Un cas de poliomyélite à virus dérivé d'une souche vaccinale signalé au Congo Médecine des voyages

Publié le 12 nov. 2020 à 21h51

Biographie

- Médecin biologiste à la retraite.
- Auparavant : médecin biologiste dans un hôpital d'Instruction des armées pendant 6 ans, puis détaché pendant 20 ans par le Service de santé des armées comme virologiste d'abord puis comme directeur dans 3 instituts du Réseau international des Instituts Pasteur.

Liens d'intérêt

- Aucune rémunération actuelle ou dans le passé de l'industrie pharmaceutique.
- Aucun investissement financier dans une firme pharmaceutique.
- Aucune participation à des études cliniques de vaccins.

Le 4 novembre 2020, l'Initiative mondiale pour l'éradication de la polio (IMEP) a signalé un nouveau cas de poliomyélite dans la région du Kouilou, au Congo, ce qui en fait le premier cas dans le pays. Le virus circulant est un poliovirus dérivé de la souche vaccinale de type 2 (PVDVc2). Le virus isolé au Congo est lié à la flambée signalée dans la province de Huila en Angola.

Cet événement devrait faire considérer maintenant le pays comme appartenant à la catégorie 2 vis à vis du poliovirus (voir ici pour plus d'information).

Recommandations pour le voyageur en cas de séjour dans un pays de catégorie 2. 

1. Pour un séjour de moins de quatre semaines.

Au titre de la protection individuelle et si le voyageur est à jour de sa vaccination, il n’existe pas de justification à administrer une dose additionnelle de vaccin contenant la valence polio car il ne présente pas de risque de contracter la poliomyélite. 

Cependant, au titre de la protection collective, le voyageur peut être infecté par un virus polio au cours de son séjour et être à l’origine de sa dissémination dans son entourage, surtout si sa vaccination date de plus de un an.

En conséquence, le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) recommande dans cette situation que les voyageurs qui vont se rendre dans un pays infecté par la polio et dont la dernière vaccination date de plus d'un an reçoivent avant leur départ une dose de vaccin contenant la valence polio, idéalement dans le mois précédant leur départ. Le vaccin polio inactivé trivalent non combiné peut être utilisé chez les personnes à jour de leur vaccination contre la diphtérie et le tétanos (selon les recommandations du calendrier vaccinal en cours).

Le HCSP recommande que les personnes non à jour ou ignorant leur statut complètent leur vaccination avant le départ à l’aide d’un vaccin combiné contenant la valence polio. La pratique de tests sérologiques pour évaluer le niveau d’immunité n’est pas recommandée.

2. Pour un séjour de plus de quatre semaines ou pour résider dans le pays.

Un rappel de vaccination sera probablement exigé par le pays de destination au cours du séjour ou lors de la sortie du territoire.

En conséquence, une dose de rappel d'un vaccin contenant la valence polio est recommandée chez ces personnes. Aucun délai par rapport au départ de France n’est exigé. Dans la mesure du possible, la date d’administration de ce rappel sera programmée de telle sorte qu’au moment du retour l’administration de ce rappel date de plus de 4 semaines et de moins de 12 mois. Le vaccin polio inactivé trivalent non combiné peut être utilisé chez les personnes à jour de leur vaccination contre la diphtérie et le tétanos (selon les recommandations du calendrier vaccinal en vigueur).

L’Organisation mondiale de la santé (OMS), le centre européen de prévention et de contrôle des maladies transmissibles (ECDC) et le HCSP ont recommandé un vaccin inactivé pour un séjour dans un pays de la catégorie 2. Il est rappelé que les vaccins inactivés préviennent efficacement la survenue de cas de poliomyélite paralytique mais n’empêchent pas totalement l’infection et la circulation des virus polio sauvages. Il est toutefois admis que les vaccins polio inactivés ont une certaine efficacité sur l’immunité intestinale durant l’année suivant son administration, bien que cette efficacité ne soit pas mesurable. Le vaccin polio inactivé trivalent non combiné peut être utilisé chez les personnes à jour de leur vaccination contre la diphtérie et le tétanos (selon les recommandations du calendrier vaccinal en vigueur).

Le HCSP recommande que les rappels de vaccin polio administrés soient mentionnés sur le certificat de vaccination internationale de l’OMS (« carte jaune »).

Source : Global Polio Eradication Initiative (GPEI), Organisation mondiale de la santé.