Cas groupés de paralysie flasque liés au poliovirus dérivé d'une souche vaccinale au Guinée Médecine des voyages

Publié le 7 mar. 2016 à 13h01

Biographie

Médecin retraité, spécialisé en médecine des voyages. Membre de la Société de médecine des voyages (depuis 2000) Formateur en vaccinologie et médecine des voyages (depuis 2000)

Liens d'intérêt

Absence de lien d’intérêt avec les firmes pharmaceutiques

Au Guinée, selon les médias nationaux, depuis le début de l'année 2016, 14 cas de paralysie flasque due à un poliovirus dérivés d'une souche vaccinale (PVDV) ont été notifiés par les structures sanitaire de la région de Kankan.

Le 20 juillet 2015, un enfant de la région de Kankan a manifesté des symptômes de paralysie flasque. Il s'est rendu à Bamako (Mali) où un PVDV2 a été isolé à partir d'un échantillon de selles. Génétiquement, il était lié à un cas de PVDV2 survenu en Guinée en août 2014.

L'utilisation largement répandue du vaccin antipoliomyélitique oral à virus vivant atténué (VPO) a joué un rôle clé dans les efforts déployés pour éradiquer la poliomyélite. Toutefois, ce vaccin, en particulier dans les zones où la couverture vaccinale est faible, est associée à un risque très faible d'émergence de poliovirus dérivés d'une souche vaccinale (PVDV), qui peuvent causer des paralysies. Les poliovirus dérivés d'une souche vaccinale sont génétiquement différents des virus vaccinaux et peuvent être à l'origine de flambées dans des zones où la couverture vaccinale est faible.

Parmi les 3 types de poliovirus sauvage, le type 2 a été déclaré éradiqué par l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Plus de 90% des cas de poliovirus dérivés d'une souche vaccinale sont des cas dus à des poliovirus dérivés d'une souche vaccinale de type 2 (PVDV2). C'est pourquoi, en avril 2016, l'ensemble des pays du monde utilisant le vaccin antipoliomyélitique oral à virus vivant atténué cesseront d'utiliser le vaccin Sabin de type 2 en passant tous simultanément du vaccin antipoliomyélitique oral à virus vivant atténué trivalent (types 1, 2 et 3) au vaccin antipoliomyélitique oral à virus vivant atténué bivalent (types 1 et 3) pour la vaccination systématique comme pour les activités de vaccination supplémentaire.

Les autorités sanitaires guinéennes ont entrepris depuis début mars, l'élaboration d'un plan de riposte sanitaire pour faire face à l'évolution de la maladie et éviter de nouveau cas dans d'autres endroits exposés.

En février dernier, une campagne élargie de vaccination avait permis de toucher plus de 2,5 millions d'enfants guinéens âgés de 0 à 5 ans.

La nouvelle campagne de vaccination doit aussi passer dans les écoles, les marchés, les gares routières, les débarcadères et dans tous les lieux de regroupement au niveau des zones identifiées comme étant les zones sensibles et vulnérables.

Le virus polio vaccinal est transmis par les aliments et l'eau contaminés par des matières fécales. Les voyageurs des régions de transmission de virus en cours doivent :

  • vérifier leur statut vaccinal contre la poliomyélite ;
  • renforcer les mesures d'hygiène de l'eau et des aliments.

Source : Médias locaux.