Mon carnet de vaccination électronique
Pour être mieux vacciné, sans défaut ni excès

Extension d’indication du vaccin CERVARIX dans la prévention des cancers de l’anus dus à des papillomavirus

Publié le 26 sept. 2016 à 20h54

Biographie

- Qualité : Docteur en médecine, biologiste médical (DES biologie 1992).
- Activité principale : biologiste médical, médecin de centre international de vaccinations
- Spécialités médicales : microbiologie, virologie, vaccinologie.

Liens d'intérêt

- Membre de commissions et comités :
Commission des maladies infectieuses et des maladies émergentes (Haut Conseil de la santé publique, 2017- en cours)
Comité technique de vaccinations (Haut Conseil de la santé publique, 2007-2017)
Groupe vaccins (ANSM, 2016-en cours)
- Liens avec l'industrie :
DPI consultable sur le site HCSP : https://www.hcsp.fr/explore.cgi/Personne?clef=2329 Rémunérations directes par l’industrie : non.
A titre familial : aucun lien.

Deux vaccins sont commercialisés en France dans la prévention des infections à papillomavirus humains :

  • GARDASIL, vaccin quadrivalent comprenant les papillomavirus humains (HPV) 6, 11, 16 et 18 ;
  • CERVARIX, vaccin bivalent comprenant les HPV oncogènes 16 et 18.

Le vaccin GARDASIL 9, qui contient les types d'HPV oncogènes additionnels 31, 33, 45, 52 et 58 par rapport à GARDASIL, n'est pas actuellement disponible en France.

Extension des indications de CERVARIX dans la prévention des lésions précancéreuses et cancéreuses de l'anus

L'Agence européenne des médicaments a notifié en août 2016 une extension d'indication dans la prévention des lésions précancéreuses et des cancers de l'anus du vaccin CERVARIX. GARDASIL avait obtenu cette indication en mars 2014. Toutefois, l'indication pour la prévention des verrues génitales (condylomes acuminés) est autorisée exclusivement pour GARDASIL.

Une description des infections à papillomavirus humains et de leur prévention est disponible ici. Les HPV de types 16 et 18 sont estimés être responsables de 90 % des cancers anaux et de 78 % des néoplasies intraépithéliales anales de haut grade.

L'extension des indications du CERVARIX a été acquise sur la base de données d'immunogénicité obtenues au cours d'études menées chez des filles âgées de 9 à 14 ans et chez des femmes âgées de 18 à 45 ans. La réponse immunitaire avec CERVARIX était non inférieure, voire supérieure par comparaison avec celle observée avec le vaccin référent (GARDASIL) et pour lequel les données d'efficacité sur les lésions précancereuses anales avaient montré une protection.

Sur le plan pratique, les recommandations du vaccin GARDASIL ou CERVARIX 

Selon le calendrier vaccinal 2016, la vaccination contre les papillomavirus est recommandée pour toutes les jeunes filles âgées de 11 à 14 ans, avec un rattrapage chez les jeunes filles et les jeunes femmes entre 15 et 19 ans. Dans ce cas, le vaccin CERVARIX ou GARDASIL peut être administré, sans que ces vaccins soient interchangeables dans lerus schémas vaccinaux respectifs.

Chez les personnes immunodéprimées, la vaccination contre les infections à HPV est recommandée chez les personnes masculines et féminines.

Par ailleurs, la vaccination est recommandée jusqu'à l'âge de 26 ans chez les hommes ayant eu ou ayant des relations sexuelles avec les hommes. Selon l'avis du Haut Conseil de la santé publique du 19 février 2016, cette recommandation concernait uniquement le vaccin GARDASIL. Le vaccin CERVARIX n'ayant pas d'indication pour la prévention des verrues génitales, seul le vaccin GARDASIL reste recommandé chez les hommes ayant des relations sexuelles avec les hommes.

Il semble que le laboratoire pharmaceutique commercialisant GARDASIL n'ait pas encore déposé de dossier pour cette recommandation auprès de la Haute autorité de santé, en vue d'obtenir son remboursement par l'assurance maladie.

Source : Agence européenne des médicaments (European Medicines Agency).


Maladie : Papillomavirus

Vaccins : CERVARIX GARDASIL

Référence principale :