Grippe A/H7N9 : encore des cas et des interrogations

Publié le 21 avr. 2013 à 22h33

Biographie

MD, PhD, ancien directeur scientifique de l’Institut de recherche biomédicale des armées (IRBA), Brétigny sur Orge, France.

Habilitation à diriger les recherches.

Enseignant à l’Ecole du Val-de-Grâce, à l’université d’Aix-Marseille, à l’Institut de formation en soins infirmiers Saint Joseph, Marseille.

Expert auprès de Santé publique France, de la Haute autorité de santé (HAS) et du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (European Centre for Disease Prevention and Control (ECDC).

Membre du Comité de protection des personnes (CPP) Sud-Ouest et Outre-mer II.

Liens d'intérêt

Absence de lien avec l’industrie pharmaceutique.

Aucune participation à des études cliniques de médicaments ou vaccins.

Déclaration établie le 2 janvier 2012, mise à jour le 21 septembre 2021.

Le 20 avril, les autorités chinoises ont annoncé que le nombre de cas de grippe due au nouveau virus A/H7N9 avait atteint 96, et que 18 malades n'avaient pas survécu à leur infection. Les derniers cas recensés sont apparus dans des foyers déjà identifiés, ceux de Shanghai (33 cas et 11 décès depuis le début de l'épidémie), Jiangsu et Zhejiang. Neuf malades sont considérés comme guéris et ont quitté l'hôpital, alors que 69 sont toujours sous traitement dans des établissements dotés de moyens spécifiques.

Parallèlement, les constatations, encore incomplètes, effectuées depuis l'apparition du virus posent des questions qui n'ont pas encore de réponse. Alors que plusieurs arguments indiquent une origine aviaire du virus, on s'étonne de n'en trouver la trace que chez un petit nombre des oiseaux domestiques et volailles qui ont été prélevés sur les marchés des provinces touchées par l'épidémie (parmi 48.000 échantillons prélevés sur 1.000 volailles, seuls 39 se sont révélés positifs pour le virus). D'autre part, 40 % des patients identifiés ne semblent pas avoir eu de contact avec des oiseaux ou volailles, vivants ou morts, dans les jours précédant la manifestation de leur infection, alors que la surveillance des sujets contacts permet toujours de considérer qu'il n'y a pas de transmission interhumaine efficace. La source du virus qui aurait pu contaminer les oiseaux d'élevage pour se propager ensuite à l'homme reste également mystérieuse : d'après les déclarations faites par les autorités chinoises, le virus qui infecte l'homme n'a été retrouvé à ce jour ni chez des oiseaux sauvages, ni chez des mammifères qui auraient pu servir d'hôtes intermédiaires, comme les porcs.

Enfin, alors que souvent les nouveaux virus grippaux affectent plus particulièrement les sujets jeunes (c'est le cas du virus A/H5N1 pour lequel la moyenne d'âge des malades s'établit à 27 ans), la moyenne d'âge calculée sur les patients infectés par A/H7N9 est de plus de 60 ans. A ce stade, on ne peut pas affirmer que cette différence se maintiendra, et plusieurs explications peuvent lui être données.