voyages

Publié le 9 oct. 2020 à 16h50

Biographie

- Médecin biologiste à la retraite.
- Auparavant : médecin biologiste dans un hôpital d'Instruction des armées pendant 6 ans, puis détaché pendant 20 ans par le Service de santé des armées comme virologiste d'abord puis comme directeur dans 3 instituts du Réseau international des Instituts Pasteur.

Liens d'intérêt

- Aucune rémunération actuelle ou dans le passé de l'industrie pharmaceutique.
- Aucun investissement financier dans une firme pharmaceutique.
- Aucune participation à des études cliniques de vaccins.

Les autorités françaises ont signalé un nombre accru de cas de dengue en Martinique au cours des derniers mois. Le nombre de cas notifiés constitue le plus grand foyer signalé sur l'île au cours de la dernière décennie. Du 4 novembre 2019 au 27 septembre 2020, 20 520 cas suspects de dengue ont été signalés en Martinique, dont huit cas graves et dix décès. 

Parmi ces cas, 7 790 cas, dont un cas grave et sept décès, ont été signalés en septembre 2020. Au cours des quatre dernières semaines (2020-36 à 2020-39), on observe une répartition spatiale des cas cliniquement évocateurs de dengue sur la quasi-totalité des communes de la Martinique.

Les informations épidémiologiques concernant les dix décès indiquent un taux de mortalité plus élevé chez les femmes (un ratio homme/femme de 0,25:1). Quatre des décès se sont produits dans la tranche d'âge de 0 à 30 ans, trois dans la tranche d'âge de 30 à 44 ans, deux dans la tranche d'âge de 45 à 64 ans et un dans la tranche d'âge de plus de 65 ans. Les principales comorbidités signalées étaient l'hypertension artérielle, l'obésité et la drépanocytose. Le virus de la dengue de sérotype 3 a été identifié dans la plupart des cas.

Les autorités françaises ont également signalé un nombre accru de cas de dengue en Guadeloupe, à Saint-Martin et à Saint-Barthélemy au cours des derniers mois. La Martinique, la Guadeloupe, Saint Martin et Saint Barthélemy sont en phase épidémique.

La circulation simultanée de plusieurs sérotypes de dengue peut augmenter le risque de manifestations cliniques plus graves de la maladie.

Conseils aux voyageurs

Il est conseillé aux voyageurs de se protéger des piqûres de moustique. Il convient de respecter les mesures habituelles de lutte anti-vectorielle :

  • de réduire le temps passé à l'extérieur pendant les heures de pointe du moustique (entre le crépuscule et l'aube) ;
  • de porter des vêtements de couleur claire avec des manches longues, pantalons et chaussettes dans les zones où les moustiques sont présents ;
  • de se protéger des piqûres de moustiques en utilisant un insectifuge contenant du DEET ; 
  • de nettoyer les gouttières et vider régulièrement les bains d'oiseaux et autres objets susceptibles de recueillir de l'eau ;
  • de s'assurer que les barils de pluie sont recouverts de moustiquaires ou qu'ils sont étroitement scellés autour du tuyau de descente des eaux de pluies ;
  • d'améliorer l'aménagement paysager pour empêcher l'eau stagnante autour de la maison.

Les personnes qui utilisent un écran solaire doivent appliquer le répulsif 20 minutes après l'écran solaire.

Afin d'éviter au maximum la dissémination du virus de la dengue sur le territoire métropolitain, devant une fièvre d'apparition brutale et des douleurs articulaires ou musculaires dans les 15 jours qui suivent le retour d'un voyage en zone à risque, il faut consulter son médecin au plus vite en signalant son voyage.


Sources : European Centre for Disease Prevention and Control (ECDC) ; Agence Régionale de la Santé, Martinique.