Simplification et évolution majeure du calendrier vaccinal français 2013

Publié le 18 avr. 2013 à 21h57

Biographie

- Professeur agrégé du Val-de-Grâce, professeur invité à l'Université de Bordeaux.

Liens d'intérêt

- Aucune perception de rémunération ou de tout autre avantage de l'industrie pharmaceutique.
- Aucun investissement financier dans une firme pharmaceutique.
- Aucune participation à des études cliniques de vaccins.
- Aucune rémunération ou avantages reçus de l'industrie pharmaceutique.
- Déclaration mise à jour le 25 novembre 2021.

Pour la première fois depuis sa création, le Comité technique des vaccinations du Haut Conseil de la santé publique (HCSP) a engagé une réflexion visant à une mise à plat complète du calendrier vaccinal avec un double objectif :

  • assurer à tous les âges de la vie une protection optimale en n'administrant que le strict nombre d'injections vaccinales nécessaires ;
  • rendre le nouveau calendrier plus facilement lisible et mémorisable, donc applicable. Cette démarche s'inscrit dans le programme d'amélioration de la politique vaccinale 2012-2017, dont elle constitue l'un des objectifs.

Nourrisson

Le nourrisson devait jusqu'à présent recevoir entre 10 et 13 injections vaccinales avant l'âge de 2 ans, le HCSP s'est appuyé sur l'expérience de quatre pays européens (Italie, Finlande, Suède, Danemark), qui ont mis en place un schéma vaccinal simplifié pour les vaccins contre la diphtérie, le tétanos, la poliomyélite, la coqueluche et Haemophilus influenzae de type b. Leur schéma comporte deux injections en primovaccination (au lieu de trois en France), avec un rappel précoce à 11 ou 12 mois (au lieu de 16-18 mois en France dans l'ancien calendrier).

A la différence des calendriers nordiques, le calendrier français maintient à l'âge de 2 mois le début de la vaccination pour une meilleure prévention des coqueluches, très graves voire mortelles pour les jeunes nourrissons, mais aussi des infections bactériennes graves à Haemophilus ou à pneumocoque.

La primovaccination comporte ainsi l'administration de deux doses de vaccin à 2 et 4 mois, avec un rappel à 11 mois (au lieu de trois doses à 2, 3 et 4 mois, suivies d'un rappel à 16-18 mois). Il est important, pour que ce schéma vaccinal confère une protection, de ne pas raccourcir le délai de deux mois entre les deux premières doses.

Le rappel précoce à 11 mois concerne également la vaccination contre l'hépatite B (auparavant réalisée à 16-18 mois) et la vaccination contre les infections invasives à pneumocoque (auparavant réalisée à l'âge de 12 mois).

A chaque rendez-vous vaccinal, la vaccination contre la diphtérie, le tétanos, la coqueluche, la poliomyélite, Haemophilus et l'hépatite B pourra être réalisée avec une seule injection d'un vaccin combiné contre ces six maladies (vaccin Infanrixhexa actuellement). Une autre injection sera nécessaire pour la protection contre les pneumocoques.

L'administration à l'âge de 9 mois de la première dose de vaccin contre la rougeole, la rubéole et les oreillons (ROR) chez les enfants admis en collectivité n'a pas de justification en dehors de périodes épidémiques. Elle est en outre moins efficace que si elle administrée plus tard. Tous les enfants devraient désormais recevoir leur première dose de vaccin ROR à 12 mois et la seconde à 16-18 mois.

Finalement, l'immunisation complète des nourrissons est assurée dès l'âge de 18 mois en cinq rendez-vous vaccinaux comportant des co-administrations.

Enfant et adolescent

Il faut renforcer la protection de l'enfant et de l'adolescent contre la coqueluche, d'autant que les vaccins coquelucheux acellulaires, s'ils sont mieux tolérés que les vaccins à germes entiers, ont sans doute une efficacité moins bonne qu'espéré. Ainsi, le rappel de 6 ans comporte désormais la valence coquelucheuse en plus de la diphtérie, du tétanos et de la poliomyélite (DTCaP : Infanrixtetra ou Tetravac acellulaire).

Chez l'adolescent, le rappel diphtérie, tétanos, polio et coqueluche sera réalisé avec un vaccin à dose réduite en antigènes diphtérique et coquelucheux (dTcaP : Boostrixtetra ou Repevax). La vaccination des filles contre le papillomavirus (Cervarix ou Gardasil) peut être associée à ce rappel.

Le calendrier du nourrisson, de l'enfant et de l'adolescent peut être visualisé ici.

Adulte

Les éléments suivants ont été pris en compte :

  • les recommandations de rappel tous les 10 ans pour la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite sont mal appliquées. Une des explications réside dans la méconnaissance fréquente, chez les patients, de la date d'administration du dernier vaccin ou de la nature de celui-ci. De même, les médecins ignorent très souvent le statut vaccinal de leurs patients. Proposer des rappels à âge fixe plutôt qu'à intervalles fixes est plus facile à mémoriser ;
  • les données scientifiques et épidémiologiques accumulées au cours des dernières années permettent d'affirmer que la durée de protection conférée par ces vaccins va bien au-delà de 10 ans. L'intervalle entre les rappels de l'adulte est donc porté de 10 à 20 ans. Toutefois, à partir de 65 ans, cet intervalle reste à 10 ans du fait de l'immunosénescence (diminution de la qualité de la réponse immunitaire chez les personnes âgées).

Les rappels contre la diphtérie à dose réduite en anatoxine, le tétanos et la poliomyélite (dTP) se font désormais à âge fixe et sont recommandés aux âges de 25, 45 et 65 ans, puis, tenant compte de l'immunosénescence au-delà de 65 ans, à 75 ans, 85 ans, etc.

Un rappel contre la coqueluche à dose réduite en antigènes coquelucheux est recommandé à l'âge de 25 ans chez les personnes n'ayant pas reçu de vaccin coquelucheux depuis plus de cinq ans en complément de la stratégie de cocooning. Celle-ci consiste à vacciner les personnes risquant de transmettre la coqueluche aux nourrissons : adultes ayant un projet parental et, à l'occasion d'une grossesse, les membres de l'entourage familial (enfant qui n'est pas à jour pour cette vaccination, adulte qui n'a pas reçu de vaccination contre la coqueluche au cours des cinq dernières années) et le plus tôt possible après l'accouchement pour la mère.

Le calendrier vaccinal de l'adulte peut être visualisé ici.

Les vaccinations recommandées ou obligatoires en fonction des risques professionnels fait l'objet d'un tableau spécifique.

Un calendrier vaccinal simplifié (enfants et adultes) est également disponible.

Le calendrier de rattrapage des enfants à partir d'un an, des adolescents et des adultes a été actualisé.

Ce nouveau calendrier vaccinal 2013 a été adapté pour la Guyane et Mayotte.

Transition entre ancien et nouveau calendrier vaccinal 2013

Le principe général est de se recaler le plus rapidement sur le nouveau calendrier.

Pour tout nourrisson, enfant ou adolescent ayant déjà reçu un ou des vaccins avant la mise en place de ce nouveau calendrier vaccinal, un tableau précise les conditions de poursuite de la vaccination.

Entre 25 ans et 65 ans, le prochain rappel dTP à effectuer est déterminé par les règles suivantes :

  • le délai après le dernier rappel effectué doit être de plus de 5 ans ;
  • l'intervalle entre le dernier rappel effectué et le prochain rendez-vous vaccinal à âge fixe ne doit pas excéder 25 ans.

Après l'âge de 65 ans, le prochain rappel dTP à effectuer est déterminé par les règles suivantes :

  • le délai après le dernier rappel effectué doit être de plus de 5 ans ;
  • l'intervalle entre le dernier rappel effectué et le prochain rendez-vous vaccinal à âge fixe ne doit pas excéder 15 ans.

Les données épidémiologiques et d'efficacité ou de tolérance vaccinales justifiant ce nouveau calendrier vaccinal sont détaillées dans un avis du HCSP mis en ligne le 15 avril 2013.

Le nouveau calendrier vaccinal et le nouvelles recommandations vaccinales de l'année 2013 seront prises en compte par le système expert de MesVaccins.net avant le 20 avril 2013. Recommandations personnalisées pour le grand public et aide à la décision pour les professionnels de santé seront disponibles depuis l'interface du carnet de vaccination électronique sans que l'utilisateur ait à effectuer une opération particulière.

Source : Haut Conseil de la santé publique, Direction générale de la santé, Institut national de prévention et d'éducation pour la santé.