Calendrier des vaccinations et recommandations vaccinales 2012 : la synthèse de MesVaccins.net

Publié le 11 avr. 2012 à 01h10

Biographie

- Médecin biologiste à la retraite.
- Auparavant : médecin biologiste dans un hôpital d'Instruction des armées pendant 6 ans, puis détaché pendant 20 ans par le Service de santé des armées comme virologiste d'abord puis comme directeur dans 3 instituts du Réseau international des Instituts Pasteur.

Liens d'intérêt

- Aucune rémunération actuelle ou dans le passé de l'industrie pharmaceutique.
- Aucun investissement financier dans une firme pharmaceutique.
- Aucune participation à des études cliniques de vaccins.

Le nouveau calendrier des vaccinations pour l'année 2012, synthèse annuelle des recommandations vaccinales, vient d'être publié dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH), la revue de l'Institut de veille sanitaire. La plupart de ces recommandations ont déjà fait l'objet d'avis du Haut Conseil de la santé publique relayés et expliqués par l'équipe de MesVaccins.net. Les changements apportés par ce calendrier, moins nombreux que les années précédentes, concernent certaines maladies infectieuses ou groupes de population et de nouvelles présentations sous forme de tableaux.

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1. La grippe saisonnière

La principale recommandation concerne les femmes enceintes. L'analyse des données scientifiques montre que l'état de grossesse est bien un facteur de risque de grippe sévère. Des études et l'expérience de son utilisation ayant montré que le vaccin anti-grippal est à la fois efficace et sans danger chez la femmes enceinte, la vaccination grippale est maintenant recommandée quel que soit le trimestre de la grossesse. Notons d'ailleurs que cette recommandation existe déjà aux Etats-Unis, au Canada et dans la plupart des pays européens. La vaccination grippale permet de faire d'une pierre deux coups : le passage à travers le placenta vers le foetus des anticorps antigrippaux maternels permet en effet de protéger également le bébé jusqu'à l'âge de 6 mois. L'intérêt est loin d'être anecdotique car les jeunes nourrissons ont un risque élevé de développer une forme grave, voire mortelle, de grippe et car il n'est pas possible de les vacciner avant cet âge de 6 mois.

Une autre recommandation spécifique concerne les personnes obèses avec un indice de masse corporelle (IMC) supérieur ou égal à 40 kg/m2, dont on sait qu'elles présentent un risque accru de forme grave, d'hospitalisation et de décès dû à la grippe.

Un nouveau vaccin vivant atténué contre la grippe (FLUENZ®) dispose d'une autorisation de mise sur le marché dans les pays de l'Union européenne. Comme les vaccins inactivés, ce vaccin est trivalent (deux souches de virus influenza A et une souche de virus influenza B). Il est administré par voie nasale et entraîne ainsi, comme le virus naturel de la grippe, une réponse immunitaire locale muqueuse. Des études ont montré son efficacité chez l'enfant et sa supériorité par rapport au vaccin inactivé, et ce d'autant plus que l'enfant est plus jeune. Chez l'adulte, les études montrent une efficacité moindre, probablement du fait d'anticorps préexistants qui inactivent les virus vivants. Son utilisation est ainsi recommandée chez les enfants et adolescents (de 24 mois à 17 ans révolus) qui devraient être vaccinés contre la grippe en raison d'une maladie chronique sous-jacente. Une telle maladie chronique, comme l'asthme ou le diabète, peut en effet augmenter la sévérité de la grippe. Des accès de dyspnée expiratoire sifflante ont été rapportés dans les essais cliniques chez le jeune nourrisson, ce qui explique pourquoi ce vaccin administré par voie nasale n'est pas indiqué avant l'âge de deux ans. Le vaccin FLUENZ® devrait être commercialisé en France pour la prochaine saison hivernale 2012-2013 ; cependant, selon certaines sources, ce ne sera pas le cas.

2. Les infections invasives à pneumocoque

S'il ne fait pas de doute qu'au moins une injection du vaccin pneumococcique 23-valent (contenant 23 sérotypes du pneumocoque) doit être réalisée chez les personnes à risque d'infection grave à pneumocoque à partir de l'âge de 5 ans, l'utilité des revaccinations systématiques, tous les 5 ans, doit faire l'objet d'une réévaluation. Cette question fera l'objet ultérieurement d'un avis des autorités sanitaires.

Il n'y pas lieu de modifier la stratégie vaccinale pour la prévention des infections invasives à pneumocoque chez le nourrisson. Le suivi de l'épidémiologie de ces infections en France dans les différentes tranches d'âge permettra d'évaluer de manière plus précise l'impact de la vaccination par le vaccin pneumococcique conjugué 13-valent.

Enfin, les recommandations vaccinales 2012 contre les infections invasives à pneumocoque ont été allégées avec la suppression des textes et tableaux concernant la transition du vaccin PREVENAR® vers le vaccin PREVENAR 13®.

3. Vaccination contre la rougeole, les oreillons et la rubéole

Les données concernant l'épidémie de rougeole et ses trois vagues successives depuis 2008 ont été actualisées. Des précisions ont également été apportées, afin d'aider les professionnels de santé à comprendre (et donc mieux appliquer) certaines recommandations. Ainsi, le paragraphe suivant : ”Les personnes nées depuis 1980 devraient avoir reçu au total deux doses de vaccin trivalent, en respectant un délai minimum d'un mois entre les deux doses, quels que soient les antécédents vis‑à‑vis des trois maladies.” a fait l'objet du commentaire suivant : “En effet, le vaccin protège contre trois maladies. Les personnes qui ont présenté l'une de ces maladies ne sont habituellement pas protégées contre les deux autres et administrer un vaccin vivant atténué à une personne déjà immunisée ne présente aucun inconvénient du fait de l'inactivation du virus vaccinal par les anticorps préexistants.

3. Un calendrier vaccinal spécifique pour Mayotte

Prenant en compte les données épidémiologiques et socio-économiques de ce département d'outre-mer, le HCSP recommande que tous les nouveau-nés soient vaccinés contre la tuberculose et l'hépatite B à la maternité.

4. Des recommandations vaccinales spécifiques et précises pour les patients immunodéprimés ou aspléniques

Ces recommandations sont détaillées dans un avis récent, commenté dans une nouvelle déjà diffusée sur MesVaccins.net. Le tableau reprenant ces recommandations vaccinales a été intégré dans le calendrier vaccinal 2012. Pour chaque maladie à prévention vaccinale concernée, un renvoi vers ce tableau a été ajouté.

5. Correspondances entre les valences vaccinales recommandées dans le calendrier vaccinal et les vaccins disponibles en France

Deux nouveaux tableaux ont fait leur apparition dans le Calendrier vaccinal 2012, en réponse à une demande des professionnels de santé. Ces tableaux présentent les noms des vaccins commercialisés en France, monovalents ou combinés, en fonction des valences vaccinales.

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Les recommandations vaccinales liées à des voyages et séjours à l'étranger ne sont pas incluses dans ce calendrier vaccinal national. Elles font en effet l'objet d'une publication spécifique actualisée chaque année, intitulée "Recommandations sanitaires pour les voyageurs", qui paraîtra également dans le BEH.

Source : Institut de veille sanitaire, Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) 14-15/2012 du 10 avril 2012.