France : en 2025, le nombre de cas d'encéphalite à tiques signalés a augmenté de 53% par rapport à 2024.

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En France, en 2025, 98 cas d’encéphalite à tiques (TBE), tous diagnostiqués dans l'Hexagone, ont été notifiés, ce qui correspond à une augmentation de 53 % par rapport nombre de cas à 2024.

Sur les 98 cas, 64 étaient des hommes (sex-ratio H/F= 1,9). Les cas étaient âgés de 8 à 83 ans (moyenne 52 ans, médiane 56 ans).

Les dates de début des signes des cas signalés en 2025 s’échelonnaient d’avril à décembre 2025, avec une activité soutenue dès le mois de mai et un pic de survenue très net en juillet.

Présentation clinique

Sur les 98 patients, 80 ont présenté une forme neurologique de l’infection. La proportion de patients sans signe neurologique a augmenté progressivement depuis 2022 (6 % en 2022, 8 % en 2023, 19% en 2024, 17% en 2025), ce qui pourrait refléter une meilleure information des soignants sur la maladie et des tests diagnostiques prescrits de manière plus large.

En 2025, 84 patients sur 98 ont été hospitalisés.

Aucun décès n’a été rapporté.

Diagnostic

Quatre-vingt-neuf cas sur 98 étaient confirmés (6 PCR positive pour TBE, 13 cas avaient des IgM anti-TBE dans le liquide céphalo-rachidien, et 75 avaient des IgM et des IgG sériques) et 9 étaient probables (présence d'IgM isolées sur le sérum) selon la définition du signalement obligatoire.

Exposition à risque

Sur les 98 cas signalés, 81 avaient acquis leur infection en France, et 12 dans un pays de forte incidence d’infections à TBE : Allemagne (n=4), et Albanie, Autriche, Danemark, Finlande, Hongrie, Suède et Suisse (n=1 pour chaque pays). Cinq rapportaient une double exposition, à la fois dans un département français où le virus est présent, et dans un autre pays où le virus est présent, le plus souvent frontalier. Un cas cas avait été contaminé en Lozère, il s’agit du premier cas pour lequel l’investigation conclut à une contamination dans ce département.

Figure : Distribution de 77 cas de TBE signalés en France en 2025, et rapportant un unique département d’exposition

Quinze cas exerçaient une profession les exposant au risque de contamination par le virus TBE (éleveurs, travailleurs du secteur de la culture de végétaux ou de la filière bois, botaniste, travailleur dans le secteur des réseaux d’eau, géologue). Sur les 15 cas, 14 exerçaient leur activité professionnelle dans un département où la circulation virale est connue.

Soixante-dix cas rapportaient une piqûre de tique. Le délai entre la piqure de tique et la date de début des signes, calculable pour 29 cas, variait de 1 à 43 jours (moyenne et médiane 13 jours).

Quarante-cinq cas sur 98 rapportaient la consommation de lait cru ou de produits laitiers au lait cru, mais tous rapportant aussi des piqures de tiques, l’imputabilité du lait crue ne peut être établie.

En France, la couverture vaccinale contre le TBEV reste inconnue mais estimée très faible, limitée aux voyageurs en zone endémique et à certains professionnels exposés.

Dans le contexte de l’augmentation des cas autochtones de la TBE en France, la HAS a pour objectif de procéder à une évaluation de l’opportunité d’élaborer une recommandation vaccinale ciblée contre la TBE. L’évaluation portera, notamment, sur les populations considérées à risque d’exposition au virus TBE (par piqûres de tiques ou voie alimentaire), en tenant compte des critères de risque tels que le lieu de résidence et les activités professionnelles ou récréatives. À l’issue de cette évaluation, la HAS rendra un avis quant à la pertinence d’établir une recommandation vaccinale.

Source : Santé publique France. Bulletin. Cas d’infection par le virus de l’encéphalite à tique (TBE) signalés en France en 2025. 12 mai 2026

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