Le nombre de cas de grippe A(H7N9) augmente alors que l’origine du virus reste mystérieuse

Publié le 12 avr. 2013 à 16h16

Biographie

MD, PhD, ancien directeur scientifique de l’Institut de recherche biomédicale des armées (IRBA), Brétigny sur Orge, France.

Habilitation à diriger les recherches.

Enseignant à l’Ecole du Val-de-Grâce, à l’université d’Aix-Marseille, à l’Institut de formation en soins infirmiers Saint Joseph, Marseille.

Expert auprès de Santé publique France, de la Haute autorité de santé (HAS) et du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (European Centre for Disease Prevention and Control (ECDC).

Membre du Comité de protection des personnes (CPP) Sud-Ouest et Outre-mer II.

Liens d'intérêt

Absence de lien avec l’industrie pharmaceutique.

Aucune participation à des études cliniques de médicaments ou vaccins.

Déclaration établie le 2 janvier 2012, mise à jour le 21 septembre 2021.

Le 11 avril, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) déclarait que 38 personnes ont été infectées par le virus de la grippe A(H7N9) qui a émergé voici à peine quelques semaines en Chine ; 10 sont mortes de cette infection alors que 20 se trouvent encore dans un état très préoccupant. Plus de 700 personnes qui se sont trouvées en contact avec les cas diagnostiqués sont placés sous surveillance attentive.

Les cas sont apparus dans 11 villes de l'Est du pays (régions de Shanghai, Jiangsu, Zhejiang), où on a procédé à l'abattage massif de volailles, suspectées d'être la source de la transmission. Cependant, parmi les cas humains recensés, on en dénombre à présent plusieurs qui ne semblent pas avoir eu de contact avec ces animaux. Bien qu'un virus très proche de celui qui infecte les malades ait été isolé chez des poulets, des pigeons et des canards, tous domestiques, prélevés sur les marchés de Shanghai and Hangzhou, à présent fermés, on n'est pas encore en mesure d'affirmer que ces volatiles sont à l'origine de l'épidémie. En fait, d'après les premières analyses génétiques, le virus qui infecte l'homme serait le produit d'un réassortiment entre des virus appartenant à 3 groupes de virus aviaires déjà connus, et il n'a jamais été isolé chez des oiseaux sauvages, contrairement à ce qui a pu être annoncé précédemment. Alors qu'il ne semble toujours pas y avoir de transmission d'homme à homme et que les virus isolés sont sensibles aux antiviraux dont on dispose, les spécialistes restent très attentifs en raison de la multiplication rapide de cas en plusieurs endroits, et de la présence dans le génome du virus de mutations déjà identifiées dans la souche de virus aviaire A(H5N1). Ces mutations pourraient permettre la transmission interhumaine du virus et l'atteinte des voies respiratoires inférieures.

Pour l'heure, l'OMS ne demande aucun contrôle des déplacements des personnes ou des denrées.

Sources : ProMed (11 avril 2013, Volume 164).