Augmentation des cas de diphtérie dans les centres d'accueil pour migrants en Europe Médecine des voyages

Publié le 9 oct. 2022 à 16h01

Biographie

- Médecin biologiste à la retraite.
- Auparavant : médecin biologiste dans un hôpital d'Instruction des armées pendant 6 ans, puis détaché pendant 20 ans par le Service de santé des armées comme virologiste d'abord puis comme directeur dans 3 instituts du Réseau international des Instituts Pasteur.

Liens d'intérêt

- Aucune rémunération actuelle ou dans le passé de l'industrie pharmaceutique.
- Aucun investissement financier dans une firme pharmaceutique.
- Aucune participation à des études cliniques de vaccins.

Au 26 septembre 2022, 92 cas de diphtérie chez des migrants, dont un mortel, ont été signalés cette année par sept pays européens - Autriche, Allemagne, Royaume-Uni, Norvège, Belgique, France et Suisse. Tous les cas sont des hommes, principalement originaires d'Asie et d'Afrique, et la plupart d'entre eux ont été diagnostiqués dans des centres d'accueil pour migrants.

L'European Center for Disease Prevention and Control (ECDC) a réalisé une évaluation des risques concernant le risque global posé par les cas de diphtérie signalés dans l'UE/EEE pour les communautés au sens large et les populations spécifiques exposées aux centres d'accueil des migrants.

Dans son récent rapport, l'ECDC estime que le risque global est très faible pour la population générale de l'UE/EEE, compte tenu de la probabilité d'infection et de l'impact de la maladie. Étant donné la couverture vaccinale élevée estimée contre la diphtérie, le tétanos et la coqueluche (DTC) dans les pays de l'UE/EEE, allant de 91 % à 99 % pour la première dose (DTC1), sur les trois doses d'un cycle complet de vaccination, et de 85 % à 99 % pour la troisième dose (DTC3), la probabilité que les personnes résidant dans la communauté développent la maladie est très faible. Néanmoins, la possibilité d'infections secondaires dans la communauté ne peut être exclue et une diphtérie clinique sévère est possible chez les personnes non vaccinées ou immunodéprimées.

En ce qui concerne les personnes résidant, travaillant ou faisant du bénévolat dans des centres de migrants, il existe une probabilité modérée d'exposition à la bactérie diphtérique. Les personnes exposées, non vaccinées ou immunodéprimées, peuvent être confrontées à une issue grave après une infection diphtérique. Cependant, l'impact de la maladie pour les personnes ayant un calendrier complet de vaccination contre la diphtérie est considéré comme faible.  

Rappels sur la diphtérie.

La diphtérie est une maladie hautement contagieuse due à une Corynébactérie du complexe diphtheriae, qui inclut les espèces Corynebacterium diphtheriae, Corynebacterium ulcerans et Corynebacterium pseudotuberculosis. Ces trois espèces de bactéries sont aptes à produire la toxine diphtérique. Cette toxine est essentiellement la responsable des manifestations cliniques.

Le mode de transmission se fait par voie aérienne lors de contacts directs avec des malades ou des porteurs sains par l'intermédiaire d'aérosols émis par la toux et les éternuements.

La période d'incubation de la diphtérie est habituellement de 2 à 5 jours. Le symptôme le plus caractéristique de cette maladie est la présence de « fausses membranes » blanchâtres au niveau des amygdales ou de la plaie.

  • L'angine diphtérique est la forme habituelle de la maladie. Elle est caractérisée par une pharyngite, de la fièvre, une tuméfaction du cou et une céphalée. Dans certains cas la toxine peut conduire à une paralysie du système nerveux central ou bien du diaphragme et de la gorge entraînant la mort par asphyxie.
  • Il existe aussi une une forme cutanée avec des plaies chroniques. 

Source : European Center for Disease Prevention and Control (ECDC)