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Publication du nouveau calendrier des vaccinations et recommandations vaccinales 2019

Publié le 8 mar. 2019 à 01h34

Biographie

- Professeur agrégé enseignant à l'École du Val-de-Grâce et à l'Université de Bordeaux.
- Médecin biologiste en poste à la Direction centrale du service de santé des armées.
- Membre de droit (sans droit de vote) de la Commission technique des vaccinations de la HAS, représentant du Service de santé des armées.

Liens d'intérêt

- Aucune perception de rémunération ou de tout autre avantage de l'industrie pharmaceutique.
- Aucun investissement financier dans une firme pharmaceutique.
- Aucune participation à des études cliniques de vaccins.
- Aucune rémunération ou avantages reçus de l'industrie pharmaceutique.
- Déclaration mise à jour le 10 décembre 2018.

Le nouveau calendrier des vaccinations et recommandations vaccinales pour l'année 2019 a été publié le jeudi 7 mars 2019 sur le site du ministère de la santé.

Ce nouveau calendrier n'amène pas de grands changements par rapport au calendrier vaccinal de 2018 mais intègre néanmoins de nombreuses précisions et ajouts. Pour aider les lecteurs à en prendre connaissance, MesVaccins a surligné les passages qui ont fait l'objet de modifications par rapport au calendrier précédent dans cette version du document.

Voici une revue des principales modifications du calendrier vaccinal 2019.

1. Coqueluche.

Il est précisé que la mise en œuvre du schéma vaccinal chez le nourrisson (début à 8 semaines) ne doit pas être différé, les coqueluches les plus graves survenant chez des nourrissons âgés de moins de six mois. La stratégie dite du cocooning est explicitée.

A noter également que la vaccination contre la coqueluche est recommandée chez la femme enceinte à Mayotte.

2. Diphtérie et tétanos.

Le vaccin tétanique monovalent ne sera plus commercialisé. L'application du calendrier vaccinal repose en effet sur l'utilisation selon l'âge et le contexte de différents vaccins combinés à d'autres valences (dipthérie, poliomyélite, coqueluche, Haemophilus influenzae type b ou hépatite B).

Le tableau de synthèse des contre-indications des vaccins utilisés chez les enfants a été mis à jour pour le Vaccin Diphtérique et Tétanique adsorbé, disponible sur ATU (autorisation temporaire d'utilisation) auprès de l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (Ansm).

3. Grippe saisonnière.

Les compétences vaccinales relatives à la vaccination antigrippale ont été étendues pour les infirmiers et les pharmaciens ; ces derniers pourront vacciner dans l'ensemble des régions françaises lors de la saison hivernale 2019-2020.

Le vaccin grippal est pris en charge par l'assurance maladie au cours de la grossesse. Il est possible de télécharger l'imprimé de prise en charge sur l'espace professionnel du médecin traitant : les pharmaciens peuvent désormais également éditer cet imprimé.

Les vaccins trivalents contre la grippe saisonnière Vaxigrip et Fluarix ne sont plus commercialisés.

Un tableau précise les schémas d'utilisation des différents vaccins grippaux. Les vaccins tétravalents sont utilisés à dose complète chez l'enfant quel que soit l'âge. Les vaccins FluarixTetra et VaxigripTetra disposent d'une autorisation d'utilisation dès l'âge de 6 mois, le vaccin InfluvacTetra à partir de l'âge de 3 ans.

4. Hépatite A.

Les schémas vaccinaux ont été précisés.

5. Hépatite B.

La liste des personnes à risque éligibles à la vaccination contre l'hépatite B a été mise à jour (les personnes devant être traitées par certains anticorps monoclonaux n'en font plus partie).

Le chapitre sur la conduite à tenir en cas de pénurie en vaccins contre l'hépatite B, supprimé en 2018, a été réintroduit cette année en raison de la réapparition récurrente de difficultés d'approvisionnement.

6. Infections invasives à méningocoque.

L'objectif de la vaccination post-exposition autour d'un cas d'infection invasive à méningocoque A, C, W ou Y est précisé. Il s'agit uniquement de procurer une protection rapide. Ainsi, dans les tranches d'âge pour lesquelles le schéma vaccinal avec un vaccin quadrivalent ACWY (Menveo ou Nimenrix) requiert plusieurs doses, seule la première dose sera administrée. Avant l'âge de 12 mois, en l'absence de données d'interchangeabilité (étude des conséquences sur l'efficacité ou la sécurité des vaccins lorsqu'on utilise différents vaccins contre la même maladie), la dose de vaccin quadrivalent ne sera pas prise en compte pour l'immunisation contre le méningocoque de sérogroupe C.

En revanche, à partir de l'âge de 12 mois ou plus pour les personnes ayant reçu une primovaccination avec un vaccin contre le méningocoque de sérogroupe C (Menjugate 10 µg, Neisvac) une dose de Nimenrix peut être considérée comme une dose de rappel.

Les personnes âgées de 12 mois et plus, non vaccinées auparavant contre le méningocoque de sérogroupe C et recevant une dose de vaccin quadrivalent ACYW, sont considérées comme à jour pour la vaccination contre le sérogroupe C.

Les recommandations, complexes, sont détaillées dans  deux nouveaux tableaux.

7. Infections à papillomavirus.

Le vaccin Gardasil 9 est disponible : toute nouvelle vaccination doit être initiée avec ce vaccin pour les jeunes filles, jeunes femmes et jeunes hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes non antérieurement vaccinés.

8. Rougeole.

Des épidémies de rougeole ont continué à survenir en 2018. 

Pour les nourrissons âgés de 6 à 8 mois révolus, la vaccination avec un vaccin trivalent (rougeole, oreillons, rubéole) requiert le recours à une recommandation temporaire d'utilisation (RTU), comme indiqué dans cette instruction du 28 septembre 2018.

En cas d'exposition à un cas de rougeole, les professionnels de santé ou en charge de la petite enfance, s'ils n'ont pas d'antécédent de rougeole, doivent bénéficier d'une mise à jour pour atteindre deux doses de vaccin trivalent contre la rougeole, les oreillons et la rubéole, et ce quelle que soit leur date de naissance (la recommandation était auparavant d'administrer une seule dose aux professionnels nés avant 1980).

Pour l'ensemble des professionnels à risque dont les antécédents de vaccination ou de maladie sont incertains, la vaccination doit être pratiquée sans contrôle sérologique préalable (en 2018, il était indiqué que "la vaccination peut être pratiquée sans qu'un contrôle sérologique préalable soit systématiquement réalisé").

9. Tuberculose.

Les enfants en contact régulier avec des adultes originaires d'un pays de forte endémie sont considérés comme étant à risque élevé de tuberculose et devraient bénéficier de la vaccination par le BCG. La définition des zones géographiques à haute endémicité de tuberculose a été revue sur la base d'un avis du Haut Conseil de la santé publique du 18 mai 2018. Une haute endémicité y est définie par une incidence de la maladie supérieure à 40 pour 100.000 habitants (au lieu de 20 pour 100.000 habitants auparavant).

Mais la modification importante survenue cette année est la parution le 1er mars 2019 d'un décret suspendant l'obligation de vaccination contre la tuberculose des professionnels visés aux articles R.3112-1C et R.3112-2 du code de la santé publique. Ainsi, la vaccination par le BCG ne sera plus exigée lors de la formation ou de l'embauche de ces professionnels dès le 1er avril 2019. Toutefois, il appartiendra aux médecins du travail d'évaluer ce risque et de proposer, le cas échéant, une vaccination par le vaccin antituberculeux BCG au cas par cas aux professionnels du secteur sanitaire et social non antérieurement vaccinés, ayant un test immunologique de référence négatif et susceptibles d'être très exposés tels que :

  • Les personnels en contact répété avec des patients tuberculeux et tout particulièrement ceux à risque de tuberculose multirésistante ;
  • Les personnels de laboratoires travaillant sur les mycobactéries (cultures, modèles animaux…).

En conséquence, le tableau 2019 des vaccinations en milieu professionnel et le tableau 2019 des vaccinations recommandées chez les professionnels de santé et les professionnels des établissements médico-sociaux accueillant des personnes âgées ont été mis à jour.

Il est rappelé la nécessité d'un respect strict de mesures barrières (mesures standard et précautions "air") pour les personnes travaillant dans les milieux à risque.

L'approvisionnement en vaccin BCG semble s'améliorer. Après le rachat de l'usine de production danoise du Statens Serum Institut par la laboratoire AJVaccines, le vaccin BCG SSI sera à nouveau produit sous le nom de vaccin BCG AJVaccines ; celui-ci sera disponible dans un premier temps à travers une procédure d'importation mise en place par l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé, puis dans le cadre de l'exploitation de son autorisation de mise sur le marché. Le vaccin BCG Biomed Lublin restera également disponible pendant quelques semaines via une procédure d'importation.

10. Typhoïde.

Le vaccin Typherix (laboratoire GSK) n'est plus commercialisé depuis juin 2018.

En conclusion, si le calendrier des vaccinations et recommandations vaccinales 2019 ne connait pas de bouleversements, il comprend toutefois des aménagements et précisions dont la connaissance sera utile à la pratique quotidienne des professionnels de santé. La plupart de ces modifications ont déjà été intégrées dans le système intelligent pour la vaccination de MesVaccins (audit vaccinal et carnet de vaccination électronique). La prise en compte de l'ensemble des changements sera finalisée avant le 15 mars 2019.

Source : Ministère des Solidarités et de la Santé.


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