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Vaccination contre la poliomyélite : l'Organisation mondiale de la santé met à jour les recommandations vaccinales internationales

Publié le 12 août 2017 à 07h43

Biographie

Médecin retraité, spécialisé en médecine des voyages. Membre de la Société de médecine des voyages ( depuis 2000) Formateur en vaccinologie et médecine des voyages (depuis 2000)

Liens d'intérêt

Absence de lien d’intérêt avec les firmes pharmaceutiques

Cet article est assez technique. Nous recommandons aux lecteurs intéressés de lire d'abord cet article sur la poliomyélite et sa vaccination.

La quatorzième réunion du Comité d'urgence s'est déroulée le 3 juillet 2017 sous la houlette de l'Organisation mondiale de la santé. Ce comité, qui se réunit conformément au Règlement sanitaire international 2005, avait pour objet de faire le point sur la propagation internationale du poliovirus. Le rapport final de cette réunion a été publié le 9 juillet 2017.

A. Le Comité d'urgence a examiné les données sur les poliovirus sauvages de type 1 (PVS1) et sur les poliovirus dérivés de la souche vaccinale de type 1 ou 2 (PVDVc1 ou PVDVc2)

1. Poliovirus sauvages de type 1 (PVS1)

  • Le Pakistan a vu le nombre de cas diminuer à seulement trois jusqu'à présent en 2017. Le poliovirus sauvage de type 1 est toujours répandu dans l'environnement. Cependant, l'intensification de la surveillance environnementale dans le pays augmente la probabilité de détection du virus par rapport aux années précédentes. Le Comité a noté que l'accessibilité au vaccin s'est considérablement améliorée et que la qualité des activités supplémentaires de vaccination a augmenté.
  • En Afghanistan, le nombre d'enfants inaccessibles à la vaccination continue à diminuer. Cependant, depuis la dernière réunion du comité, de nouveaux cas d'infection par le poliovirus sauvage se sont produits dans les provinces de Kandahar et Hilmand, soulignant que la région sud continue d'avoir des poches d'enfants malades chroniques non atteints par le programme de lutte contre la poliomyélite.
  • A la frontière entre l'Afghanistan et le Pakistan, le niveau de coopération à la frontière internationale entre les deux pays est très bon. Le principal défi est celui des réservoirs communs de poliovirus entre les deux pays, dans lesquels il existe des populations mobiles à haut risque telles que les groupes nomades, les populations locales qui chevauchent la frontière, les travailleurs saisonniers et leurs familles et les réfugiés (officiels et informels). Le comité a exhorté ls deux pays à poursuivre et intensifier les activités bilatérales d'éradication de la poliomyélite.
  • Au Nigéria, il n'y a pas détection de nouveaux cas de poliovirus sauvages de type 1 depuis août 2016. Mais il reste une population importante dans l'État de Borno totalement ou partiellement inaccessible, qui inclut environ 250.000 enfants. Il existe un risque élevé que les poliovirus circulent encore dans ces zones inaccessibles. L'atteinte de ces populations est d'une importance cruciale pour l'éradication de la poliomyélite, mais il est reconnu qu'il y a  d'importants risques pour la sécurité des travailleurs et des volontaires du programme d'éradication de la poliomyélite. Le Nigéria a déjà adopté des approches novatrices et multiples pour ce problème, et ces innovations devraient être poursuivies. Le Nigéria a également rendu compte des efforts en cours pour assurer la vaccination aux frontières internationales et autres points de transit.
  • Dans la région du bassin du lac Tchad et pour tous les pays touchés par l'insurrection, la désorganisation des services publics et la présence de déplacés internes et de réfugiés favorisent la diffusion des poliovirus. Le risque de propagation internationale à partir du Nigéria vers les pays du bassin du lac Tchad ou plus loin dans l'Afrique subsaharienne reste élevé.
  • Les pays du bassin du lac Tchad, y compris le Nigéria, le Cameroun, le Tchad, le Niger et la République centrafricaine continuent de s'engager dans la coordination sous-régionale des activités de vaccination et de surveillance. Cependant, des lacunes importantes dans l'immunité de la population existent dans les zones frontalières avec l'État de Borno.

2. Poliovirus dérivés de la souche vaccinale de type 1 ou 2 (PVDVc1 ou PVDVc2)

De nouvelles épidémies de poliovirus dérivés de la souche vaccinale de type 2 (PVDVc2) sont survenues en République Démocratique du Congo et en Syrie. Elles traduisent l'existence de populations vulnérables insuffisamment immunisées dans des zones inaccessibles en raison d'un conflit ou d'un éloignement géographique. En outre, le retard dans la détection de ces épidémies illustre que de graves lacunes dans la surveillance de la poliomyélite. Ces lacunes sont souvent liées à des conflits et à un mauvais fonctionnement du système de santé.

Des mesures ont été prises au Liban, en Jordanie et en Turquie pour empêcher l'importation de la poliomyélite par des réfugiés syriens.

Le comité a exhorté tout pays recevant des réfugiés syriens, en particulier de Deir-Ez-Zor et  Raqqa, à assurer la vaccination antipoliomyélitique.

B. Conclusion et recommandations temporaires

Le risque de propagation internationale du poliovirus demeure une urgence de santé publique. Les recommandations temporaires sont révisées pour trois mois supplémentaires.

En mai 2017, l'OMS a révisé la catégorisation des pays pour prendre en compte la situation spécifique des souches de poliovirus vaccinal de type 2. En effet, le dernier cas de poliomyélite causé par un poliovirus de type 2 a été détecté dans le nord de l'Inde en 1999. En septembre 2015, l'éradication du virus poliomyélitique sauvage de type 2 a été déclarée. L'utilisation du vaccin vivant atténué oral de type 2 au sein du vaccin trivalent (contenant également les poliovirus 1 et 3) entrainait donc un risque de circulation de poliovirus de type 2 dérivé de la souche vaccinale (cVDPV2), virus pouvant causer une poliomyélite paralytique. C'est pourquoi les 155 pays ou territoires utilisant le vaccin vivant trivalent ont simultanément abandonné ce vaccin pour utiliser un vaccin poliomyélitique oral bivalent, tout en renforçant la surveillance de la vaccination contre la poliomyélite et la surveillance virologique pour mieux détecter la circulation du poliovirus de type 2 chez l'homme ou dans l'environnement. Toute détection d'une souche vaccinale de type 2 est désormais considérée comme une menace pour la santé publique et nécessite une réponse rapide et coordonnée des autorités de santé. Cette réponse peut notamment comporter la vaccination rapide de la population concernée avec un vaccin vivant atténué oral de type 2 monovalent contre la poliomyélite (mOPV2). Cette vaccination étant elle-même associée au risque d'émergence d'un poliovirus de type 2 d'origine vaccinale dans l'environnement ou la population, le vaccin mOPV2 doit être utilisé selon des règles strictes dans un territoire bien défini.

Auparavant, les trois catégories étaient les suivantes : 1) pays infectés par un poliovirus sauvage ou dérivé de la souche vaccinale exportateurs, 2) pays infectés par un poliovirus sauvage ou dérivé de la souche vaccinale mais non exportateurs et 3) pays qui ne sont plus infectés par un poliovirus sauvage ou vaccinal mais qui restent vulnérables à une propagation internationale. Les nouvelles catégories établies par l'OMS sont les suivantes : 1) pays infectés par des poliovirus sauvages de type 1 (PVS1) ou par des poliovirus dérivés de la souche vaccinale de type 1 ou 3 (PVDVc1 ou PVDVc3) avec risque potentiel de propagation internationale , 2) pays infectés par les poliovirus dérivés de la souche vaccinale de type 2 (PVDVc2) avec risque potentiel de propagation internationale et 3) pays qui ne sont plus infectés par le poliovirus sauvage ou vaccinal mais qui restent vulnérables à la propagation internationale et pays à risque pour l'émergence et la circulation du poliovirus vaccinal.

1. Pays infectés par des poliovirus sauvages de type 1 (PVS1) ou par des poliovirus dérivés de la souche vaccinale de type 1 ou 3 (PVDVc1 ou PVDVc3), avec risque potentiel de propagation internationale (Pakistan, Afghanistan, Nigéria)

Les recommandations sont les suivantes :

  • Pour un voyage international, tous les résidents et les visiteurs de longue durée (c'est-à-dire pour un séjour d'une durée supérieure à quatre semaines) de tous âges, doivent recevoir une dose de vaccin oral antipoliomyélitique bivalent contenant les poliovirus de types 1 et 3 (bVPO) ou de vaccin antipoliomyélitique inactivé (VPI, qui contient les trois types de poliovirus) entre quatre semaines et 12 mois avant le départ.
  • Pour les voyages en urgence (à savoir dans un délai de quatre semaines ou moins, le voyageur qui n'a pas reçu une dose de bVPO ou de VPI dans les quatre semaines précédentes à 12 mois, doit recevoir une dose de vaccin contre la polio au moins au moment du départ.
  • Un certificat international de vaccination ou de prophylaxie dans la forme indiquée à l'annexe 6 du Règlement sanitaire international est nécessaire pour enregistrer la vaccination.
  • Il faut limiter au point de départ le voyage international de tout résident qui présente un défaut de vaccination contre la poliomyélite (une preuve documentaire de la vaccination est nécessaire). Ces recommandations s'appliquent aux voyageurs internationaux de tous les points de départ, indépendamment des moyens de transport (route, air ou mer).
  • Ces mesures seront maintenues jusqu'à ce que les critères suivants aient été respectés : au moins six mois sans nouvelles infections, documentation sur l'application complète d'activités d'éradication de haute qualité dans toutes les zones infectées et à risque élevé.
  • Un rapport régulier sur la mise en œuvre des Recommandations temporaires sur les voyages internationaux doit être remis au Directeur général de l'Organisation mondiale de la santé. 

2. Pays infectés par les poliovirus dérivés de la souche vaccinale de type 2 (PVDVc2), avec risque potentiel de propagation internationale (République Démocratique du Congo, Nigéria, Pakistan et Syrie)

  • La définition de cette catégorie répond à la nécessité de mettre en place des mesures spécifiques devant la survenue de cas d'infection par le virus poliomyélitique de type 2 (voir ci-dessus), pouvant notamment nécessiter une vaccination de la population par le vaccin monovalent atténué de type 2 contre la poliomyélite (mOPV2).
  • Il faut encourager les résidents et les visiteurs de longue durée à recevoir une dose de vaccin antipoliomyélitique inactivé (VPI) quatre semaines à 12 mois avant le voyage international. Ceux qui entreprennent un voyage d'urgence devraient être incités à recevoir une dose au moins au moment du départ. Le vaccin polio oral bivalent n'est pas recommandé dans cette situation.
  • La vaccination doit être enregistrée sur un document approprié pour enregistrer le statut vaccinal.

3. Pays qui ne sont plus infectés par le poliovirus sauvage ou vaccinal, mais qui restent vulnérables à la propagation internationale et États à risque pour l'émergence et la circulation du poliovirus vaccinal

Pour le poliovirus sauvages de type 1 il s'agit du Cameroun (PSV1, dernier cas le 14 juin 2014), du Niger (dernier cas le 15 novembre 2012), du Tchad (dernier cas le 14 juin 2012) et de la République Centrafricaine (dernier cas le 8 décembre 2011).

Pour les poliovirus dérivés de la souche vaccinale, il s'agit de l'Ukraine (dernier cas le 7 juillet 2015), de Madagascar (dernier cas le 22 août 2015), du Myanmar (dernier cas le 5 octobre 2015), de la Guinée (dernier cas le 14 décembre 2015) et du Laos (dernier cas le 11 janvier 2016).

Ces pays devraient :

  • Renforcer de façon urgente la vaccination de routine pour stimuler l'immunité de la population.
  • Améliorer la qualité de la surveillance pour réduire le risque de transmissions non détectées, en particulier parmi les populations mobiles et vulnérables à haut risque.
  • Intensifier les efforts pour assurer la vaccination des populations mobiles et transfrontalières, des personnes déplacées, des réfugiés et d'autres groupes vulnérables.
  • Améliorer la coopération régionale et la coordination transfrontalière pour assurer le dépistage rapide d'une infection et la vaccination des groupes de population à haut risque.
  • Maintenir ces mesures avec la documentation de l'application complète des activités de surveillance et de vaccination de haute qualité.

Le système expert de MesVaccins.net et l'information personnalisée délivrée par MesVaccins.net ont été mis à jour pour chaque pays concerné.

Source : Organisation mondiale de la santé.


Maladie : Poliomyélite

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