Toutes les nouveautés du calendrier vaccinal 2011

Publié le 22 mar. 2011 à 13h01

Biographie

- Professeur agrégé enseignant à l'École du Val-de-Grâce et à l'Université de Bordeaux.

Liens d'intérêt

- Aucune perception de rémunération ou de tout autre avantage de l'industrie pharmaceutique.
- Aucun investissement financier dans une firme pharmaceutique.
- Aucune participation à des études cliniques de vaccins.
- Aucune rémunération ou avantages reçus de l'industrie pharmaceutique.
- Déclaration mise à jour le 26 août 2020.

Le calendrier des vaccinations et les recommandations vaccinales 2011 viennent d'être publiées dans le dernier Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH), revue de l'Institut de veille sanitaire. Ce calendrier est la principale référence pour les bonnes pratiques des professionnels de santé. Il inclut tous les avis du Haut Conseil de la santé publique diffusés depuis l'édition du calendrier précédent.

Les principales nouveautés du calendrier vaccinal 2011 concernent les vaccinations contre la rougeole, la grippe saisonnière, les infections invasives à méningocoque de sérogroupe A, C, Y et W135, les infections à papillomavirus humain et la fièvre jaune. 

L'épidémie de rougeole en France métropolitaine ne donne pas de signe de faiblesse. Alors que plus de 7 000 cas ont été déclarés depuis le début de l’épidémie en France en 2008, plus de 5 000 l’ont été pour la seule année 2010. Un cinquième décès vient d’être observé. Les personnes de plus de 20 ans représentent 38 % des cas déclarés mais, parallèlement, le pourcentage des nourrissons de moins d’un an augmente, avec 8 % des cas déclarés. Ces tranches d’âge sont celles où la rougeole est la plus grave : 38 % des nourrissons et 46 % des adultes sont hospitalisés. La très grande majorité des cas rapportés (84 %) n’est pas vaccinée ou n’a reçu qu’une dose de vaccin (12%). Une cinquantaine de cas de rougeole sont survenus à l'hôpital (rougeole nosocomiale). La proportion de sujets réceptifs dans la tranche d’âge 20-30 ans (8 %), le pourcentage élevé de cas déclarés dans cette tranche d’âge (22 %) chez des sujets ayant reçu une dose de vaccin ont amené à recommander que, désormais, tous les sujets nés depuis 1980 reçoivent deux doses de vaccin. Cette mesure, si elle était appliquée, éviterait plusieurs centaines de cas de rougeole. En raison des épidémies de rougeole actuellement observées dans les crèches, la recommandation vaccinale des professionnels de santé (recommandations générales pour les personnes nées après 1980, une dose pour les personnes nées avant 1980), est étendue aux professionnels de la petite enfance. En milieu professionnel, une sérologie préalable n’est plus considérée comme indispensable chez les personnes dont les antécédents de rougeole ou de vaccination sont incertains. Faute d’une réelle volonté de mettre en place les mesures de rattrapage, notamment autour des cas, l’épidémie se poursuivra. Le Comité technique des vaccinations du Haut Conseil de la santé publique a donc insisté pour que les recommandations vaccinales prévues en situation de cas groupés puissent être systématiquement proposées et effectuées au sein des collectivités de vie.

Concernant la vaccination contre la grippe saisonnière, la liste des affections chroniques constituant un facteur de risque de grippe sévère et justifiant de ce fait une prévention vaccinale a été revue à la lumière des dernières données scientifiques disponibles et mise en accord avec la liste des affections justifiant l'envoi de bons de vaccination par l’Assurance maladie. Ainsi, la vaccination grippale est désormais recommandée aux patients présentant une maladie coronarienne ou un antécédent d’accident vasculaire cérébral. Les affections broncho-pulmonaires à risque ont été précisées. Toutes les personnes diabétiques devraient bénéficier de la vaccination grippale (les recommandations précédentes limitaient cette recommandation aux personnes atteintes de diabète insulinodépendant ou de diabète non insulinodépendant lorsque celui-ci ne pouvait être équilibré par le seul régime). La liste actualisée des affections chroniques à risque de grippe grave et justifiant la vaccination comporte également tous les types de syndrome néphrotique, les formes graves des affections neurologiques et musculaires (dont myopathie, poliomyélite, myasthénie, maladie de Charcot), ainsi que la paraplégie et la tétraplégie en cas d'atteinte diaphragmatique. Par contre, les épilepsies graves et les enfants ou adolescents traités de manière prolongée par l'acide acétylsalicylique (aspirine) ne font plus l'objet d'une recommandation vaccinale particulière. Le virus A(H1N1) 2009 (ex virus pandémique) est spécifiquement responsable de cas graves chez les femmes enceintes et les personnes obèses. Cette spécificité devrait disparaître progressivement au fur et à mesure que ce virus s'adapte à l'homme et adopte un profil plus saisonnier que pandémique. Les recommandations ont été et continueront à être révisées en fonction de l’évolution de la fréquence des cas graves chez ces personnes à risque. 

Pour la prévention des infections invasives à méningocoques A, C, Y et W135, la place du vaccin méningococcique quadrivalent conjugué (vaccin Menveo®) a été précisée. Ce vaccin, plus efficace que le vaccin quadrivalent non conjugué, doit lui être préféré lorsque c'est possible, c'est-à-dire à partir de l'âge de 11 ans. Pour les enfants âgés de 2 à 10 ans (aucun vaccin quadrivalent n'étant utilisable avant l'âge de 2 ans), l'utilisation du vaccin quadrivalent conjugué est recommandée hors AMM (autorisation de mise sur le marché) chez les enfants à haut risque d'infection méningococcique (enfants porteurs d’un déficit en fraction terminale du complément ou recevant un traitement anti-C5A, porteurs d’un déficit en properdine ou encore ayant une asplénie anatomique ou fonctionnelle). L'enfant voyageur en zone à risque âgé de moins de 11 ans doit bénéficier du vaccin quadrivalent non conjugué.

Les deux vaccins contre les infections à papillomavirus sont désormais considérés comme équivalents.

La publication récente de deux cas d’encéphalite liés au virus vaccinal de la fièvre jaune transmis d’une mère vaccinée à son enfant durant l’allaitement, a amené à recommander de différer, en dehors de situations épidémiques, la vaccination contre la fièvre jaune d’une femme qui allaite avant que l’enfant ait atteint l’âge de 6 mois. Ceci concerne bien entendu la Guyane. 

Des modifications mineures ont été apportées à ce nouveau calendrier vaccinal. Par exemple, chez les enfants âgés de 2 à 5 ans, la vaccination contre les infections à pneumocoque est recommandée pour les enfants infectés par le VIH, quel que soit leur statut immunovirologique (cette précision ne concernait auparavant que les personnes âgées de 5 ans et plus).  

Les tableaux suivants résument les nouveaux calendriers :

Le système expert d'aide à la décision médicale de MesVaccins.net et de MedecineDesVoyages.net prend en compte ces nouvelles recommandations vaccinales. Le carnet de vaccination électronique intelligent et partagé de MesVaccins.net sera lancé le 26 avril 2011, date du premier jour de la semaine européenne de la vaccination, et intégrera la prise en compte en temps réel de toute modification du calendrier vaccinal.

Source : Institut de veille sanitaire (InVS).