Deux nouveaux cas humains de rage en Malaisie Médecine des voyages

Publié le 18 mar. 2021 à 17h38

Biographie

- Médecin biologiste à la retraite.
- Auparavant : médecin biologiste dans un hôpital d'Instruction des armées pendant 6 ans, puis détaché pendant 20 ans par le Service de santé des armées comme virologiste d'abord puis comme directeur dans 3 instituts du Réseau international des Instituts Pasteur.

Liens d'intérêt

- Aucune rémunération actuelle ou dans le passé de l'industrie pharmaceutique.
- Aucun investissement financier dans une firme pharmaceutique.
- Aucune participation à des études cliniques de vaccins.

Le ministère de la Santé de Malaisie (MOH) a signalé deux nouveaux cas confirmés de rage chez les humains au Sarawak. Les deux patients sont décédés.

  • Le premier cas de rage était un homme de 52 ans. Il a nié avoir été mordu ou griffé par des chiens ou d'autres mammifères. Cependant, il a été en contact avec un chien de compagnie dans le quartier de sa maison le 17 octobre 2020 après que le chien ait mordu deux (2) ouvriers. Le 31 janvier 2021, il a été soigné et admis dans un service de l'hôpital de Sibu pour douleur thoracique, engourdissement de la main droite, vomissements et essoufflement. Son état de santé s'est détérioré au point de nécessiter une assistance respiratoire le 5 février 2021. Le défunt est décédé le 8 février 2021. Le diagnostic a été confirmé positif pour la rage grâce à un test de laboratoire effectué par Universiti Malaysia Sarawak (UNIMAS) le 6 février 2021. Pendant ce temps, les deux travailleurs qui ont été mordus par le chien ont reçu un traitement initial et sont toujours sous surveillance.
  • Le deuxième cas était un homme de 54 ans. Le 5 mars 2021, il a été référé à l'hôpital général du Sarawak (HUS) avec des symptômes de faiblesse dans les jambes, des douleurs dans tout le corps, de la fièvre, des nausées et une perte d'appétit. Son état de santé s'est détérioré au point d'avoir besoin d'un respirateur le 7 mars 2021. Il a été mordu par son chien de compagnie le 26 décembre 2020 sur la poitrine alors qu'il manipulait le chien. Le même jour, ce chien a été prélevé par l'Autorité Locale (PBT) pour éradication mais aucun échantillon pour le test de la rage n'a été prélevé. La victime n'a également pas reçu de traitement après avoir été mordu. Le résultat du test PCR sur un échantillon de salive qui a été réalisé à l'UNIMAS le 7 mars 2021 était positif. Le patient est décédé le 7 mars 2021.

Une épidémie de rage touche le Sarawak depuis le mois de juillet 2017 où 4 enfants sont morts de la rage dans le district de Serian. A ce jour, le nombre cumulé de cas de rage est de 33. Depuis 2017, l’épidémie de rage semble s’être étendue à l’ensemble du Sarawak. D’après la presse reprenant les commentaires des autorités en 2019, seul le district de Limbang n’était pas touché. Les autorités de l'état estiment que la rage s’est propagée à partir du Kalimatan voisin et qu’elle s’est étendu dans l'état du fait de mouvements non contrôlés de chiens.

Les recommandations pour les voyageurs

La vaccination contre la rage est recommandée pour les voyageurs dont le séjour est prolongé ou aventureux et en situation d’isolement dans des zones à haut risque (Asie, Afrique dont Afrique du Nord, Amérique du Sud). Elle est recommandée en particulier chez les jeunes enfants dès l’âge de la marche. En effet, ceux-ci ont un risque plus élevé d’exposition par morsure ou par contact mineur passé inaperçu (léchage sur peau excoriée, griffure...).

La vaccination préventive ne dispense pas d’un traitement curatif (deux injections de rappel), qui doit être mis en œuvre le plus tôt possible en cas d’exposition avérée ou suspectée, mais elle simplifie le traitement et dispense du recours aux immunoglobulines, qui ne sont pas toujours disponibles dans les pays en développement.

Il est en outre recommandé aux voyageurs se rendant en zone d’endémie d’éviter tout contact avec des animaux errants ou au comportement suspect.

Pour les voyageurs chez lesquels la vaccination antirabique préventive est recommandée ou ayant déjà reçu une série de vaccination post-exposition, le HCSP (avis du 22 février 2013) recommande de suivre les recommandations de l'OMS de 2010 et ne plus proposer un rappel à 1 an puis tous les 5 ans, sous réserve de la possibilité d'une revaccination rapide avec une première dose délivrée après exposition et une autre dose à J3. L'administration d'immunoglobulines antirabiques n'est pas indiquée dans un tel cas.

Source : Outbreak News Today.