Encéphalite à tique en Allemagne : actualisation des zones à risque
En Allemagne, en 2025, 693 cas d'encéphalite à tique (ET) ont été officiellement recensés, soit le deuxième chiffre annuel le plus élevé enregistré depuis le début des relevés historiques en 2001. Les données de surveillance indiquent une tendance générale à la hausse des cas d'ET, avec 686 cas en 2024, les troisième chiffre le plus élevé depuis 2001.
La majorité des personnes infectées n'étaient pas vaccinées ou l'étaient incomplètement, représentant plus de 98 % des cas cette année-là.
Un bulletin récent actualise la liste des zones considérées comme à risque de transmission de l'ET.
Les principales régions considérées comme endémiques sont la Bavière, le Bade-Wurtemberg, le sud de la Hesse, le sud-est de la Thuringe, la Saxe, le sud-est du Brandebourg et l'est de la Saxe-Anhalt.
Par ailleurs, des zones à risque isolées ont été confirmées dans certaines parties du centre de la Hesse, de la Sarre, de la Rhénanie-Palatinat, de la Basse-Saxe et de la Rhénanie-du-Nord-Westphalie.
L'Institut Robert Koch a ajouté deux nouveaux districts à la liste des zones à risque en 2026 : le district de Saxe-Nord et celui de Halle-sur-Saale, tous deux situés en Saxe-Anhalt.
Le nombre total de districts déclarés comme zones à risque s'élève ainsi à 185 à l'échelle nationale.
L'incidence présente d'importantes variations géographiques.
Figure : Zones à risque des encéphalites à tiques (n=185) colorées en fonction du niveau d’incidence au cours de la période 2021-2025.
La Bavière et le Bade-Wurtemberg enregistrent constamment un nombre élevé de cas, de nombreuses zones affichant une incidence supérieure à celle des autres Länder. Ces régions demeurent celles où la densité de cas et le risque sont les plus élevés, probablement en raison de la combinaison de leurs habitats forestiers, de populations de tiques stables et de conditions écologiques propices à l'infection.
Les Länder de l'Est (Saxe, Brandebourg et Saxe-Anhalt) sont désormais considérés comme des zones endémiques, au-delà de la région méridionale traditionnelle.
Parallèlement, dans certaines régions isolées du centre et du nord de l'Allemagne, bien que les cas soient moins fréquemment signalés, certaines zones ont également été classées à haut risque en raison de preuves de transmission locale, soulignant la nécessité d'une surveillance continue et de stratégies de prévention adaptées au niveau local.
Cette situation suggère que la maladie ne se limite pas au sud de l'Allemagne, mais s'est propagée à d'autres régions, avec une intensité spatiale variable.
L'impact du climat est un facteur important qui permet de comprendre l'évolution régionale et temporelle des maladies transmises par les tiques. Le changement climatique, avec des hivers plus doux et des saisons plus longues favorisant la survie et l'activité des tiques, pourrait contribuer à l'extension des zones à haut risque vers le nord et l'est de l'Allemagne.
La vaccination et la sensibilisation aux risques constituent un autre aspect essentiel. Une part importante de la population ignore si elle vit dans une zone à haut risque, et la couverture vaccinale reste faible dans de nombreux secteurs, ce qui peut expliquer des taux de morbidité plus élevés que prévu.
Source : Robert Koch Institut. Epidemiologisches Bulletin. 9. 2026. 26. Februar 2026