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Recommandations du Comité d’urgence de l'Organisation mondiale de la santé concernant la polomyélite

Publié le 6 déc. 2015 à 17h09

Biographie

Médecin retraité, spécialisé en médecine des voyages. Membre de la Société de médecine des voyages (depuis 2000) Formateur en vaccinologie et médecine des voyages (depuis 2000)

Liens d'intérêt

Absence de lien d’intérêt avec les firmes pharmaceutiques

Cet article est assez technique. Nous recommandant aux lecteurs intéressés de lire d'abord cet article sur la poliomyélite et sa vaccination.

Le 3 décembre 2015, l'Organisation mondiale de la santé déclare que la propagation internationale de la poliomyélite constitue toujours une urgence de santé publique de portée internationale.

L'OMS constate toutefois des progrès remarquables dans la lutte contre la poliomyélite, aucun cas dû au poliovirus sauvage n'ayant été signalé en Afrique depuis plus de douze mois.

Le Comité constate :

  • Deux nouvelles exportations du virus du Pakistan vers l'Afghanistan en juillet et août 2015. Les poliovirus isolés dans les 2 cas survenus en Afghanistan étaient plus étroitement apparentés aux souches ayant récemment circulé au Pakistan qu'à celles que l'on observe actuellement en Afghanistan. Aucune nouvelle exportation de l'Afghanistan vers le Pakistan n'a été constatée, mais la persistance de la transmission, en particulier dans les zones inaccessibles de la région Est de l'Afghanistan à proximité de la frontière, continue de présenter un risque.
  • Que des zones vulnérables persistent à l'échelle mondiale, avec des populations qui ne sont pas suffisamment immunisées. Ces zones vulnérables comprennent des pays du Moyen-Orient, de la Corne de l'Afrique, de l'Afrique centrale et de certaines parties de l'Europe.
  • Que les vastes mouvements de population dans l'ensemble du Moyen-Orient et au départ de l'Afghanistan et du Pakistan entraînent un risque accru de propagation internationale de la poliomyélite. Les populations réfugiées risquent par ailleurs d'échapper à la vaccination, s'ajoutant aux populations d'Europe, chez lesquelles la vaccination a été omise ou est insuffisante.
  • Que les flambées actuelles de poliovirus dérivés d'une souche vaccinale (PVDVc) dans trois régions révèlent de graves lacunes des programmes de vaccination systématique dans les pays touchés, entraînant de vastes poches de vulnérabilité aux flambées de poliomyélite. En 2015, cinq flambées depoliovirus circulants dérivés d'une souche vaccinale se sont déclarées  trois flambées de PVDVc de type 1 (Madagascar, Laos et Ukraine) et deux flambées de PVDVc de type 2 (Guinée et Nigeria). En outre, un autre cas de PVDVc de type 2 dans un État en conflit du Soudan du Sud est source d'inquiétude.
  • il est particulièrement urgent d'endiguer la transmission du PVDVc de type 2 avant le retrait synchronisé à l'échelle mondiale de la composante de type 2 du vaccin antipoliomyélitique oral, en avril 2016.
  • Qu'aucune exportation internationale de PVDVc n'a été observée en 2014 et 2015.
  • Qu'en raison de la flambée de maladie à virus Ebola qui a fragilisé les systèmes de santé, les taux de vaccination ont largement diminués, entraînant un risque de nouvelle propagation de poliovirus dérivés d'une souche vaccinale.

Urgence de santé publique de portée internationale

La propagation internationale de la poliomyélite constitue toujours une urgence de santé publique de portée internationale. En conséquence, l'OMS préconise de prolonger de trois mois l'application des recommandations temporaires, telles que révisées. Il est parvenu à cette conclusion en tenant compte des facteurs suivants :

  • la poursuite de la propagation internationale du poliovirus sauvage en 2015, au Pakistan et en Afghanistan ;
  • les risques et les coûts qui seraient associés à un échec des efforts d'éradication mondiale de l'une des plus graves maladies à prévention vaccinale dans le monde ;
  • la nécessité de continuer à mener une action internationale coordonnée pour améliorer la vaccination et la surveillance du poliovirus sauvage, enrayer sa propagation internationale et réduire le risque de survenue d'une nouvelle propagation ;
  • les graves conséquences qu'aurait une poursuite de la propagation internationale pour un nombre croissant de pays dont les systèmes de vaccination ont été fragilisés ou perturbés par des conflits armés ou des situations d'urgence complexes. Dans ces États fragiles, les populations sont particulièrement vulnérables aux flambées de poliomyélite et les flambées sont extrêmement difficiles à juguler, risquant de compromettre l'éradication mondiale de la poliomyélite en sa phase finale ;
  • l'importance d'adopter une approche régionale et de favoriser une étroite coopération transfrontalière, étant donné que la propagation internationale de la poliomyélite passe en grande partie par les frontières terrestres, tout en tenant compte du risque persistant d'une propagation internationale distante à partir de zones de transmission active du poliovirus.

Les critères relatifs à la durée de non détection de nouvelles exportations, de nouveaux cas ou d'isolats environnementaux de poliovirus sauvage ont été actualisés et appliqués comme suit par le Comité :

  • Cas dus au poliovirus sauvage : 12 mois après la date de survenue du premier cas dû à l'exportation la plus récente PLUS un mois, pour tenir compte du délai nécessaire à la détection, à l'enquête, aux analyses de laboratoire et à la notification du cas, OU une fois que tous les cas de paralysie flasque aiguë survenus dans les 12 mois suivant le premier cas dû à l'importation la plus récente ont fait l'objet d'un test démontrant qu'ils ne sont pas imputables à un poliovirus sauvage de type 1 (PVS1) ou un poliovirus dérivé d'une souche vaccinale nouvellement importé et une fois que les échantillons prélevés dans l'environnement dans les 12 mois suivant le premier cas ont également donné des résultats de test négatifs, la période la plus longue étant retenue.
  • Poliovirus exporté isolé dans l'environnement : 12 mois après le prélèvement du premier échantillon environnemental positif dans le pays vers lequel la nouvelle exportation a eu lieu PLUS un mois pour tenir compte du délai nécessaire aux analyses de laboratoire et à la notification.
  • États qui ne sont plus infectés (aucun nouveau poliovirus sauvage ou poliovirus dérivé d'une souche vaccinale n'a été détecté) :
  1. Cas dû au poliovirus : 12 mois après la date de survenue du cas le plus récent PLUS un mois pour tenir compte du délai nécessaire à la détection, à l'enquête, aux analyses de laboratoire et à la notification du cas, OU une fois que tous les cas de paralysie flasque aiguë survenus dans les 12 mois suivant le dernier cas ont fait l'objet d'un test démontrant qu'ils ne sont pas imputables au PVS1 ou au PVDVc et une fois que les échantillons prélevés dans l'environnement dans les 12 mois suivant le dernier cas ont également donné des résultats de test négatifs, la période la plus longue étant retenue. 
  2. Poliovirus sauvage ou PVDVc isolé dans l'environnement (pas de cas dû au poliovirus) : 12 mois après le prélèvement de l'échantillon environnemental positif le plus récent PLUS un mois pour tenir compte du délai nécessaire aux analyses de laboratoire et à la notification.
  3. Les critères relatifs à la durée de non détection de nouvelles exportations, de nouveaux cas ou d'isolats environnementaux de poliovirus sauvage ont été actualisés et appliqués comme suit par le Comité.
  4. Les pays exportateurs doivent :

    • Si ce n'est déjà fait, déclarer officiellement, au niveau du chef d'État ou de gouvernement, que l'interruption de la transmission de poliovirus constitue une urgence de santé publique nationale. Si cette déclaration a déjà été faite, l'urgence doit être maintenue ;
    • Veiller à ce que toutes les personnes résidant ou effectuant un séjour de longue durée sur leur territoire (> quatre semaines), quel que soit leur âge, reçoivent une dose de vaccin antipoliomyélitique oral (VPO) ou de vaccin antipoliomyélitique inactivé (VPI) dans les quatre semaines à 12 mois qui précèdent un voyage international ;
    • veiller à ce que les personnes qui doivent voyager d'urgence (dans un délai de quatre semaines) et qui n'ont pas reçu de dose de VPO ou de VPI au cours des quatre semaines à 12 mois précédents reçoivent une dose de vaccin antipoliomyélitique au plus tard d'ici leur départ car cette administration reste bénéfique, en particulier pour les personnes qui voyagent souvent ;
    • Veiller à ce que les voyageurs disposent d'un certificat international de vaccination ou de prophylaxie conforme au modèle figurant à l'annexe 6 du RSI, dans lequel la vaccination antipoliomyélitique sera consignée, servant d'attestation.
    • Au point de départ, restreindre les déplacements internationaux de tout résident qui ne possède pas de document attestant d'une vaccination adéquate contre la poliomyélite.
    • Étant donné que les mouvements de population à la frontière pakistano-afghane continuent de favoriser l'exportation du poliovirus sauvage, les deux pays devraient intensifier encore les efforts transfrontaliers en renforçant sensiblement la coordination aux niveaux national, régional et local pour améliorer la couverture vaccinale des voyageurs franchissant la frontière et des populations à haut risque de part et d'autre de la frontière.

    Les pays exportateurs doivent continuer d'appliquer ces mesures jusqu'à ce que les critères suivants soient satisfaits :

    • 6 mois au moins se sont écoulés sans nouvelle exportation ;
    • des documents attestent de la pleine mise en œuvre d'activités d'éradication de qualité dans toutes les zones infectées ou à haut risque ;
    • en l'absence de tels documents, ces mesures demeurent applicables jusqu'à ce que l'État remplisse les critères applicables aux « États qui ne sont plus exportateurs », tels que définis ci-dessus ;
    • transmettre au Directeur général un rapport mensuel sur la mise en œuvre des recommandations temporaires relatives aux voyages internationaux, en indiquant notamment le nombre de résidents dont les déplacements ont été restreints et le nombre de voyageurs qui ont été vaccinés et ont reçu les documents appropriés au point de départ.

    Le Comité a instamment invité les partenaires mondiaux qui œuvrent en faveur de l'éradication de la poliomyélite à fournir, à ce stade crucial du programme, un appui optimal à tous les pays infectés pour les aider à mettre en œuvre les recommandations temporaires au titre du Règlement Sanitaire International. Compte tenu de l'évolution de la situation, le Comité a estimé nécessaire que le risque de propagation internationale et les mesures visant la réduction de ce risque fassent l'objet d'un examen et d'une évaluation périodiques.

    Le Comité a conseillé aux partenaires internationaux d'aider les pays touchés par les poliovirus dérivés d'une souche vaccinale à élaborer des stratégies et supports de communication appropriés pour que la population comprenne bien ce que sont les poliovirus dérivés d'une souche vaccinale (PVDVc) et en quoi ils se distinguent du poliovirus sauvage, et garde confiance dans l'efficacité, l'innocuité et la nécessité des vaccins antipoliomyélitiques durant la phase finale d'éradication.

    Le Comité a demandé au Secrétariat de mener une analyse des avantages pour la santé publique et des coûts associés à l'application de la recommandation temporaire imposant aux pays exportateurs de vacciner tous les voyageurs internationaux avant leur départ.

    le Directeur général a accepté l'évaluation du Comité et a établi, le 25 novembre 2015, que les événements liés au poliovirus constituent encore une urgence de santé publique de portée internationale, y compris en ce qui concerne les poliovirus dérivés d'une souche vaccinale (PVDVc).

    Source : Organisation mondiale de la santé.

    Nota bene

    Depuis le 24 avril 2015, l'OMS a classé les pays selon la circulation du poliovirus et son risque d'exportation en trois groupes :

    L'OMS a donc décidé de réviser ses recommandations en classant les pays en trois catégories. La répartition des pays a évolué depuis le 24 avril (voir ici la situation au 3 septembre 2015). A ce jour, la situation est la suivante :

    Groupe 1. Pays exportateurs de poliovirus : Afghanistan et Pakistan. 

    Groupe 2. Pays où circule le poliovirus sauvage mais non exportateurs de poliovirus : aucun pays, depuis que la Somalie est classée groupe 3 depuis le 11 septembre 2015, le dernier cas d'infection à poliovirus dans ce pays remontant au 11 août 2014.

    Groupe 3. Pays où ne circule plus le poliovirus sauvage, mais qui restent vulnérables à la propagation internationale : Ethiopie, Somalie, Syrie, Israël, Irak et Guinée équatoriale.


Maladie : Poliomyélite

Vaccins : BOOSTRIXTETRA IMOVAX POLIO Infanrix hexa INFANRIXQUINTA INFANRIXTETRA PENTAVAC REPEVAX REVAXIS TETRAVAC-ACELLULAIRE

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