Les essais du vaccin de Sanofi-Pasteur font espérer une solution prochaine contre la dengue

Publié le 14 jan. 2015 à 11h51

Biographie

MD, PhD, ancien directeur scientifique de l’Institut de recherche biomédicale des armées (IRBA), Brétigny sur Orge, France.

Habilitation à diriger les recherches.

Enseignant à l’Ecole du Val-de-Grâce, à l’université d’Aix-Marseille, à l’Institut de formation en soins infirmiers Saint Joseph, Marseille.

Expert auprès de Santé publique France, de la Haute autorité de santé (HAS) et du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (European Centre for Disease Prevention and Control (ECDC).

Membre du Comité de protection des personnes (CPP) Sud-Ouest et Outre-mer II.

Liens d'intérêt

Absence de lien avec l’industrie pharmaceutique.

Aucune participation à des études cliniques de médicaments ou vaccins.

Déclaration établie le 2 janvier 2012, mise à jour le 21 septembre 2021.

Les résultats d'un essai mené sur des enfants en Amérique Latine, dont nous avons déjà rendu compte pour l'essentiel le 7 septembre 2014, viennent d'être publiés en intégralité dans The New England Journal of Medicine (NEJM). Après ceux des essais qui ont précédemment été effectués en Thaïlande puis dans 5 pays asiatiques, ils viennent confirmer la bonne tolérance (équivalente à celle du placébo) et l'efficacité du vaccin mis au point par Sanofi-Pasteur. Cette efficacité reste toutefois partielle (elle est mesurée à 60,8 % pour la prévention de l'infection, à 80,3 % pour celle des formes graves justifiant une hospitalisation), elle varie selon le sérotype du virus et elle est plus faible chez les sujets qui n'ont jamais été exposés à la dengue. D'autre part, certaines questions demeurent sans réponse. Elles concernent par exemple la sécurité du vaccin sur le long terme (avec le temps et la diminution des taux d'anticorps, l'immunité induite par le vaccin ne risque t'elle pas de favoriser des formes graves à l'occasion d'une infection ?), son efficacité chez les sujets déjà immuns pour l'un ou l'autre sérotype (cette immunité ne pourrait-elle pas atténuer l'effet protecteur du vaccin, que les tests disponibles ne permettent pas d'évaluer ?), ou son intérêt pour différentes populations (les voyageurs ou les militaires sans antécédents de dengue pourront-ils être efficacement protégés ?). Une question domine les autres : un vaccin se présentant avec une efficacité partielle et autant d'interrogations en suspens peut-il être dès à présent inclus dans un programme national de vaccination ?

Quoi qu'il en soit, il s'agit de la confirmation qu'il est possible de prévenir de nombreux cas de dengue, et particulièrement les cas les plus graves. Même si le vaccin testé ne peut être présenté comme totalement efficace et universel, il pourrait trouver sa place dans la lutte contre une maladie qui ne cesse de s'étendre, ou ouvrir la voie à d'autres études et candidats vaccins.

Références