Selon une étude, avancer l'âge de la vaccination permettrait d'améliorer la couverture vaccinale vis à vis des papaillomavirus
Aux Etats-Unis, les CDC (Centres pour le contrôle et la prévention des maladies) autorisent la vaccination contre le HPV à partir de l'âge de 9 ans, mais la recommandent à partir de 11 ou 12 ans. L’American Academy of Pediatrics et l’American Cancer Society recommandent ce vaccin pour les enfants âgés de 9 à 12 ans.
Dans un essai contrôlé randomisé par grappe, 31 cliniques du Colorado et de Californie ont été réparties de manière aléatoire pour commencer à recommander la vaccination contre les papillomavirus (HPV) soit à 9 et 10 ans (16 cliniques), soit à 11 et 12 ans (15 cliniques). Tous les cliniciens ont bénéficié d’une formation sur les moyens de favoriser la vaccination contre le HPV ; ceux du groupe expérimental ont, en outre, reçu une formation spécifique sur la manière d’aborder la question d’une vaccination plus précoce avec les parents. Au total, plus de 62 000 enfants et adolescents ont fréquenté ces cabinets au cours de la période d’étude de 5 ans, s’étendant de 2021 à 2026
Les enfants suivis dans les cabinets du groupe « 9-10 ans » ont terminé le schéma vaccinal contre le HPV avec un an d’avance par rapport à ceux suivis dans les cabinets du groupe « 11-12 ans » (âge médian à la fin du schéma : 12,2 ans contre 13,3 ans).
À l’âge de 13 ans, plus de 77 % des enfants ayant reçu une proposition de vaccination contre le HPV à l'âge de 9-10 ans avaient reçu au moins une dose, et 62 % avaient reçu les deux doses. En comparaison, ces taux étaient respectivement de 67 % et 45 % chez les enfants à qui la vaccination avait été proposée plus tard.
Après ajustement en fonction des facteurs de confusion, les auteurs ont constaté que les enfants et les adolescents étaient plus de deux fois plus susceptibles d’entamer (rapport de risque ajusté [HR ajusté] = 2,52 ; IC à 95 % : 1,93–3,27) et de terminer (HR ajusté = 2,85 ; IC à 95 % : 2,12–3,83) le schéma vaccinal contre le HPV lorsque les cabinets médicaux commençaient à le recommander dès l’âge de 9 ou 10 ans.
Les préoccupations, les réticences, les hésitations ou, au contraire, l’acceptation des parents ne semblaient pas vraiment différer entre les groupes. Les praticiens ont indiqué que leurs échanges avec les familles étaient plus brefs lorsqu’ils proposaient la vaccination à un âge plus précoce.
La principale objection à la vaccination contre le HPV à l'âge de 9 ou 10 ans provenait de parents qui avaient assuré à leurs enfants qu'aucune injection n'aurait lieu lors de la consultation, les parents souhaitant être prévenus à l'avance.
Les auteurs notent que proposer le vaccin contre le HPV plus tôt permet aux enfants de recevoir moins d’injections lors d’une même visite (À 11 ou 12 ans, les enfants doivent recevoir les vaccins contre la diphtérie, le tétanos et la coqueluche, ainsi que contre les méningocoques, ce qui augmente le risque que la vaccination contre le HPV soit omise lors de ces consultations), et qu'une vaccination précoce permet peut-être de mieux présenter le vaccin contre le HPV comme un moyen de prévenir le cancer, plutôt que comme un sujet nécessairement lié à la sexualité.
Dans un contexte où la cible d'une couverture vaccinale (CV) d'au moins 90% n'est pas atteinte (aux Etats-Unis, 78,2 % des adolescents âgés de 13 à 17 ans ont reçu une ou plusieurs doses du vaccin contre le HPV entre 2022 et 2024, et 62,9 % ont déclaré avoir reçu les deux doses), avancer l'âge de la vaccination contre les HPV pourrait améliorer la CV.
Source : O’Leary ST, et al. Impact of switching human papillomavirus (HPV) vaccine initiation to ages 9-10 on vaccination coverage: results of a cluster randomized controlled trial. Présenté lors de l’IDWeek, du 21 au 24 octobre 2026, à Washington. (CIDRAP, Healio)