Les recommandations sanitaires aux voyageurs ont été actualisées. Que disent-elles de nouveau concernant les maladies à prévention vaccinale ?

medecinedesvoyages.net

Les « Recommandations sanitaires aux voyageurs à l’attention des professionnels » actualisées ont été mises en ligne le 10 juillet 2026. Cette nouvelle présente les principales nouveautés introduites dans cette version par rapport à celle de juin 2025, concernant les maladies à prévention vaccinale.

Une prochaine nouvelle fera le point sur les autres nouveautés.

Avant d'aborder l'objet principal de cette nouvelle, signalons que le Haut Conseil de la Santé Publique (HCSP) a débuté ces dernières recommandations par deux "Actualités de dernière minute".

Dans le contexte de l’épidémie active de maladie à virus Ébola (souche Bundibugyo) qui sévit en République démocratique du Congo et a été associée à des cas exportés, après une présentation des données épidémiologiques et un rappel sur la maladie, les recommandations concernant les voyageurs n’ayant pu reporter leur voyage sont précisées. 

  • Appliquer strictement les règles d’hygiène standard.
  • Se laver fréquemment les mains au savon ou les frictionner avec une solution hydroalcoolique..
  • Éviter tous contacts rapprochés avec les secrétions des malades ayant une forte fièvre, des troubles digestifs, ou des hémorragies extériorisées par la bouche, le nez, ou les selles.
  • Ne pas consommer ni manipuler de la viande de brousse.
  • Éviter les rites funéraires au cours desquels parents et amis du défunt sont en contact direct avec la dépouille.

En cas d’apparition de symptômes (Fièvre ≥ 38°C OU symptômes incluant céphalées sévères, asthénie, myalgies/arthralgies, vomissements, diarrhée, douleur abdominale ou saignements inexpliqués) dans les 21 jours suivant le départ d’une zone de circulation du virus, appeler sans délai le SAMU-Centre 15.

Un chapitre concerne par ailleurs les voyageurs à destination des États-Unis, du Canada et du Mexique pour la coupe du monde de football. Il insiste sur le risque lié à la rougeole et sur l’importance de la vaccination ROR (PRIORIX ou M-M-RVAXPRO) avant le départ, et rappelle quelques règles de prévention générales que devraient appliquer les voyageurs.

  1. Chikungunya

Les données épidémiologiques ont été actualisées, y compris pour ce qui concerne l’intensification de la circulation du virus chikungunya en Guyane.

La brève description des deux vaccins disponibles prend en compte les données récentes qui sont en faveur d’une persistance de l’immunogénicité post-vaccinale de 4 ans pour le vaccin IXCHIQ et de 2 ans pour le vaccin VIMKUNYA.

Le champ d’application des recommandations concernant les voyageurs a évolué. Il concerne :

  • les séjours dans une zone où une épidémie est avérée ;
  • les séjours prolongés c’est-à-dire de plus d'un mois (les recommandations de 2025 avaient fixé le seuil à 6 mois) ; 
  • l’expatriation ; 
  • les séjours répétés dans une zone où une circulation active du virus a été observée dans l’année qui précède (les recommandations de 2025 avaient fixé ce délai à 2 ans).

Alors qu'en 2025 la vaccination « pouvait être envisagée », elle est désormais « recommandée » selon les modalités suivantes.

Personnes âgées de 65 ans et plus, en particulier celles présentant des comorbidités (hypertension artérielle, diabète, maladies cardiovasculaires, maladies respiratoires, maladies neurovasculaires, éthylisme chronique) :

  • Envisager avec le voyageur, selon le contexte, de différer le séjour ;
  • Dans le cas contraire, la vaccination est recommandée avec une dose de VIMKUNYA, le vaccin IXCHIQ étant clairement écarté dans ce cadre

Personnes âgées de 12 à 65 ans présentant des comorbidités :

  • Envisager avec le voyageur, selon le contexte, de différer le séjour ;
  • Dans le cas contraire :
    • Immunocompétents : la vaccination par VIMKUNYA est recommandée ; à défaut, la vaccination par IXCHIQ peut être proposée.
    • Immunodéprimés : la vaccination par VIMKUNYA est recommandée.

Personnes âgées de 12 à 65 ans sans comorbidité ni immunodépression :

  • La vaccination est recommandée, particulièrement chez les personnes de plus de 45 ans présentant des arthralgies préexistantes et chez les femmes ayant un projet de grossesse avec IXCHIQ ou VIMKUNYA.

Femmes enceintes :

  • Envisager avec la voyageuse, selon le contexte, de différer le séjour ;
  • Dans le cas contraire, au regard des connaissances actuelles la vaccination n’est pas recommandée et un renforcement des mesures de protection personnelle anti-vectorielle (PPAV) doit être très fortement conseillé, en particulier en fin de grossesse.

Ainsi, VIMKUNYA peut être considéré comme étant le seul vaccin utilisable chez les 65 ans et plus, et le vaccin à privilégier chez les personnes présentant des comorbidités.

Le HCSP propose une synthèse des recommandations d'utilisation des deux vaccins protégeant contre le chikungunya sous la forme du tableau ci-joint.

Tableau 1 : Recommandations des vaccins IXCHIQ et VIMKUNYA selon l’âge et les comorbidités.

1. Comorbidités : hypertension artérielle, diabète, maladies cardiovasculaires, maladies respiratoires, maladies neurovasculaires, éthylisme chronique

2. Balance bénéfice/risque à évaluer en tenant compte des effets indésirables rares mais graves observés chez des personnes très âgées et comorbides ; risque ne pouvant pas être complétement exclu chez les personnes de moins de 65 ans très fragiles médicalement. Les données concernant le profil de tolérance actualisé sont accessibles via le lien suivant : https://www.adrreports.eu/fr/search.html#

3. Particulièrement chez les personnes de plus de 45 ans présentant des arthralgies préexistantes et les femmes ayant un projet de grossesse

2. Choléra

Les données épidémiologiques ont été actualisées.

Les recommandations vaccinales concernant le voyageur n’ont pas évolué, mais un avis spécialisé (centre de vaccinations internationales) en cas de séjour dans une zone où le choléra est épidémique/endémique peut permettre d’évaluer le risque individuel.

Deux vaccins sont disponibles et utilisables à partir de l'âge de 2 ans : le vaccin recombinant inactivé DUKORAL et le vaccin vivant atténué VAXCHORA.

Concernant les place d'un rappel

Pour assurer une protection continue contre le choléra, une seule dose de rappel du vaccin DUKORAL est recommandée :

  • Dans les 2 ans pour les adultes et les enfants de 6 ans et plus ;
  • Dans les 6 mois pour les enfants âgés de 2 à 6 ans.

Aucune donnée d’efficacité clinique n’a évalué l’administration de doses de rappel du vaccin DUKORAL. Toutefois, des données immunologiques et de durée de protection du vaccin semblent indiquer que si moins de 2 années se sont écoulées depuis la dernière vaccination chez l’adulte et moins de 6 mois chez l’enfant de 2 à 6 ans, une seule dose de rappel doit être administrée. Si plus de deux années se sont écoulées depuis la dernière vaccination (plus de 6 mois chez l’enfant âgé de 2 à 6 ans), la primo-vaccination doit être renouvelée.

Pour le vaccin VAXCHORA, aucune donnée sur l’intervalle de rappel n'est à ce jour disponible.

3. Covid 19

Concernant les vaccins distribués en France, on note la prise en compte du vaccin NUVAXOVID. Par contre le vaccin COMIRNATY 3 µg/dose a disparu de la liste alors qu’il est en principe disponible.

Un paragraphe est consacré au cas des pèlerins se rendant à La Mecque. Le lien proposé en début de paragraphe n’est pas fonctionnel. Mesvaccins est surpris par l’emploi du terme « devront » qui sous-entend une obligation vaccinale, pour la population ciblée et les exigences vaccinales émises par le Royaume d'Arabie Saoudite. Sans remettre en question l’intérêt de la prévention vaccinale du Covid 19, à notre connaissance, les autorités du Royaume d’Arabie Saoudite qui entretiennent un certain flou, classent cette vaccination dans le chapitre des vaccinations recommandées, mais considèrent que les pèlerins du Hajj de plus de 12 ans « sont tenus » d’avoir reçu deux doses de vaccin COMIRNATY ou NUVAXOVID. Quant au « dossier santé » relatif à l’Arabie Saoudite sur le site du Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, il cite la vaccination contre le Covid 19, pour les pèlerins mais n’évoque pas d’obligation. En pratique, il est permis de considérer que les pèlerins se rendant à La Mecque ont tout intérêt à être protégés contre la Covid 19 selon les recommandations du calendrier vaccinal.

4. Dengue

Les données épidémiologiques actualisées précisent que le risque de contracter la dengue est probablement sous-estimé en cas de voyage en Afrique Sub-saharienne.

Les recommandations vaccinales contre la dengue ont été simplifiées. Elles tiennent compte de l’âge du voyageur, de la durée du séjour et de l’épidémiologie de la dengue dans la zone de destination, les comorbidités connues pour accroître le risque d’évolution vers une dengue grave n’étant plus un critère pris en compte

Le positionnement du HCSP est désormais le suivant.

  • Séjour dans une zone où une épidémie est avérée : vaccination recommandée chez les voyageurs de 6 ans et plus, quels que soient les antécédents personnels de dengue (sérologie non nécessaire) ;
  • Séjour dans une zone où la dengue est considérée comme endémique (taux d’incidence supérieur à 100 pour 100 000 personnes-années) sans épidémie rapportée :
    • Séjour de plus d’un mois : vaccination recommandée chez les voyageurs de 6 ans et plus, quels que soient les antécédents personnels de dengue (sérologie non nécessaire) ;
    • Séjour court (de moins d’un mois) : vaccination non recommandée ;
  • Séjour dans une zone où la dengue circule avec un taux d’incidence inférieur à 100 pour 100 000 personnes-années, et sans épidémie active rapportée : vaccination non recommandée.

Le logigramme résumant les recommandations vaccinales antérieures a été supprimé alors que la phrase « Les recommandations vaccinales, qui concernent les personnes de 6 ans et plus, sont résumées dans le logigramme ci-dessous » ne l’a pas été.

On rappelle que ces recommandations concernent les voyageurs âgés de 6 ans ou plus alors que l’AMM du QDENGA l’autorise à partir de l’âge de 4 ans.

On note que le HCSP recommande une surveillance post-vaccination de 15 minutes, ce qui n’est pas précisé dans le RCP du QDENGA.  

Concernant la coadministration du QDENGA avec d’autres « vaccins du voyage », le HCSP a précisé cette année que les données actuelles étaient en faveur d’une bonne tolérance en cas de coadministration avec les vaccins contre l’encéphalite japonaise, la rage et la fièvre typhoïde, mais que l’immunogénicité n’était pas connue dans cette situation.

5. Encéphalite japonaise

Une seule actualisation a été identifiée. Elle concerne l’Australie. Les zones à risque n’ont pas évolué, par contre le HCSP précise qu’outre les séjour en zone urbaine, les séjours dans les zones touristiques exposent à un risque très faible d’encéphalite japonaise.

6. Encéphalite à tiques

Dans son actualisation épidémiologique, le HCSP insiste sur l’augmentation du nombre de cas d’encéphalite à tiques (TBE) en Europe notamment en Allemagne, Italie, Norvège, Slovénie et Suisse. Il rapporte également les premières données de déclaration obligatoire de la TBE en France (elles ont fait l’objet d’une nouvelle sur mesvaccins.net). 

La liste des pays considérés comme endémiques pour le TBE a peu évolué : le Liechtenstein (ensemble du pays) a été rajouté à la liste, et il est précisé qu’en Lituanie, la région d’Utena est particulièrement à risque.

En 2025, le HCSP avait établi une liste de pays (Belgique, Bosnie Herzégovine, Bulgarie, Japon, Kirghizistan, Moldavie, Pays-Bas, Roumanie, Royaume-Uni, Serbie, Tunisie) pour lesquels sont déclarés des cas humains sporadiques, ou pour lesquels les données sont peu documentées, et pour lesquels la vaccination est à envisager au cas par cas du fait d’une probable sous-évaluation de la circulation du virus chez les hôtes et les vecteurs (conditions favorisant les contacts Homme-vecteur, notamment activités professionnelles en zone rurale). Cette liste a été supprimée des recommandations de 2026, mais ces pays sont situés dans la zone où les recommandations du HCSP s’appliquent.

Rappelons que le HCSP considère que ses recommandations s’appliquent aux voyageurs devant séjourner en zone rurale ou boisée dans les régions d’endémie (zone tempérée de l’Eurasie) jusqu’à 1 500 mètres d’altitude, du printemps à l’automne, particulièrement en cas d’activités récréatives ou professionnelles en plein air.

Concernant les injections de rappel, le schéma vaccinal a été simplifié et uniformisé pour les deux vaccins disponibles (TICOVAC 0,25 ml ENFANTS, TICOVAC 0,5 ml ADULTES et ENCEPUR). 

  • Administration de la première dose de rappel :
    • Primovaccination selon un schéma standard : faire un rappel à 3 ans (conformément aux AMM des vaccins disponibles).
    • Primovaccination selon un schéma rapide/express : faire un rappel 12 à 18 mois après (le délai est de 3 ans dans l’AMM de TICOVAC).
  • Administration de la deuxième dose de rappel et suivantes
    • Patient âgé de 12 à 49 ans : rappel tous les 5 à 10 ans (selon leurs AMM, la fréquence est de 5 ans pour TICOVAC, et de 5 à 10 ans pour ENCEPUR).
    • Patient âgé de 50 ans ou plus : rappel tous les 3 ans (selon leurs AMM, cette fréquence de rappel concerne les 60 ans et plus pour TICOVAC, et les 50 ans et plus pour ENCEPUR).
  • La fréquence des rappels devra ensuite être définie au cas par cas par le professionnel de santé en fonction du statut immunitaire et de l'état clinique du patient.

7. Fièvre jaune

L’actualisation épidémiologique concerne l’Amérique du Sud où une recrudescence de la fièvre jaune a été notée depuis 2025.

Un point est fait sur les données de séroprotection à long terme. On retient que le taux de séroprotection à 10 ans chez les enfants vaccinés entre 9 et 23 mois (47%) et les personnes vivant avec le VIH (61%) suggère le maintien de doses de rappel chez ces deux populations. Les études à plus long terme sont peu nombreuses, mais le délai par rapport à la vaccination ne parait pas en cause dans les échecs vaccinaux.

Le HCSP fait également le point sur les données de tolérance, le risque d’évènement indésirable grave (EIG) lié à la vaccination antiamarile étant jugé faible en population immunocompétente. Le HCSP souligne le lien potentiel entre EIG et un déficit en récepteur de l’interféron (IFN) ou des auto-anticorps anti-IFN. La recherche d’anti-corps anti-IFN pourrait guider la décision vaccinale après 70 ans.

Concernant la vaccination de la femme enceinte, le HCSP a pris en compte les données du CRAT qui sont rassurantes. Ainsi, si un séjour dans une région où la fièvre jaune est présente ne peut être évitée, la vaccination est possible quel que soit le terme de la grossesse. De même, en cas de découverte d’une grossesse après vaccination, il faut rassurer la patiente sur les risques pour son enfant et il n'est pas nécessaire d'envisager une interruption de grossesse.

Le Tableau 15 (Annexe 2) reprend les "Obligations vaccinales et recommandations vaccinales selon les pays" issues de l'Organisation mondiale de la Santé et qui datent de 2023. L’OMS réalise actuellement une mise à jour de ces données mais n’a pas encore rendu accessible ni publié ses conclusions. Une veille sera assurée pour prendre en compte les éventuelles mises à jour.

8. Fièvre typhoïde

Pour la première fois, une carte estimant l’incidence de la fièvre typhoïde à l’échelle mondiale est proposée.

9. Grippe saisonnière

Le HCSP a pris en compte qu’un vaccin antigrippal hautement dosé en antigènes (EFLUELDA) ou avec adjuvant (FLUAD) doit être utilisé de manière préférentielle chez les sujets âgés de 65 ans et plus.

La synthèse des schémas vaccinaux en fonction des vaccins appelle deux remarques concernant la vaccin FLUCELVAX :

  • ce vaccin préparé à partir de virus inactivés cultivés sur œuf embryonné a été inclus dans la liste des vaccins préparés à partir de virus inactivés cultivés sur œuf embryonné de poule ;
  • ce vaccin peut être administré dès l’âge de 6 mois, mais le HCSP qui n’a pas pris en compte cette évolution d’AMM en limite l’usage à partir de l’âge de 2 ans.

10. Hépatite A

La recommandation de vaccination contre l’hépatite A est simplifiée : elle concerne les séjours en Asie (y compris la Turquie), en Amérique centrale et du Sud ainsi qu'en Europe de l’Est quelles que soient les conditions du séjour.

Concernant le schéma vaccinal, le HCSP, hors AMM, se prononce en faveur d’une simplification :

  • De nombreuses études, chez les personnes immunocompétentes, sont en faveur d’une séroprotection prolongée, chez l’adulte comme chez l’enfant, avec un schéma à une dose vaccinale. Ainsi, dans ses recommandations, le HCSP considère que le schéma vaccinal à une dose peut être utilisé chez l’enfant, hors AMM. Ceci est également possible chez l’adulte, en dehors des sujets de plus de 40 ans.
  • Dans un schéma vaccinal à deux doses, si le délai entre les deux doses défini par l’AMM n’est pas respecté, la deuxième dose peut être administrée quel que soit le délai sans avoir à reprendre le schéma vaccinal.

11. Hépatite B

Concernant le schéma accéléré de vaccination contre l'hépatite B chez les enfants jusqu’à 15 ans inclus, comme en 2025, le HCSP n’a pas pris en compte le vaccin HBVAXPRO 5 µg qui est encore commercialisé, et peut être utilisé selon la même séquence que le vaccin ENGERIXB 10 µg selon un schéma à trois doses (M0, M1 et M2) avec un rappel 12 mois après la première dose. La seule différence est qu’il n’est pas considéré comme un schéma « accéléré ».

12. Infections invasives à méningocoques (IIM)

Le HCSP a pris en compte les recommandations du calendrier vaccinal. Il réitère ses recommandations  concernant la vaccination anti-méningococcique des adolescents séjournant de manière prolongée dans un pays ayant une politique vaccinale différente de celle de la France pour les IIM : dans ce cas, la vaccination contre les IIM devrait prendre en compte les recommandations du pays de destination.

Concernant le cas particulier des pèlerinages à La Mecque (Hadj ou Omra), il est précisé que la preuve de vaccination relève d’un certificat attestant de leur vaccination contre les IIM ACWY. Cela signifie que si un certificat international de vaccination peut servir de preuve, il n’est pas le seul type de certificat utilisable.

13. Leptospirose

Les données épidémiologiques de la leptospirose concernant les départements et régions d’outre-mer sont précisées. Il est en particulier noté que pour Mayotte l’espèce responsable de leptospirose est représentée en majorité par différents sérovars de Leptospira borgpetersenii, L. interrogans serovar icterohaemorrhagiae dominant dans les autres DROM et en France.

Le seul vaccin disponible en France protège uniquement contre L. interrogans sérovar Icterohaemorrhagiae, ce qui restreint son utilisation aux régions où ce sérovar est prédominant.

14. Variole B (mpox)

Un actualisation des données épidémiologiques de la variole B est proposée. Les recommandations n’ont quant à elles pas changé.

15. Poliomyélite

Les recommandations concernant la poliomyélite n’ont pas changé.

16. Rage

Le HCSP rappelle qu’existe un risque de rage lié aux chauves-souris dont on doit éviter le contact, même dans certains pays industrialisés. Un focus concerne l’Est de l’Europe où des foyers de rage canins et sauvages sont régulièrement détectés. Ce dernier point est illustré par une carte précisant la situation de la rage dans les pays et régions administratives de cette zone.

Concernant les schémas de vaccination :

  • Bien qu'une étude suggère une immunogénicité équivalente dans les suites d’un schéma à une seule dose vaccinale, l’absence de données sur la séroprotection à long terme fait déconseiller ce schéma.
  • Encore une fois, on s’interroge sur la vaccination pré-exposition de la personne immunodéprimée au regard de l’AMM des deux vaccins disponibles : 
    • Le HCSP privilégie un schéma à 3 doses, mais laisse la place à un schéma à deux doses à J0 J7 dans la mesure où un contrôle sérologique est effectué 2 à 4 semaines après la D1 afin d’évaluer la place d’une dose supplémentaire.
    • Cette stratégie est en accord avec l’AMM du vaccin RABIPUR. Par contre, chez la personne immunodéprimée, selon l’AMM du VACCIN RABIQUE PASTEUR, un schéma vaccinal à trois doses doit être réalisé et doit être suivi d'un contrôle sérologique 2 à 4 semaines après la 3ème dose.

17. Rougeole

Dans le contexte épidémiologique mondial actuel de la rougeole, le HCSP précise que la consultation de médecine des voyages est l’opportunité de mettre à jour la vaccination contre la rougeole, quel que soit le lieu de destination.

18. Tuberculose

Le HCSP précise qu’en cas de voyage dans un pays à forte incidence tuberculeuse (taux d’incidence (TI) ≥ 40/100 000 habitants/an), la vaccination peut être réalisée dès la naissance.

MesVaccins.net formule toutefois quelques remarques concernant la liste des pays à forte incidence tuberculeuse présentée dans les Recommandations sanitaires aux voyageurs à l’attention des professionnels de 2026 (annexe 3), en particulier au regard des valeurs supérieures des intervalles de confiance (IC) des TI fournis par l'OMS  : 

  • Concernant le continent africain, la Tunisie (38,6), exclue de la liste des pays de haute incidence tuberculeuse définie par le HCSP, et le Bénin (39,8) qui en fait partie, ont un TI inférieur au seuil de forte incidence, mais des limites supérieures d’IC respectivement de 46,5 et 76.
  • Concernant le continent asiatique, la Corée du Nord qui a un TI > 100 est exclue de la liste. Par ailleurs les Maldives ont une limite supérieure d’IC du TI > 40.
  • Concernant l’Océanie, Niue n’a pas été pris en compte comme pays de forte endémicité, et les Mariannes du Nord ont une limite supérieur d’IC du TI > 40.
  • Concernant la zone méditerranée orientale le Yémen (39,7) et le Qatar (36,6) ont des TI inférieurs à 40 mais des limites supérieures à ce seuil (respectivement 46,3 et 44,2). Dans le corps du texte ces deux pays sont considérés comme à risque, mais le Qatar n’est pas inclus au tableau.
  • Concernant la zone des Amériques on signale que Belize (33,7), le Suriname (33,9) et le Honduras (37,6) ont des TI inférieurs à 40 mais des limites supérieures d’IC > 40 (respectivement 41,4, 40,8 et 45,4).
  • Concernant la zone Europe notons que la Turkmenistan (39,6)  et la Fédération de Russie (34,2) sont dans le mêmes cas (limites supérieures d'IC respectives 47,8 et 56,3).

Par ailleurs le tableau de l'annexe 3 prend en compte les dénominations anglo-saxonnes des pays, ce qui ne facilite pas les recherches (Chad vs Tchad, Equatorial Guinea vs Guinée Equatoriale ...).

Source : Haut Conseil de la Santé Publique. Recommandations sanitaires aux voyageurs édition 2026. Date de mise en ligne : 07/07/2026.

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