Vaccination : un calendrier 2026 renforcé, entre continuité et inflexions stratégiques

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Le nouveau calendrier vaccinal 2026 publié par les autorités sanitaires marque une étape supplémentaire dans l’adaptation de la politique de prévention en France. S’il s’inscrit globalement dans la continuité de celui de décembre 2025, plusieurs évolutions notables viennent préciser, élargir ou consolider certaines recommandations, traduisant une volonté d’anticipation face aux risques infectieux.

La vaccination contre la grippe saisonnière reste un pilier de la stratégie de prévention chez les personnes âgées. La transition amorcée en 2025 vers des vaccins grippaux trivalents, consécutive au retrait de la souche B/Yamagata, est bien entendue confirmée en 2026. On peut noter par ailleurs que les antigènes des vaccins antigrippaux pour la saison grippale 2026-2027 dans l’hémisphère nord (France hexagonale et territoires des Amériques) proviendront de trois virus différents : un virus de type A/Missouri/11/2025 (H1N1)pdm09, un virus de type A/Darwin/1454/2025 (H3N2) et un nouveau virus de la lignée Victoria (B/Tokyo/EIS13-175/2025 pour les vaccins sur oeuf et B/Pennsylvania/14/2025 pour les vaccins issus de cultures cellulaires ou recombinants). Pour plus d'information voir cette nouvelle. Comme en 2025, les vaccins Efluelda et Fluad sont privilégiés chez les 65 ans et plus. Le calendrier 2026 intègre également le vaccin Flucelvax chez les nourrissons à risque dès l’âge de 6 mois. 

Du côté de la vaccination contre les papillomavirus humains (HPV), il faut rappeler l’extension du rattrapage jusqu’à 26 ans pour les hommes comme pour les femmes, déjà inscrite en décembre 2025.

La prévention des infections à pneumocoques connaît également une évolution structurante. Si l’élargissement de la vaccination à l’ensemble des personnes de 65 ans et plus était déjà acté en 2025, le calendrier 2026 insiste davantage sur la simplification du schéma vaccinal, désormais basé sur une dose unique avec des vaccins de nouvelle génération comme Prevenar 20 ou Capvaxive.

Concernant la covid 19, la stratégie évolue plus en finesse qu’en rupture. En 2025, les vaccins à ARNm étaient clairement privilégiés, le vaccin Nuvaxovid plus "classique" (à sous-unité protéique) étant proposé comme alternative, notamment pour les personnes réticentes ou présentant des contre-indications : il peut être utilisé, au même titre que les vaccins à ARNm, dès lors qu’il présente le même niveau d’adaptation aux souches circulantes les plus récentes. Le vaccin Nuvaxovid actuellement autorisé contient la souche JN.1, qui est une lignée “parent” d’Omicron, tandis que le vaccin à ARNm Comirnaty contient la souche LP.8.1, qui est un sous-variant descendant de JN.1. A notre connaissance, le vaccin Nuvaxovid n'est pas encore disponible actuellement.

L’un des changements les plus structurants concerne la vaccination contre les méningocoques. Si l’obligation vaccinale pour les nourrissons est entrée en vigueur en 2025, le calendrier 2026 renforce le dispositif avec la mise en place d’un rattrapage transitoire plus clairement défini pour les enfants de 2 à 4 ans, incluant ceux déjà vaccinés contre le sérogroupe C. Cette mesure vise à homogénéiser la protection contre l’ensemble des sérogroupes et à prendre un compte l'épidémiologie actuelle des infections invasives à méningocoque.

Autre évolution notable : la place accrue accordée aux populations spécifiques. Des recommandations vaccinales ont été émises à l’intention des personnes vivant avec le VIH (femmes enceintes, nourrissons, adultes).

Sur le plan réglementaire, le calendrier 2026 introduit une mesure nouvelle et significative : l’obligation d’immunisation contre la rougeole pour les professionnels et étudiants des secteurs sanitaire, médico-social et de la petite enfance. La liste des professionnels concernés, ainsi que les modalités de mises en œuvre, seront précisées courant 2026 par voie réglementaire.

Enfin, le calendrier 2026 s’accompagne d’un renouvellement du portefeuille vaccinal : arrivée de nouveaux vaccins (notamment contre le VRS et la dengue), mais aussi disparition progressive de certains produits plus anciens. Cette dynamique traduit une modernisation constante de l’offre vaccinale.

Dans l’ensemble, la comparaison entre les calendriers 2025 et 2026 révèle moins une révolution qu’un ajustement progressif, combinant élargissement des publics ciblés, simplification des schémas vaccinaux et renforcement des obligations. Une évolution pragmatique, à l’image d’une politique de santé publique qui cherche à concilier efficacité, adaptation scientifique et acceptabilité sociale.

La plupart de ces nouveautés sont déjà prises en compte par le système d'aide à la décision vaccinale de MesVaccins.  Les derniers ajustements sont en cours d'intégration. Un article détaillera prochainement tous les changements et évolutions du calendrier vaccinal 2026.

Références 

  1. Ministère de la santé. Calendrier des vaccinations et recommandations vaccinales 2026. Mis en ligne le 27 avril 2026.
  2. Haute Autorité de santé. Avis n°2026.0016/SESPEV du 26 février 2026 du collège de la Haute Autorité de santé relatif à l’actualisation du calendrier des vaccinations pour l’année 2026.
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