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Le point sur la varicelle au Yemen Médecine des voyages

Publié le 12 nov. 2018 à 16h44

Biographie

- Médecin biologiste à la retraite.
- Auparavant : médecin biologiste dans un hôpital d'Instruction des armées pendant 6 ans, puis détaché pendant 20 ans par le Service de santé des armées comme virologiste d'abord puis comme directeur dans 3 instituts du Réseau international des Instituts Pasteur.

Liens d'intérêt

- Aucune rémunération actuelle ou dans le passé de l'industrie pharmaceutique.
- Aucun investissement financier dans une firme pharmaceutique.
- Aucune participation à des études cliniques de vaccins.

Les médias font état d'un nombre croissant de cas de varicelle dans les zones côtières du gouvernorat de Hajjah au Yémen, ainsi que dans les camps de réfugiés.

En date du 26 octobre 2018 il y a eu 485 cas rapportés. Ces cas signalés sont basés sur le diagnostic clinique et répondent à la définition de cas suspect.

Vingt et un sur les 23 gouvernorats font état de cas de varicelle.

Rappels sur la varicelle :

La varicelle est une maladie infantile éruptive fréquente, et très contagieuse. Elle est due à l'infection par le virus de la varicelle, appelé VZV pour Varicelle-Zona Virus. Elle touche essentiellement l'enfant dans plus de 90 % des cas, et est le plus souvent bénigne. Les formes adultes sont plus rares mais plus graves. 

Le virus varicelle-zona est transmis par voie respiratoire au contact d'un patient contagieux ayant la varicelle. Après une incubation de deux semaines environ, il se produit une fièvre peu élevée suivie d'une éruption cutanée faite de macules et de vésicules claires puis troubles. Ces lésions apparaissent sur tout le corps (face, thorax, abdomen…) et se transforment en croûtes avant de disparaitre. 

Chez l'enfant, les complications graves sont exceptionnelles et la guérison se fait spontanément sans traitement en une dizaine de jours environ.

Chez la femme enceinte et le nouveau né, des complications sont possibles, justifiant des précautions particulières. Il en est de même chez les personnes immunodéprimées, qui doivent éviter tout contact avec un enfant atteint de varicelle.

Cette épidémie nous permet de rappeler les recommandations françaises : 

Le protocole vaccinal comporte deux doses avec un intervalle d'au moins un mois entre la 1ère et la 2ème dose.

Pas de recommandation générale de vaccination contre la varicelle en France :

Dans son avis du 5 juillet 2007, le Haut conseil de la santé publique n'a pas recommandé, dans une perspective de santé publique, la vaccination généralisée contre la varicelle des enfants à partir de l'âge de 12 mois.

Les recommandations particulières :

La vaccination contre la varicelle est recommandée pour : 

  • les adolescents de 12 à 18 ans n'ayant pas d'antécédent clinique de varicelle ou dont l'histoire est douteuse ; un contrôle sérologique préalable peut être pratiqué dans ce cas ; 
  • les femmes en âge de procréer, notamment celles ayant un projet de grossesse, et sans antécédent clinique de varicelle ; un contrôle sérologique préalable peut être pratiqué ; 
  • les femmes n'ayant pas d'antécédent clinique de varicelle (ou dont l'histoire est douteuse) dans les suites d'une première grossesse ; 
  • les adolescents à partir de 12 ans et les adultes exposés à la varicelle, immunocompétents sans antécédent de varicelle ou dont l'histoire est douteuse (le contrôle de la sérologie étant facultatif), dans les 3 jours suivant l'exposition à un patient avec éruption ; 
  • toute personne sans antécédent de varicelle (ou dont l'histoire est douteuse) et dont la sérologie est négative, en contact étroit avec des personnes immunodéprimées (les sujets vaccinés doivent être informés de la nécessité, en cas de rash généralisé, d'éviter les contacts avec les personnes immunodéprimées pendant 10 jours) ; 
  • les enfants candidats receveurs, dans les 6 mois précédant une greffe d'organe solide, sans antécédent de varicelle (ou dont l'histoire est douteuse) et dont la sérologie est négative, (une surveillance du taux d'anticorps après la greffe est recommandée).

Toute vaccination chez une jeune femme en âge de procréer doit être précédée d'un test négatif de grossesse et, selon les données de l'AMM (autorisation de mise sur le marché), une contraception efficace de 3 mois est recommandée après chaque dose de vaccin. 

Les recommandations ou les contre-indications à la vaccination contre la varicelle des  personnes immunodéprimées ou aspléniques font l'objet de schémas spécifiques.

Les recommandations professionnelles

La vaccination contre la varicelle est recommandée pour les personnes sans antécédent de varicelle (ou dont l'histoire est douteuse) et dont la sérologie est négative, qui exercent les professions suivantes : 

  • professionnels en contact avec la petite enfance (crèches et collectivités d'enfants notamment) ; 
  • professions de santé en formation (à l'entrée en première année des études médicales ou paramédicales), à l'embauche ou à défaut déjà en poste, en priorité dans les services accueillant des personnes à risque de varicelle grave (immunodéprimés ou hospitalisées en service de gynéco-obstétrique, de néonatologie, de pédiatrie, de maladies infectieuses ou de néphrologie). 

Les personnes vaccinées seront informées de la nécessité d'une éviction de 10 jours en cas de rash généralisé.

Les recommandations pour les voyageurs

Il n'y a pas de recommandation spécifique mais il faut veiller à bien appliquer les recommandations nationales. Chez l'adulte non immunisé, l'immunodéprimé, la femme enceinte ou le nouveau-né, le séjour en zone épidémique peut être déconseillé.

Source : Promed.


Maladie : Varicelle

Vaccins : VARILRIX VARIVAX

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