Mpox : les anticorps neutralisant post-infection ou post-vaccination, diminuent considérablement après deux ans
Les résultats d’une étude italienne portant sur un effectif limité qui avait pour objectif principal d’évaluer les titres d’anticorps neutralisants (AcN) spécifiques du virus de la variole du singe (MPXV) après une vaccination avec JYNNEOS (schéma à deux doses ou à une dose en cas d’antécédent de vaccination contre la variole) ou un diagnostic de Mpox vient d’être publiée dans la revue Journal of Infectious Diseases.
L’étude a inclus 90 hommes (48 ayant déjà contracté le Mpox et 42 vaccinés par le vaccin JYNNEOS) et a mesuré les AcN spécifiques du MPXV plus de deux ans après l'infection ou la vaccination. Les titres d'AcN spécifiques au MPXV avaient été précédemment évalués six mois après la vaccination ou l’infection.
À l'inclusion, l'âge médian était de 37 ans. Deux participants avaient un antécédent de vaccination contre la variole. Au total, 34 personnes vivaient avec le VIH et recevaient un traitement antirétroviral, avec un taux médian de lymphocytes CD4+ de 741 cellules/µL et une charge virale VIH-ARN < 50 copies/mL chez 30 personnes sur 34. Aucune personne n'avait un taux de CD4+ < 350 cellules/µL.
A deux ans, les AcN étaient indétectables ou à des taux faibles chez les vaccinés et les participants avec antécédent de Mpox. Aucune différence dans le pouvoir neutralisant de ces anticorps n’a été constatée entre les deux populations. Toutefois, les participants ayant déjà été infectés étaient plus susceptibles que les personnes vaccinées de conserver des anticorps détectables (33 sur 48 [68,8 %] contre 20 sur 42 [47,6 %]). A 6 mois, tous les participants ayant déjà contracté la Mpox et 88,2 % des vaccinés présentaient des AcN détectables.
Aucun cas de réinfection symptomatique par le MPXV n'a été rapporté chez les participants ayant un antécédent de Mpox, tandis que quatre cas ont été observés chez les personnes vaccinées.
Les individus présentant des AcN à des titres élevés 6 mois après un Mpox ou la vaccination étaient significativement plus susceptibles de présenter une réponse anticorps élevée deux ans plus tard. Vivre avec une infection par le VIH et souffrir d’immunodépression pour d’autres causes que le VIH n’étaient associés à aucune réponse anticorps à plus de 2 ans.
Une analyse multivariée a montré que les antécédents de vaccination antivariolique étaient associés à une réponse immunitaire plus élevée (OR = 5,73), tandis que qu’un antécédent de Mpox y était plus faiblement associée (OR = 2,08). Cela n'est pas surprenant, compte tenu de la persistance connue des anticorps post vaccination anti-variolique plusieurs décennies après la vaccination.
Les auteurs rapportent que dans leur pratique clinique, comme dans la cohorte de l’étude, la majorité nouveaux cas de Mpox sont observés chez les personnes vaccinées et non chez celles qui ont un antécédent de Mpox.
Par ailleurs, les cas de Mpox survenus chez les personnes vaccinées par JYNNEOS sont en général bénins, guérissent rapidement et ne nécessitent souvent pas d'hospitalisation, bien que la plupart des participants aient des titres d'anticorps neutralisants indétectables. Les auteurs suggèrent que chez les personnes vaccinées, les réponses immunitaires mémoire des différentes lignées humorales ou cellulaires pourrait participer à une protection, même lorsque les taux d’anticorps neutralisant sont indétectables.