La vaccination contre le VRS offre une protection de plus de 70% contre les événements thromboemboliques associés au VRS chez les adultes de plus de 65 ans, au cours de la même saison vaccinale
Les infections par les virus respiratoires, notamment le virus respiratoire syncytial (VRS), sont associées à un risque accru d'infarctus du myocarde, d'accident vasculaire cérébral ischémique et de thromboembolie veineuse. Dans un réseau de surveillance américain, environ 22 % des adultes de plus de 50 ans hospitalisés pour une infection à VRS ont présenté un événement cardiaque aigu.
La revue Emerging infectious disease vient de publier les résultats d'une étude de cohorte rétrospective qui avait pour objectif d'évaluer l'efficacité d'une dose unique de vaccin contre le VRS contre les événements thromboemboliques associés au VRS chez les bénéficiaires de Medicare âgés de plus de 65 ans vivant à domicile, au cours de la même saison que la vaccination.
L'étude a inclus des bénéficiaires du programme Medicare de plus de 65 ans au 10 septembre 2023. Le suivi a débuté le 1er octobre 2023 et s'est terminé à la date de survenue d'un événement thromboembolique associé au VRS, d'un autre événement entraînant une censure ou à la fin de l'étude (30 mars 2024), selon la première éventualité.
Un événement thromboembolique associé au VRS comprenait un infarctus du myocarde, un accident vasculaire cérébral ischémique ou une thromboembolie veineuse survenu entre 7 jours avant et 30 jours après le diagnostic de VRS. Un bénéficiaire était considéré comme non vacciné contre le VRS jusqu'à l'administration d'une dose de vaccin, et la vaccination était effective à partir de 14 jours après cette date. La période allant de la vaccination jusqu'au 13e jour suivant celle-ci a été exclue.
Les analyses ont été complétée par une évaluation de l'EV vis à vis des événements thromboemboliques jusqu'au 6 octobre 2024 (période de suivi allongée) ; une évaluation limité aux périodes de forte circulation du VRS et une évaluation vis des événements thromboemboliques toutes causes confondues, indépendamment d'un diagnostic antérieur de VRS ; et, afin de réduire les biais résiduels, des modèles intégrant la pondération par la probabilité inverse du traitement (IPTW).
La population analysée comprenait 15 558 386 bénéficiaires ; 58 % étaient des femmes, 80 % résidaient en milieu urbain et 13 % présentaient une immunodéficience.
L’efficacité de la vaccination contre le VRS (EV) pour la prévention des événements thromboemboliques associés au VRS a été estimée à :
- 79 % (IC à 95 % : 74 %–83 %) pour l’ensemble des bénéficiaires ;
- 69% (IC à 95 % : 56 %–78 %) chez les bénéficiaires immunodéprimés contre 82% (IC à 95 % : 77 %–86 %) chez les bénéficiaires immunocompétents (différence non significative) ;
- 75 % (IC à 95 % : 63 %–83 %) chez les bénéficiaires âgés de 65 à 74 ans, et 80 % (IC à 95 % : 74 %–84 %) chez les plus de 75 ans.
L'EV en fonction du délai depuis la vaccination variait peu :
- 80% (IC à 95 % : 72 %–86 %) pour un délai de 14 à 59 jours ;
- 79% (IC à 95 % : 72 %–84 %) pour un délai de 60 à 119 jours, et
- 75 % (IC à 95 % : 60 %–84 %) pour une vaccination datant de plus de 120 jours.
L'EV en fonction du vaccin utilisé ne présentait pas de différences notable (AREXVY : EV 76 % [IC à 95 % : 70 %–81 %] ; ABRYSVO: EV 85 % [IC à 95 % : 77 %–90 %]).
L’allongement de la période de suivi des événements thromboemboliques a permis d’estimer l’efficacité vaccinale (EV) à 78 % (IC à 95 % : 74 %–82 %), tandis que la limitation des analyses aux périodes de forte circulation du VRS a permis d’estimer l’EV à 79 % (IC à 95 % : 73 %–83 %).
Les estimations de l’EV du VRS contre les événements thromboemboliques toutes causes confondues, indépendamment d’un diagnostic antérieur de VRS, étaient plus faibles (EV : 21 % [IC à 95 % : 19 %–22 %]), cette différence étant attendue.
Les auteurs précisent qu'un bn biais résiduel attribuable aux différences entre les groupes vaccinés et non vaccinés pourrait persister. Le fait que l'EV contre les événements thromboemboliques toutes causes confondues était inférieure à l'EV contre les événements thromboemboliques associés au VRS, mais non nulle, pourrait suggérer une erreur de classification de l'événement ou un biais résiduel.
Les auteurs concluent que la vaccination contre le VRS offre une protection élevée contre les événements thromboemboliques associés au VRS chez les adultes de plus de 65 ans, au cours de la même saison vaccinale, et ce indépendamment du statut immunitaire, de la classe d'âge ou du vaccin anti-VRS utilisé.
Source : Wiegand RE, Sung HM, Zhang Y et al. Effectiveness of RSV Vaccines against RSV-Associated Thromboembolic Events. DOI:10.3201/eid3202.251520