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Méningite à Neisseria meningitidis : penser à un déficit en complément

Publié le 3 oct. 2016 à 16h51

Biographie

- Médecin responsable du centre de vaccinations internationales et du centre antirabique de Strasbourg.
- Médecin spécialisé en vaccinologie, en médecine des voyages et en léprologie. Formateur en vaccinologie et médecine des voyages pour la SMV.
- Membre de la Société de Médecine des Voyages (2006) et secrétaire général de la SMV (2015).

Liens d'intérêt

- Participation à divers EPU organisés par des associations de Médecins, Pharmaciens et/ou l’industrie pharmaceutique ; rémunération à la prestation. Activité uniquement pédagogique, en toute liberté avec garanties d'indépendance, impartialité et déontologie.
- Aucun investissement financier personnel ou familial dans une firme pharmaceutique.
- Aucune participation à des études cliniques de vaccins.
- Déclaration mise à jour le 14 novembre 2016.

Le système du complément est une partie de l'immunité innée, sa fonction principale est de protéger l'homme contre l'infection bactérienne. Comme les troubles génétiques, les déficits en complément sont souvent diagnostiqués dans la population pédiatrique. Cependant, les déficits en complément peuvent également être révélés chez les adultes, chez lesquels ils ont été peu étudiés.

Une étude rétrospective a été menée à l'échelle nationale dans les universités et les hôpitaux généraux français dans les départements de médecine interne et maladies infectieuses pour recruter des patients âgés de plus de 15 ans qui avaient présenté au moins une infection menant à un diagnostic de déficit en complément.

Entre 2002 et 2015, 41 patients ont été inclus dans 19 départements différents. Le ratio hommes-femmes était de 1,3 et l'âge moyen au moment du diagnostic était de 28 ± 14 (15-67) ans.

Dans 75 % des cas (31/41 cas), l'infection qui avait permis d'identifier un déficit en complément était une méningite à méningocoque (Neisseria meningitidis) impliquant souvent un sérotype rare : Y (9 cas) et W (7 cas). La moitié de la cohorte a présenté un sepsis sévère ou un choc septique au moment du diagnostic (22/41 cas), mais aucun patient est décédé.

Aucun patient n'avait d'antécédent familial de déficit en complément. Le suivi moyen était de 1,15 ± 1,95 (0,1-10) ans. La moitié des patients avait déjà souffert d'au moins une infection avant le diagnostic d'un déficit en complément : méningite (13 cas), pneumonie (4 cas), purpura fulminans (1 cas) ou otites à répétition (1 cas).

Près d'un tiers (10/39 cas) avaient reçu des antibiotiques prophylactiques (cotrimoxazole ou pénicilline) après le diagnostic du déficit en complément.

A la fin du suivi, les couvertures vaccinales contre Neisseria meningitidis, Streptococcus pneumoniae et Haemophilus influenzae étaient, respectivement, de 90 % (33/37 cas), 47 % (17/36 cas) et 35 % (14/34 cas).

Cette grande étude souligne que les déficits en complément peuvent être révélés chez les adultes par des épisodes infectieux. La plupart d'entre eux étaient des infections à méningocoques révélant une carence de la voie finale commune (il existe deux voies d'activation du complément).

Pour éviter un diagnostic tardif chez l'adulte présentant un épisode d'infection, un dosage du complément est donc nécessaire.

Référence : Infections Revealing Complement Deficiency in Adults: A French Nationwide Study Enrolling 41 Patients. Audemard-Verger, a.Md et al. Medicine 2016; 95(19): e3548.


Maladies : Haemophilus influenzae b Méningocoque B Méningocoque C Méningocoques ACWY Pneumocoque

Vaccins : BEXSERO HIBEST MENINGITEC MENJUGATE 10 µg MENJUGATEKIT 10 µg MENVEO NEISVAC NIMENRIX PNEUMO 23 PREVENAR 13 VACCIN MENINGOCOCCIQUE A+C

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